Marchés

Arcopal, la renaissance de la vaisselle de notre enfance

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Laissée pour morte en 2000, la marque mythique de l’après-guerre renaît au printemps, avec huit collections. Histoire d’une vaisselle réputée incassable.

Arcopal
Arcopal

Un jour, la femme de Tim Gollin, repreneur d’Arc International, lui a suggéré de relancer les assiettes Arcopal. Pour répondre à la demande nostalgique de sa compagne, celui-ci a commandé une étude en interne et, ô divine surprise, s’est aperçu qu’Arcopal faisait l’objet d’une vénération sur les réseaux sociaux. « Les Arcopal lovers », « Les souvenirs d’enfance », autant de groupes créés sur Pinterest ou Facebook qui rassemblent des milliers de fans. Jugez plutôt : l’assiette Véronica, la fameuse assiette de nos grand-mères à petites fleurs bleues, rallie en peu de temps 500 000 Like sur la page facebook créée à cet effet.

De là part l’idée folle de relancer Arcopal, dont la production avait cessé en 2000. Car à la fin des années 90, les motifs kitsch et colorés, orange ou bleu, ne suscitent que railleries et commentaires moqueurs. Assimilée à de la vulgaire vaisselle de cantine, concurrencée par la production asiatique, l’icône des années 70 disparaît des étagères pour rejoindre les vide-grenier. La verrerie Cristallerie d’Arques change de nom en 2000 pour devenir Arc International. Lancés dans une rationalisation de son portefeuille de marques, ses dirigeants tirent un trait sur Arcopal pour ne garder que Luminarc.

Le retour d’Archibald…

Or, Arcopal est un peu plus qu’une assiette vintage. C’est aussi une matière, un peu comme Pyrex. Reconnaissable entre toutes grâce à son blanc laiteux, l’assiette Arcopal résulte d’un mélange de verre trempé et d’opale, un minerai très résistant. Pas étonnant dès lors que le symbole de la marque soit un éléphant, Archibald, censé montrer que l’Arcopal est jus­qu’à trois fois plus résistant aux chocs que les autres matières.

Jugées ringardes, puis vintage à la faveur du retour en grâce des années 70, les premières assiettes Arcopal font un carton au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. À l’origine, c’est Jacques Durand, le fondateur de Luminarc en 1948, qui offre un coffret de gouaches et de pinceaux à sa petite-fille Véronique. Pour le remercier, celle-ci lui fait un dessin, plein de petites fleurs bleues… celles que l’on retrouve sur les assiettes de notre enfance.

… et des fleurs

D’ici à un mois, les aficionados des petites fleurs bleues et grosses fleurs orange, symboles des années Peace & Love, pourront trouver leur bonheur. Fruit d’un travail de plusieurs mois, mené par les designers d’Arc Inter­national, les huit collections réinterprètent les assiettes et coupelles originelles avec de nouveaux décors et de nouvelles formes, mais toujours positionnée en entrée de gamme. « Nous l’avons gardée comme la vaisselle de famille, en dessous de Luminarc, avec un prix de 70 centimes l’unité », précise Gwenaëlle L’Hénoret, directrice marketing d’Arc International. La production va durer six mois. Les fours de l’usine d’Arques, dans le Pas-de-Calais, menacés de fermeture l’an passé, pourront continuer à tourner.

Arcopal en dates

  • 1825 : création de la verrerie d’Arques
  • 1948 : Jacques Durand dépose le nom Luminarc
  • 1958 : à chaque procédé de fabrication est associée une marque : Arcopal pour le verre opale, Luminarc pour le transparent, Arcoroc pour le trempé
  • 2000 : arrêt de la marque Arcopal

Arcopal en chiffres

  • 850 M€ : le CA 2015
  • 10 300 collaborateurs
  • 4,3 millions d’articles fabriqués chaque jour
  • 5 sites de production dans le monde
Source : Arc International 

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