Apsys taille sur mesure sa place dans l'immobilier

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Stratégie - Le promoteur, qui a fait ses premières armes en Pologne, s'est lancé en France en gagnant sur concours des projets de réhabilitation de villes. Avec un mélange des genres détonnant pour marque de fabrique.

« Nous sommes des artisans de l'immobilier commercial. » Maurice Bansay, le PDG d'Apsys, revendique la position « alternative » de son entreprise, à l'heure où émerge le futur numéro un de l'immobilier commercial paneuropéen, titan né de la fusion des foncières Unibail et Rodamco Europe (LSA n° 1994). « Face à lui, nous gardons la réactivité d'une PME, alliée à la puissance du groupe foncier Euris (cofondateur auquel nous sommes associés à 50 %), qui dispose de fonds propres de 6 Mrds E. »

Partie en 1996 à l'Est, chercher des opportunités que les barrières et la maturité du marché français ne lui offraient guère, Apsys, restée « polonaise » jusqu'en 2002, s'est hissée en numéro un des gestionnaires du pays, avec 16 centres collectant pour 58 M E de loyers. Nantie d'un seul centre en France (à Angers), mais s'étant constitué un portefeuille de 12 projets en cinq ans, Apsys entend bien se faire sa place en France. « Nous devrions encaisser 180 M E de loyers en 2010 (en compte propre ou pour des tiers), annonce Maurice Bansay. Soit le triple de 2006. » « Nous sommes arrivés à un virage stratégique de l'immobilier commercial, explique-t-il. Jusque-là, le développement se faisait à partir des hypers de périphérie, pour une consommation de masse. Désormais, le commerce investit des sites existants, porteurs d'une histoire, qui, au-delà de leur vocation marchande, deviennent des lieux " à contenu ", qui mixent le commerce, les loisirs et la culture. »

 

Travail au scalpel

Apsys a ainsi gagné ses projets sur concours, auprès de collectivités lançant des consultations. La méthode de Maurice Bansay : « Nous travaillons à partir de l'ADN du terrain. » Chaque opération se voit ainsi dédier une équipe propre. Cette approche au coup par coup amène Apsys à jouer sur des registres très différents, avec, pour dénominateur commun, la mise - ou remise - en communication des sites avec leur environnement. Ainsi, au centre parisien Beaugrenelle, le promoteur va « déconstruire », pour remettre au niveau de la rue, et en liaison avec elle, ce site isolé sur dalle, selon les schémas urbanistiques des années 70.

À Tours ou à Metz, au contraire, il s'agit de bâtir un nouveau quartier, connecté au voisinage d'universités, de logements, de bureaux ou de gare. L'ancienne caserne militaire de Grenoble deviendra un pôle de vie. Saint-Nazaire va partir à la reconquête de son port, avec le projet Ruban bleu, tout comme Bordeaux avec les Comptoirs du Lac. Caen se réappropriera son fleuve avec les Rives de l'Orne. « Travail au scalpel » à Orléans, où, îlot par îlot, le promoteur opère, pour redonner son âme à l'ancienne rue des Halles. À la Cité des Sciences, de la Villette, à Paris, il ose la « greffe » d'un pôle marchand de nouvelles technologies dans un musée. Mais tant de maestria ne confine-t-il pas à l'art pour l'art ? « Nous nous posons évidemment la question de la pérennité et de la pertinence de nos projets, répond le PDG. Comme nous restons propriétaires et gestionnaires de ce que nous construisons, nous sommes les premiers soucieux du futur bon encaissement des loyers ! » La preuve « en dur » dans les cinq années à venir.

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Article extrait
du magazine N° 1995

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