ATACADÃO, le grossiste à la sauce hypermarché

Ce concept simplissime de grossiste ouvert aux particuliers est la véritable pépite de la filiale sud-américaine de Carrefour.

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L227106801_3Z.jpg © DR, C. LEBEDINSKY/CHALLENGES-REA/ CARREFOUR, CARREFOUR

L'histoire d'Atacadão commence bien loin du Cac 40 et de son rachat par Carrefour en 2007. Elle débute en 1962, avec 3 tonnes de fromages et une cargaison de poissons salés, dans les 60 m2 d'une boutique tenue par Alcides Parizotto, au fin fond de l'État du Parana, au Brésil. À 25 ans, il vend sa marchandise aux familles employées à la récolte du café, leur offrant une solution économique pour des repas pris sur le pouce. Simple et efficace. Très vite, Alcides Parizotto part courtiser les fournisseurs de la région pour étoffer son offre : saindoux, charcuterie, puis riz, vin, etc.

Atacadão en dates

  • 1962 Alcides Parizotto ouvre son premier magasin de vente en gros, à Maringa (Parana).
  • 1967 Ouverture de la première filiale à Campo Grande (Mato Grosso do Sul).
  • 1972 Ouverture de la filiale Cuiaba (Mato Grosso).
  • 1975 Ouverture du premier magasin à São Paulo.
  • 1985 Atacadão s'ouvre aux particuliers.
  • 1990 Le fondateur Alcides Parizotto cède ses parts à ses trois associés.
  • 2007 Carrefour rachète l'enseigne environ 850 millions d'euros.

- Pur jus À l'époque, Atacadão est un grossiste pur jus. Inutile de chercher une caisse dans son magasin. Alcides Parizotto affrète des camions qui partent effectuer leurs livraisons à travers le Parana, vers São Paulo, et les États voisins. En réglant ses achats à quinze ou vingt jours, l'enseigne parvient à financer à bon compte son développement. Dès 1967, elle ouvre une première filiale à Campo Grande, 500 km plus avant dans les terres. Cinq ans plus tard, ce sera à Cuiaba, 1 000 km plus loin, et ainsi de suite.

- Transfert de siège La création la plus importante reste celle de São Paulo, en 1975. « À l'époque, j'avais déjà six magasins à l'intérieur du pays, a confié Alcides Parizotto dans une très rare interview accordée au magazine Exame, en 2007. Quelle n'a pas été ma surprise quand j'ai vu que la filiale de São Paulo a vendu plus que toutes les autres réunies en un rien de temps ! En 1978, j'ai transféré le siège à São Paulo. »

- Coeur de ville Nouvelle étape décisive en 1985. Quand ce même magasin est devenu trop petit, Atacadão achète 45 000 m2 de terrain au coeur de la ville, embauche 40 caissières et s'ouvre aux particuliers. Le modèle est immédiatement copié par le reste du réseau.

- French touch En 1990, le fondateur décide de se retirer en cédant ses parts à ses trois associés, qui vendent à leur tour les leurs, en 2007, à Carrefour. Le français a senti le potentiel de l'enseigne et triple son réseau en l'espace de cinq ans pour atteindre 92 magasins en 2012. Avec ses conditionnements massifs, sa clientèle de professionnels et de particuliers, le concept offre des performances remarquables pour des coûts de fonctionnement minimes. Selon des spécialistes, ils seraient inférieurs d'environ 70% à un hypermarché. Surtout, Atacadão représenterait déjà la moitié des ventes de la filiale brésilienne, deuxième pays pour Carrefour après la France. Résultat, des déclinaisons d'Atacadão sont actuellement testées dans plusieurs pays émergents où le groupe est présent.

En chiffres

  • 92 magasins au Brésil
  • 50% au minimum des ventes de la filiale brésilienne de Carrefour seraient le fait d'Atacadão, soit environ 6,5 milliards d'euros en 2012
  • 6 000 m² de surface moyenne,
  • 10 000 références par magasin
  • 70% du stock en rayons
  • Jusqu'à 300 kilos de marchandises par chariot, trois fois plus que la normale

Source : LSA

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Article extrait
du magazine N° 2271

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