Attentats de Paris : face à une situation inédite, l'e-commerce se prépare

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A la suite des attentats qui ont meurtri Paris le 13 novembre 2015, la crainte de certains Français à se rendre en magasins pour effectuer leurs achats de fin d'année, pourrait impacter les e-marchands et leur activité. D'autant que traditionnellement, de nombreux acheteurs se rendent plutôt sur Internet afin d'éviter la foule des grands jours dans les points de vente physiques. Prudents, les e-commerçants se préparent malgré tout à un éventuel pic d'activité.

Les fêtes de fin d'année devraient générer 13 milliards d'euros de ventes en ligne
Les fêtes de fin d'année devraient générer 13 milliards d'euros de ventes en ligne© niroworld - fotolia.com

De Cdiscount en passant par Amazon, La Redoute, ou encore Rue du Commerce, les e-marchands ont su manifester leur solidarité à l’égard des français et des événements tragiques qui ont touché Paris, le 13 novembre 2015. Mobilisé mais réaliste, le secteur se prépare malgré tout aux fêtes de fin d’année, vitales pour leur activité. Cette année, les Français devraient dépenser à cette occasion, près de 13 milliards d’euros sur Internet (chiffres Fevad du 18 novembre 2015). Une estimation réalisée avant les attentats de Paris, qui ne tient pas compte de leur éventuel impact sur le secteur.

La probabilité que les Français achètent davantage en ligne pour les fêtes de fin d’année serait en effet plus élevée qu’à l’accoutumée, notamment en raison d’une crainte liée aux effets de foule. Une étude Médiamétrie réalisée avant les attentats démontrent qu’il s’agissait déjà de leur première motivation pour dépenser sur Internet plutôt qu’en points de vente, dans le cadre des achats de Noël. "68%  des internautes achèteront sur Internet pour éviter la foule en magasins, et 76% chez les CSP+", assure Bertrand Krug, directeur adjoint de Médiamétrie//NetRatings. De fait, les professionnels du e-commerce sont prêts à faire face au rush de fin d'année.

Des e-marchands prudents mais réalistes

Du côté des e-marchands, si la retenue est de mise, le pragmatisme souvent, prévaut sur le reste : "Le weekend des attentats, notre chiffre d’affaires a chuté de 20%. Mais il y a une forme de psychose générale ambiante, et beaucoup de Français n’envisagent pas de sortir faire leurs courses de Noël, et préféreront Internet", prédit Odile Szabo, directrice marketing de PriceMinister.

Chez le spécialiste de la mode Brandalley, les commandes ont progressé depuis le weekend des attentats, et le trafic s’est accru de 20%, réitérant dans une moindre mesure, un phénomène qui était intervenu sur la période des attentats perpétrés contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo : "Ils ont eu lieu le premier jour des soldes d’hiver. Ce fut l’une de nos plus grosses journées de l’année en termes de chiffre d’affaires", se souvient Cyril Andrino, p-dg du groupe Andrino. La Fevad pour sa part, se veut prudente : "Il est difficile de prédire quoi que ce soit, tous les jours cela peut évoluer, et plusieurs scénarios sont possibles", explique Marc Lolivier, délégué général de la Fevad. Quoi qu’il se passe, la période de fin d’année étant traditionnellement associée à des pics de trafics, les e-marchands sont prêts à faire face à une éventuelle montée en charge des sites.

Le 'Black Friday' remis en cause

Le  Black Friday, littéralement ‘Vendredi Noir’, aura lieu le 27 novembre 2015, en France comme aux Etats-Unis. Traditionnellement identifié comme le coup d’envoi des achats de fin d’année aux Etats-Unis, cette opération commerciale est compromise en France. Du moins dans sa dénomination, les e-commerçants pouvant difficilement annuler plusieurs semaines de travail, tout en étant  sensibles au caractère inadapté du nom de l'opération. Chez Priceminister, Odile Szabo, directrice marketing du site est formelle : "Nous ne pouvions plus utiliser ce nom mais nous maintenons l’opération, qui sera sans doute symbolisée par un Père-Noël noir". De fait, ils ne sont plus coordonnés sur le nom à choisir, et chacun opte pour une formule différente, au risque de diluer complètement le Black Friday, naissant en France en tant qu'événement estampillé comme tel, dans une période plus ou moins longue de rabais. Cdiscount a rebaptisé le Black Friday par "Jours Spectaculaires", tandis que La Redoute opte pour le "Grand Week-End" et Amazon pour la "Cyber Week".

 

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