Atac Sud-Ouest se renforce en absorbant trois Auchan

Auchan vient de confier à Atac la gestion des hypermarchés de Tulle, Aurillac et Mazamet, trois points de vente en mal de rentabilité. Le distributeur conforte ainsi sa plate-forme de distribution basée à Cournon-d'Auvergne ainsi que sa place dans le Sud-Ouest.

Le 4 octobre dernier, les Auchan de Tulle en Corrèze, d'Aurillac dans le Cantal et de Mazamet dans le Tarn, accrochaient l'enseigne Atac. Objectif principal de ce changement : la relance de points de vente menacés au sein du groupe. « Les trois sites, tous d'anciens Mammouth, souffraient d'un problème de performance, reconnaît volontiers Joël Daneau chef de région Sud-Ouest d'Atac. Et ce malgré une incontestable dynamique du chiffre d'affaires depuis le changement d'enseigne ». Les magasins dont la taille maximale - en l'occurrence celle du site de Mazamet - ne dépasse pas 3 380 m2, étaient handicapés par « une organisation aussi importante » que celle des plus gros Auchan : un nombre de salariés élevé, une lourdeur de la gestion, de forts besoins en capacités de stockage, une multiplicité des sources d'approvisionnement...

Mais l'opération menée par la direction de Blanquefort offre aussi à Atac l'opportunité d'affirmer sa présence sur une zone géographique où l'enseigne est très peu présente. Les départements de la Creuse, de la Corrèze, du Cantal, de l'Aveyron, du Lot, du Lot-et-Garonne, du Tarn, du Tarn-et-Garonne, de la Dordogne ou encore du Gers, comptent en tout et pour tout, 4 points de vente Atac sur les 23 magasins gérés désormais par l'enseigne dans la région Sud-Ouest. Les magasins de Tulle, Aurillac et de Mazamet apportent à eux trois plus de 9 000 m2 de surface commerciale nouvelle et renforcent le maillage de l'enseigne dans cette région. L'approvisionnement de ces trois nouveaux points de vente a d'ailleurs été confié à l'entrepôt Atac-Cournon dans le Puy-de-Dôme qui a repris ses anciennes tournées Mammouth. Secoué par la vente du réseau des Éco-Service à Casino, la plate-forme retrouve une partie du volume perdu en remplissant chaque jour en PGC et produits frais trois semi-remorques dédiés à chacun des nouveaux Atac. Dans cette vaste réorganisation interne, Auchan restera présent puisque ses camions assurent la livraison de l'équipement de la maison ou du bazar saisonnier.

« Malgré l'importance de ce changement d'enseigne, nos clients ne semblent pas inquiets par la disparition éventuelle de certains produits, où par le fait de ne pas retrouver le lendemain les rayons qu'ils avaient laissés la veille au soir », explique encore Joël Daneau. Dans les trois Atac aux allures de petits Auchan, où l'assortiment des premiers jours est resté le même, les premiers changements ont touché avant tout le personnel, passé d'une culture de l'hyper à une culture du super. Certains cadres n'ont pas adhéré à la mutation proposée et ont souhaité rester sous la bannière Auchan. Reste que les équipes actuelles n'ont pas forcément perdu au change avec l'arrivée de managers comme l'ancien directeur de l'Hyper Atac de Vitry-sur-Seine, François Chapy, à Tulle, ou de Laurent Leclerc, transfuge de Saint-Gaudens, à Mazamet.

La rentabilité a progressé

C'est à Saint-Gaudens justement que la transformation des petits Auchan avait été initiée dès 1998. « Le test a été positif en tout, résume Laurent Leclerc, maître d'oeuvre de l'opération. La rentabilité a progressé, nous avons gagné en clients et en panier moyen. » Ce premier Atac nouvelle génération, profite de la souplesse des livraisons de l'entrepôt de Cournon. « Cela libère les zones de stockages, souligne François Chapy, en nous permettant de bénéficier de conditionnements mieux adaptés à nos besoins ». Du coup, Atac-Aurillac pourra faire l'économie du hangar loué à l'extérieur de la ville.

Les changements n'ont en revanche pas entraîné une hausse des tarifs. « Nous nous sommes au contraire appliqués à ce que les prix restent les mêmes », se félicite Joël Daneau. Les anciens Auchan, comme le confirment leurs directeurs, s'adaptent d'une manière plus directe à la concurrence et disposent d'une liberté accrue en terme de référencements alimentaires grâce aux approvisionnements locaux. En dépit d'une volonté de minimiser la portée de ce transfert d'enseigne, cette opération semble confirmer l'émergence d'une nouvelle génération de magasins chez Atac, dont l'offre se rapproche de celle d'un hypermarché et la gestion comme la logistique, d'un supermarché.

Désormais Atac dispose d'un portefeuille de douze « hypermarchés » dont l'identité s'affirme de plus en plus. La direction commerciale d'Atac Sud veut engager des actions communes avec les directeurs concernés. « Nous pouvons proposer une offre et une communication adaptée, » souligne-t-on et le non-alimentaire s'affirme comme la cible privilégiée d'une stratégie de promotion.
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Article extrait
du magazine N° 1699

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