Arc renaît de ses cendres

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Connu mondialement pour ses marques Arcopal ou Luminarc, Arc a échappé à la faillite. Et revient en 2016 avec de nouvelles collections et des objectifs ambitieux.

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LUMINARC TECHNO COLORS.jpg© DR

C’est l’histoire d’une résurrection. Ces jours-ci, les équipes de Luminarc vont présenter leurs nouvelles collections aux acheteurs de la grande distribution, de Carrefour à Leclerc. Un test décisif pour elles, tant la marque pèse lourd au sein du groupe Arc International (270 millions d’euros, soit un tiers des 850 millions d’euros de chiffre d’affaires total) et revient de loin. La griffe phare du verrier du Nord de la France était tombée à 5% de part de marché en Europe. Or, les grandes surfaces alimentaires font partie de ses premiers clients. « Pendant des années, nous avons été déconnectés du marché, reconnaît Timothée Durand, directeur général d’Arc Europe. Nous avons subi de plein fouet la concurrence asiatique, mais aussi venue de Turquie et d’Italie avec des prix plus bas. »

Une offre repensée

Résultat : le groupe a failli disparaître au début des années 2010, jusqu’à ce que la famille fondatrice, les Durand, trouve de nouveaux investisseurs, deux fonds américains, PHP et One Equity Partners. Actionnaires à hauteur de 80%, les Durand gardant 20% du capital, ces derniers refinancent Arc, avec l’aide de Bercy, qui accorde une rallonge de 26 millions d’euros. Au passage, près de 10% des effectifs sont supprimés (566 postes sur un total de 5 400).

C’est aussi le moment de remettre à plat la stratégie qui a conduit Arc à la casse. L’offre est repensée sur les cinq marques du groupe, de Luminarc à Cristal d’Arques. « Nous pouvons de nouveau investir sur les formes et les moules », explique Gwenaëlle L’Hénoret, directrice marketing d’Arc International. Près de 400 nouvelles formes vont éclore dans les prochains dix-huit mois. « Il nous faut imaginer le design le plus facile à produire », poursuit-elle. Car il devient urgent de retrouver la compétitivité. Avec un double objectif : baisser les prix de 30 à 40% et ramener les délais d’approvisionnement – la vaisselle devenant, comme la mode, un accessoire qu’on renouvelle souvent, à trois jours… contre quinze actuellement. Cette stratégie s’accompagne d’investissements colossaux. Arc ne perd plus d’argent et renoue même avec la croissance.

1,4 Mrd € de CA visé en 2020

Le groupe d’Arques, du nom de la commune du Pas-de-Calais où sont installés les dix fours, dégage 68 millions d’euros de résultat d’exploitation pour un chiffre d’affaires de 850 millions d’euros. Dans les trois prochaines années, les actionnaires comptent investir 200 millions d’euros. « Nous sommes en train de lever des fonds supplémentaires auprès d’investisseurs pour accélérer la croissance du groupe », assure Timothée Durand. Car les ambitions sont à la hauteur de l’une des dernières usines de vaisselle en France : atteindre 1,4 milliard d’euros en 2020. D’ici là, il faudra avoir reconquis la grande distribution, et préparé le personnel. En cours, un plan de formation de 7 millions d’euros. Le redressement du marché des arts de la table (+ 8,9% en 2015) devrait aider le verrier, né en 1825, à accomplir sa mue.

Les chiffres

  • 850 M€ de chiffre d’affaires en 2015
  • 5 marques Luminarc, Arcopal, Cristal d’Arques, Arcoroc et Chef & Sommelier
  • 60% du CA de Luminarc en grandes surfaces alimentaires
  • 200 M€ d’investissement d’ici à 2019

Source : Arc International

Les chantiers

  • Renouveler 70% de l’offre grâce à de nouveaux mouleset de nouvelles collections.
  • Retrouver la compétitivité, par une standardisation des procédés de fabrication et une optimisation des emballages.
  • Réinvestir dans l’appareil industriel situé à Arques, dans le Pas-de-Calais.
  • Raccourcir les délais d’approvisionnement des distributeurs, de quinze à trois jours.

« Il est urgent de proposer de la jolie vaisselle à petits prix. Ces dernières années, nous n’avions plus les moyens d’investir. D’ici à dix-huit mois, nous aurons 400 nouvelles formes sur nos cinq marques. »

Timothée Durand, directeur général d’Arc Europeet petit-fils du fondateur, Jacques Durand

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Article extrait
du magazine N° 2413

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