Améliorer la productivité des drives

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Dossier Ni vraiment un entrepôt, ni complètement un magasin, le drive nécessite des équipements adaptés en provenance des deux univers. La concurrence entre enseignes et la volonté de donner de la visibilité au service recommandent aussi de soigner les extérieurs.

Pour la première fois de son histoire, Wanzl, le principal fabricant de chariots avec Caddie, lance cette année un catalogue « spécial drive ». « Nous y présentons environ 200 références, en comptant les variantes d'une cinquantaine de modèles de base, annonce Arnaud Gentner, le directeur général du groupe allemand. Il s'agit de modèles spécialement adaptés à l'activité du drive. »

Dans le sillage d'un secteur qui croît à une vitesse folle en France (2 482 unités au 1er juin, selon les chiffres exclusifs de LSA Expert), les équipementiers perfectionnent en permanence leurs produits et en les adaptant au drive, un modèle hybride entre l'entrepôt et le magasin, qui nécessite donc un matériel spécifique. Chariots, bornes, matériel de préparation de commandes, mezzanines...

Pénibilité du travail

Chariots productifs et ergonomiques

Wanzl conçoit des modèles spécifiques pour le drive. Les cartons permettent la préparation de commandes multiples, une cinquième roue aidant au guidage.

Rien n'est négligé pour aider les distributeurs à résoudre une double problématique. La croissance du circuit impose des gains de productivité rapides pour compenser le manque à gagner d'un service gratuit. De plus, le rythme des préparations de commandes nécessite d'améliorer l'ergonomie du matériel, afin de lutter contre la pénibilité et les troubles musculosquelettiques, facteurs d'absentéisme du personnel.

Au niveau des chariots, Wanzl a imaginé sa série « drive » en prenant en compte ces contraintes. « En matière de productivité, nous avons conçu un matériel qui rend le picking beaucoup plus efficace », souligne Arnaud Gentner. Certains modèles de chariots, comme le Pick et Pack, permettent ainsi de mutualiser le picking jusqu'à... 30 commandes de clients en une seule tournée, grâce à autant de cartons accrochés au chariot. Un volume qui reste exceptionnel, le modèle démarrant à dix-huit commandes. « Chaque distributeur peut utiliser la taille de carton qu'il souhaite, explique Arnaud Gentner. Des modèles permettent aussi de travailler avec des bacs plastiques. L'avantage du carton, c'est qu'il est prêt à charger dans le coffre du client. »

Pour soulager le dos et les muscles des préparateurs de commandes, Wanzl a greffé toute une série d'éléments sur ses différents chariots. Par exemple, une cinquième roue électrique, au centre du chariot, avec un moteur intégré. Elle offre une précieuse aide mécanique pour le guider. Sur d'autres chariots à gros volumes, Wanzl propose un escabeau intégré, sur lequel grimpe l'employé, pour stocker les produits en hauteur, sans peiner.

Auvent sur mesure

Comme Wanzl pour ses chariots, presque tous les équipementiers du drive adaptent leurs produits. C'est le cas des auvents, ces abris qui protègent les pistes tout en personnalisant le drive. « Chaque projet d'enseigne est différent. Nous sommes dans le sur-mesure, car, même chez les intégrés, les configurations du terrain ne sont pas identiques, tandis que le nombre de pistes à couvrir est plus ou moins élevé », confie Mathias Deperdu, responsable commercial de Texabri. Ce fabricant s'est spécialisé dans les auvents textiles, dont la toile repose sur des piliers en acier galvanisé.

Les délais de livraison des équipements de drives étaient déjà rapides, ils s’accélèrent encore, avec la perspective de la loi Hamon.”

Mathias Deperdu, responsable commercial de Texabri

Le textile se dispute le marché des auvents avec le métal. Texabri, qui a déjà équipé plus de 350 drives depuis sa première réalisation, en 2008, au drive solo €. Leclerc d'Ifs (Calvados), cultive sa spécificité avec une forme de toile arrondie, qui distingue le drive du magasin ou de la station essence. La toile est en général floquée avec un logo, et le blanc est privilégié pour conserver la luminosité naturelle. « Certains nous demandent davantage de personnalisation, décrit Mathias Deperdu. Chez Casino, par exemple, la toile est entièrement verte, aux couleurs de l'enseigne. »

Autre avantage du textile : pas besoin de permis de construire en dessous de 40 m². « En revanche, nous préconisons au moins 6 mètres de largeur pour une couverture optimale du véhicule du client et de la zone de chargement. » Côté inconvénients, la toile nécessite un nettoyage une fois tous les deux à trois ans, au contraire de l'auvent métallique. Ce dernier, pas forcément plus cher que la toile, possède aussi l'avantage d'une plus grande durabilité.

Borne personnalisée et durable

Autre équipement de base du drive, la borne. Elle aussi cultive sa spécificité et joue la carte de la personnalisation. « Chez Auchan, le rouge est naturellement privilégié », remarque Éric Dumouchel, patron d'Ultimedia. Ce fournisseur historique des drives adresse plusieurs recommandations pour que les bornes résistent bien au temps. « Elles sont situées en plein air, donc soumises aux intempéries, rappelle-t-il. Leur étanchéité, entre autres, doit être parfaite. »

Des points que n'ont pas toujours pris en compte les magasins, dont certains « bricolent » eux-mêmes leurs bornes. Toute installation doit également prévoir les évolutions à venir, comme le paiement sans contact, qu'€. Leclerc cherche à introduire.

Quel que soit le secteur, les acteurs composent depuis quelque temps avec une nouvelle contrainte. Il faut livrer et installer le matériel de plus en plus vite. « Les délais de livraison étaient déjà courts, de l'ordre de trois à cinq mois entre la prise de contact et l'installation, du fait de la concurrence entre enseignes, constate Mathias Deperdu. Désormais, avec la perspective de la loi Hamon, le timing est encore plus serré, de quatre à huit semaines. » À l'image de leurs clients, les enseignes de drive n'aiment pas attendre.

Bornes résistante et évolutives

Les bornes interactives des drives (ici un modèle d’Ultimedia) sont situées en extérieur et doivent donc résister aux intempéries. Par ailleurs, elles doivent permettre au service d’évoluer, par exemple en matière de moyens de paiement, avec le sans contact.

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Article extrait
du magazine N° 2286

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