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« Au bout du champ » distribue les fruits et légumes locaux dans des casiers urbains

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Ce concept, imaginé par deux trentenaires, explore une nouvelle voie de commerce alimentaire et de « click and collect », dans un magasin implanté à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Il fait le lien entre les productions de fruits et légumes de petites agriculteurs locaux et les clients urbains, en mettant à disposition les produits dans des casiers de retrait. Les clients peuvent commander en ligne ou acheter directement sur place, tous les jours entre 8h et 22h, dimanche compris. Un second magasin va ouvrir à Paris fin mars.

Cette boutique équipée de 87 casiers de retrait propose uniquement des produits issus de l'agriculture locale.
Cette boutique équipée de 87 casiers de retrait propose uniquement des produits issus de l'agriculture locale.© F.M.

La petite boutique d’un peu plus de 20 m² ne se remarque pas au premier coup d’œil, dans cette artère plutôt calme de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Au cœur d’une zone résidentielle et face à un parc municipal, « Au bout du champ » explore depuis quelques mois une nouvelle voie de commerce alimentaire, à la confluence des tendances observées chez les consommateurs : des fruits et légumes frais et issus de l’agriculture locale, distribués en libre-service ou commandés sur Internet par les clients, qui les retirent ensuite dans des casiers automatiques, entre 8h et 22h.

La boutique est implantée au coeur d'une zone urbaine, rue Camille-Pelletan, à Levallois-Perret (92)

Une nouvelle forme de « click and collect » alimentaire encore peu répandue, même si plusieurs initiatives très locales existent. « On a eu l’idée en nous baladant dans un tout petit village, confie Joseph Petit, l’un des deux associés et fondateurs d’Au bout du champ. L’agriculteur du coin avait installé des casiers juste au bout de son champ, et les gens du village venaient y retirer leurs légumes quand ils voulaient. »

Clientèle familiale et attentive à la qualité des produits

L’idée germe alors chez Joseph Petit et Julien Adam, deux trentenaires qui en ont « un peu marre » de leur job de consultant en optimisation des coûts : proposer le même type de service au cœur des villes, à une clientèle « familiale et attentive à la qualité des produits qu’elle consomme ».

Une opportunité de local commercial se présente à Levallois-Perret. Les deux hommes foncent. « On a eu du mal à trouver des casiers, qui plus est transparents, afin que les clients voient les produits qu’ils achètent. Nous n’avons pas trouvé de fabricant  en France, alors on s’est débrouillé en cherchant à l’étranger sur Internet, notamment en Allemagne », raconte  Joseph Petit.

Le magasin compte 87 casiers de retraits, tous transparents, laissant voir les produits. Peu de fabricants de casiers existent encore.

Il a aussi fallu dénicher tout le système informatique permettant de payer sur une borne, pour déclencher l’ouverture du casier contenant les produits de son choix. Et aussi lancer le site web de click and collect, où le client paye en ligne (minimum 15€ d’achats), puis reçoit par SMS le code pour l’ouverture du casier. « Il n’existe pas aujourd’hui de solutions clé en main, le phénomène des casiers commence à peine », remarque le jeune chef d’entreprise.

La borne permet de saisir le code SMS pour retirer sa commande web, ou d'acheter directement les produits du jour. Elle accepte CB et espèces, et déclenche l'ouverture des casiers.

« Au bout du champ » explique et affiche très clairement sa promesse et sa conception de « produits locaux » : ils sont recueillis quotidiennement dans un rayon de 100 km, auprès de six petits producteurs d’Ile-de-France. La liste de ces agriculteurs, ainsi que leur présentation, est affichée en magasin et sur le site marchand. Tous les fruits et légumes sont de saison. « Notre créneau, c’est l’agriculture paysanne, c’est-à-dire une approche respectueuse des hommes, du terroir, des produits, avec l’idée de s’approvisionner auprès de petites exploitations, en l’occurrence dans les Yvelines et le Val d’Oise », souligne Joseph Petit, l’un des deux associés et fondateurs.

Sur le site web (ci-dessus) et en magasin, l'enseigne présente les 6 producteurs locaux auprès desquels elle s'approvisionne.

