Marchés

Armor Lux, le goût de la Bretagne

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Marinières et bonnets rouges ont contribué à la notoriété d’Armor Lux en 1994. Mais le vrai eldorado, ce sont les vêtements de travail.

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Walter Hubacher 3 gche.jpg© dr

C’était il y a deux ans. Un ministre en pleine ascension posait alors à la une du Parisien arborant ce qui allait devenir l’emblème du « made in France ». Grâce à Arnaud Montebourg, Armor Lux a vendu 25 % de marinières en plus. Jean-Luc Bannalec, pseudo d’un écrivain allemand, y a contribué à sa manière en habillant le héros de son livre, Un été à Pont-Aven, d’une marinière Armor Lux ! « Cet été, beaucoup d’Allemands sont venus dans nos boutiques pour se procurer la marinière », rigole, affable, Jean-Guy Le Floch, PDG d’Armor Lux.

Cette marinière écoulée à 400 000 exemplaires par an représente à elle seule tout le savoir-faire de la PME bretonne. Autre symbole, le bonnet rouge pour les manifestants bretons en 2013. Armor Lux en a fabriqué des dizaines de milliers avant de se retrouver en rupture de stock.

Tout a commencé en 1938. Walter Hubacher, un suisse d’origine alémanique qui a fait fortune dans le sous-vêtement haut de gamme, rachète la Bonneterie d’Armor. Deux ans plus tard, il acquiert la première machine à tricoter. Beaucoup de ses clients sont des marins d’État. Sur ces métiers à tricoter, Walter Hubacher a l’idée de mettre une bobine de fil bleu et deux blanches. Les premiers pulls marins font leur apparition.

 

Métiers de bouche

En 1994, Jean-Guy Le Floch et Michel Gueguen veulent rentrer au pays. Le premier a beaucoup appris aux côtés de Vincent Bolloré, en tant que directeur financier. « Armor Lux réalisait alors 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et employait 300 personnes », précise Jean-Guy Le Floch. Aujourd’hui, il envisage l’avenir sereinement, avec un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros en 2014, pour un résultat net de 3 millions d’euros.

Dernier contrat remporté, celui des tabliers de tous les métiers de bouche de Carrefour : 140 000 pièces et 2 millions d’euros dans la poche. Pour Jean-Guy Le Floch, le virage vers le BtoB dans les années 2000 était indispensable. « L’usine ne tournait plus à plein. Nous l’avons sauvée en habillant les contrôleurs de la SNCF ou les fonctionnaires de La Poste. » Monoprix ou L’Occitane ont choisi également d’habiller leurs salariés en Armor Lux. Ce 100% français a un coût : une marinière est 30 à 50% plus chère que la concurrence.

C’est dans la banlieue de Quimper, à Kerdroniou, que subsiste l’une des rares usines de confection textile en France. Là, une soixantaine de couturières coupent, assemblent, brodent les vareuses des poissonniers de Carrefour ou les tabliers jaunes pour les salariés de L’Occitane. « C’est un métier tellement détruit par la mondialisation que même l’Éducation nationale a laissé tomber », se désole Jean-Guy Le Floch, qui a du mal à trouver des couturières. Du coup, le patron breton a investi dans son propre outil de formation, en partenariat avec Pôle Emploi. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

En dates

1938 Walter Hubacher rachète la Bonneterie d’Armor. Il achète une machine à tricoter et fait fabriquer les premières marinières.

1994 Jean-Guy Le Floch et Michel Gueguen reprennent Armor Lux.

2003 Armor Lux commence à fabriquer des vêtements de travail.

En chiffres

40% du chiffre d’affaires réalisés avec les entreprises

50 magasins

600 salariés

Source : Armor Lux

1 commentaire

Lucas Malvoisin

31/10/2014 11h16 - Lucas Malvoisin

Parallèlement à la concession exclusive occulte du marché de la Poste à un seul intervenant qui n'était pas du métier, la Région et l'Etat ont bloqué de manière opaque toute aide aux PMI fabricants de vêtement professionnel régionaux.

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