Auchan adopte une organisation par métiers

|

En créant quatre divisions, une par métiers, Auchan franchit une étape supplémentaire dans la simplification de ses structures. On peut y lire la progression prévisible du supermarché.

>« L'objectif de la réorganisation que nous avons entamée depuis plusieurs mois est d'une simplicité enfantine : permettre à l'organisation de l'hypermarché de rester à l'échelle humaine. » En mai dernier, Gérard Mulliez, président du conseil de surveillance, répondait par avance, au cours d'un entretien accordé à LSA (n ° 1816), aux interrogations suscitées par les changements d'organigramme en cours au sein du groupe nordiste. Suite de l'explication de texte : « Quand la structure est trop grosse, il faut couper et démultiplier. Dans les organisations mastodontes, les gens n'entreprennent pas, ils appliquent des règles. »

Aujourd'hui, le groupe confirme les informations divulguées par le Monde du 27 novembre, sur la création d'un holding de tête, Groupe Auchan SA, auquel seront rattachés quatre pôles pour chacun des métiers du groupe : l'hypermarché, le supermarché, l'immobilier et la banque.

 

Décentralisation

La répartition des rôles qui se dessine entre la France et l'international confirme aussi les grandes lignes tracées par Gérard Mulliez. « Pour l'organisation future, déclarait-il, je vois des responsables de pays, qui rendent compte à leur patron de métier. » De fait, le pôle hypermarchés, qui reste sous la direction de Christophe Dubrulle, n'assurera plus le reporting des activités internationales des trois autres pôles comme c'était le cas jusqu'à présent. Les structures devraient être opérationnelles le 1er janvier, avant d'être soumises à l'approbation de l'assemblée générale en mai 2004.

«Les fusions et acquisitions et le développement à l'international avaient provoqué une concentration des pouvoirs au niveau du siège, qui fait perdre de l'initiative au terrain, estime un analyste. Gérard Mulliez revient à un principe de base : un métier, un compte de résultat par réseau, par magasin. Pourquoi Leclerc va bien ? Parce qu'il a conservé la proximité du terrain. Pourquoi Intermarché va mal ? Parce qu'il l'a perdue et qu'il passe son temps à régler le problème de l'Allemagne. C'est la supériorité du modèle décentralisé. »

Pour un autre observateur, il faut aussi y voir la conséquence de l'évolution du marché. « La sanction du consommateur vis-à-vis de l'hypermarché n'est pas pour rien dans ces changements, note cet analyste. Le supermarché et le hard-discount gagnent du terrain, l'international en perd. » Un bon connaisseur du groupe va plus loin. « Gérard Mulliez consacre tout son temps au format supermarché, raconte-t-il. C'est de là que vient la croissance. Surtout, depuis la revitalisation de l'offre en produits frais et la baisse des prix sur le sec, les supermarchés deviennent progressivement plus rentables à chiffre d'affaires égal que les hypermarchés. »

En projetant les performances des deux formats, la répartition actuelle entre hypermarchés et supermarchés - de 79 % et 21 % des ventes - pourrait passer respectivement à 77 % et 23 % en 2005. Dans le même temps, les supermarchés devraient enregistrer une croissance trois fois supérieure à celle des hypers, et assurer 25 % du compte de résultat.

La réorganisation du groupe nourrit, enfin, de nouvelles supputations sur la succession de Gérard Mulliez. On sait tout le bien que celui-ci pense de son fils Arnaud. L'arrivée de Vianney, l'homme des fusions-acquistions, met en avant un autre prétendant, aux côtés des Benoît Cirotteau, Henri Matthias ou Christophe Dubrulle, noms qui reviennent le plus souvent dans les spéculations. Réponse fin 2005, date annoncée du départ de Gérard Mulliez.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1839

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Appels d’offres

Accéder à tous les appels d’offres