Ce mois de février, par exemple, on trouve dans les casiers des carottes et des navets qui proviennent de la ferme du Clos d'Ancoigny, à Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines). Ou, encore des champignons issus de la champignonnière « Les Carrières», à Montesson (Yvelines). Il y a aussi des œufs, et quelques produits transformés par ces mêmes agriculteurs : bouteille de 1 L de jus de fruit, ou brique de 5 L (pomme, pomme-poire…), soupe tomates courgettes ou, encore des sirops.

Les produits apparaissent derrières les vitres et leur prix est précisé dans un coin. Les commandes Internet en attente de retrait sont signalées.

Les deux fondateurs ont passé du temps sur les routes, afin de sélectionner les bons produits et, aussi, convaincre les agriculteurs de leur vendre une partie de leur production. Ils l’écoulaient auparavant en totalité en vente directe ou sur les marchés locaux.

"Pas dans une logique de volume"

« Nous n’avons pas vraiment contractualisé avec eux, nous travaillons en confiance, précise Joseph Petit. Nous ne sommes pas dans une logique de grande distribution, avec un engagement de volumes. » Le nouveau circuit de Levallois offre une sorte de fonds de roulement aux agriculteurs. Les prix finaux se situent « dans une fourchette haute, mais pas exorbitante, cela correspond à la qualité de produits », selon le jeune chef d’entreprise.

Les prix "se situent dans une fourchette haute mais pas exorbitante, les clients cherchent une qualité", explique le co-fondateur.

 

Un modèle économique qui, couplé à l’absence de vendeurs, grâce aux casiers, débouche sur  un prix d’achat qui convainc les agriculteurs. Mais qui ne suffit pas encore à verser un salaire aux deux fondateurs. « Pour le moment, nous investissons en propre et Levallois est un pilote, le concept va s’enrichir, nous avons plusieurs idées, nous consacrons tous nos moyens au développement », glisse Joseph Petit.

100 à 200 kg de produits par jour

Tous les matins, les deux associés avalent les routes d’Ile-de-France, effectuant eux-mêmes la tournée des producteurs. Ils approvisionnent les casiers vers 13h, à raison de 100 kg à 200 kg de pommes, poires ou navets. « Nous envoyons aux producteurs un texto le jour d’avant vers 23h, pour leur passer commande et leur demander ce qu’ils ont à disposition », poursuit le trentenaire.

Les casiers du magasin ne sont pas réfrigérés. « Notre vocation, c’est le produit frais, qui doit être écoulé dans la journée. Au bout de 2 jours, nous le retirons dans tous les cas des casiers, sauf les œufs ou les jus de pomme, qui se conservent plus longtemps. »

Les 87 casiers disponibles sont pour la plupart remplis, comme permettent de le constater les vitrines transparentes. On peut commander soit par Internet, soit acheter l’assortiment du jour et le payer sur une borne par CB, pièces ou billets. Le prix est indiqué dans un coin du casier, et un ticket de caisse pré-imprimé. Des sacs en plastiques posés au fond du casier permettent d’emporter ses emplettes.

Le magasin propose aussi des oeufs, des sirops ou des soupes, élaborés par les mêmes agriculteurs.

Au niveau de la clientèle, le portrait-robot sort finalement du cadre de la famille avec enfants, la cible première. « Il y aussi des jeunes de 19-20 ans et quelques personnes âgées, qui ont quand même besoin qu’on leur explique le fonctionnement des casiers », indique Joseph Petit, qui ne donne pas encore de chiffre précis sur la fréquentation, depuis l’ouverture du magasin, en août dernier.

Panier moyen de 8 à 10€

Le panier moyen se situe entre 8€ et 10€, avec quelques grands écarts, les prix démarrant aux alentours de 3€, et quelques clients allant jusqu’à 25€. Quant aux horaires de retrait, le pic se situe le soir entre 18h et jusqu’à 21h. Les retraits frémissent aussi entre midi et deux, pour la clientèle "de bureau".

« Au bout du champ » n’est qu’au début de son histoire, puisque ses fondateurs s’apprêtent à ouvrir une seconde boutique, à la fin-mars ou début avril, à Paris cette fois, rue des Dames, au cœur des Batignolles (XVIIe). Le magasin sera un peu plus grand, comptera « plus de casiers » et aussi, glisse Joseph Petit, « quelques évolutions ».

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