Assemblée générale mouvementée pour Casino

|
Groupe Casino

Sur le papier, rien de plus banal et austère qu’une assemblée générale d’actionnaires. Et pourtant… Celle du groupe Casino, qui se tenait aujourd’hui à Paris, au palais Brongniart, s’est révélée plutôt animée. La faute à des petits malins qui, pour pouvoir interpeller le Pdg Jean-Charles Naouri, ont fait l’acquisition d’actions Casino, leur donnant ainsi le droit de prendre la parole lors de cette assemblée. Ce dont ils ne se sont pas privés. C’est ainsi qu’après la traditionnelle, et sans surprise, présentation des résultats (26,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour le groupe, en légère baisse de 0,1% en organique et hors essence) (voir LSA 2134), est venue la séance des questions-réponses. Beaucoup plus musclée, elle. Sur la droite de l’hémicycle, face à Jean-Charles Naouri, un petit groupe mené par un journaliste de France-Inter, des anciens salariés de Moulinex (entreprise autrefois contrôlée par Jean-Charles Naouri, ndlr), et des gérants mandataires de Casino en conflit avec le groupe. Parmi les revendications apportées, celle portant sur les soi-disant « problèmes sociaux » rencontrés dans l’entreprise : au menu, notamment, la « disproportion des rémunérations, entre Jean-Charles Naouri, 1,3 million d’euros annuels (deux fois et demi moindre que celle de son homologue de Carrefour, Lars Olofsson, à titre de comparaison, ndlr), et les gérants qui travaillent plus de 70 heures par semaine pour à peine 1000 € par mois. » Tel ancien gérant d’un Petit Casino résumant le tout en se félicitant « d’un bilan financier bon », mais regrettant « un bilan social qui l’est nettement moins. » Serein mais tout de même visiblement agacé, Jean-Charles Naouri préfère ne pas entrer dans la controverse. Il se contente de demander « s’il y a d’autres questions sur le social ? », et balaie les critiques d’un « nous sommes en désaccord complet avec vous. » Avec, dans la salle, de nombreux alliés objectifs, raillant « la bande d’excités » (sic) par de nombreuses broncas. Reste que, pour Casino, l’essentiel est ailleurs : il s’agit de faire de 2010 une année meilleure que 2009 avec, parmi les projets, l’expansion continue des enseignes de proximité (100 nouveaux Franprix et 100 nouveaux Leader Price sont au programme), et surtout une forte offensive menée sur les prix, ainsi qu’en témoignent la publicité comparative lancée avec Leader Price, et les baisses tarifaires engagées chez Géant.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter