Atac prend du poids grâce à Carrefour

Profitant de la fusion Carrefour-Promodès, Atac a fait son marché dans les 34 magasins à céder en France. Cette opération lui permet de reprendre l'initiative après deux ans de statu quo, et de conforter son réseau dans le Nord et en Rhône-Alpes.

0n est encore loin du « grand bond en avant » annoncé il y a deux ans. À l'époque, Auchan souhaitait développer Atac à marche forcée et annonçait un doublement de son parc d'ici à 2003, pour atteindre 500 magasins sur 340 points de vente, il est encore loin du compte. Mais le rachat de 18 unités à Carrefour - qui n'est encore officiellement qu'un projet - permet à Atac de reprendre l'offensive.

L'opération s'inscrit dans le cadre de la fusion Carrefour-Promodès : les magasins concernés (14 supermarchés et 4 hypermarchés) font partie des 34 que Carrefour s'est engagé à céder dans l'Hexagone . Son montant n'a pas été révélé, mais il se situerait, selon les analystes, entre 700 et 900 millions de francs (107 à 137 millions d'euros). Au total, les 18 points de vente ont réalisé un chiffre d'affaires TTC d'1,5 milliard de francs (229 millions d'euros) l'an dernier. Un volume d'affaires non négligeable qui gonfle la part de marché de l'enseigne et renforce la puissance d'achat du groupe Auchan. Sans oublier l'aspect territorial du projet, qui constitue sans doute son principal intérêt.

En faisant son marché parmi les Champion, Hyper Champion et Stoc, Atac semble en effet avoir privilégié les zones où il est peu présent. Première bénéficiaire : la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Atac y détenait jusqu'à présent peu de magasins : 4 dans le Pas-de-Calais et 6 dans la Somme, notamment. Une situation d'autant plus dommageable qu'elle constitue le fief historique du groupe Auchan. L'opération en cours lui permettra d'ajouter 6 supermarchés intégrés et homogènes par leur superficie. Même chose dans l'Isère et l'Ain, la région Rhône-Alpes étant la seconde par le nombre de magasins rachetés.

Toutefois, on sait peu de chose sur le calendrier et les conditions d'entrée des 18 magasins dans le réseau Atac. La plupart des points de vente rachetés dans le Nord sont d'ex-unités des groupes Catteau et PG, entrés respectivement dans les groupes Promodès et Comptoirs Modernes en fin d'année 1997. Leurs salariés auront donc connu 3 enseignes successives en l'espace de quatre ans. La première tâche de Benoist Cirotteau, directeur général d'Atac, sera de remotiver les salariés.
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Article extrait
du magazine N° 1695

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