Auchan City, la proximité qui emprunte à l'hyper

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Dans son fief nordiste, Auchan se permet toute les audaces et se lance dans la proximité urbaine. Mais à sa manière. C'est-à-dire avec un petit hyper de 4 000 m².

QUATRE MÉTIERS, UN STANDRegroupés au sein d'un même espace, les rayons fromage, charcuterie, traiteur et boucherie bénéficient d'une belle visibilité.
QUATRE MÉTIERS, UN STANDRegroupés au sein d'un même espace, les rayons fromage, charcuterie, traiteur et boucherie bénéficient d'une belle visibilité.© SAMUEL DHOTE / AUCHAN

L'Espace Saint-Christophe semble fait pour lui. Construit autour de lui, en tout cas. À Tourcoing, dans son Nord natal, Auchan est chez lui. Ce qui ne veut pas dire que tout soit facile : Auchan City, le premier hypermarché de centre-ville du groupe, d'abord prévu à l'automne 2010, a seulement ouvert ses portes le 6 avril dernier. Et sans son drive, un temps envisagé, la faute à des élus Verts récalcitrants. De quoi agacer le père fondateur, Gérard Mulliez, qui ne s'est pas gêné pour le dire, lors de l'inauguration, le lundi 4 avril. « Il y a cinquante ans, quand j'ai créé mon premier hyper, je peux vous dire que cela a été beaucoup plus rapide », souffle-t-il. Mais le principal est que le magasin soit finalement là.

4 000 m², donc, et des codes qui empruntent très largement à l'hyper, coeur de métier du groupe Auchan. D'ailleurs, quand David Guilluy, le jeune directeur, évoque son magasin, c'est pour le comparer aux hypermarchés du groupe. Ce n'est pas un hasard. « Notre volonté est de proposer l'offre alimentaire d'un hyper de 10 000 m2 », souligne-t-il d'emblée. Sur les 28 000 références en rayons, plus de 20 000, en effet, sont exclusivement alimentaires.

Une offre non alimentaire complémentaire

On le comprend, le non-alimentaire est réduit aux seuls « produits du quotidien » : des sous-vêtements et pas de prêt-à-porter, des poêles mais pas de réfrigérateurs, et nulle trace de références high-tech. La direction se justifie par la nécessité de proposer une offre complémentaire à celle de la galerie commerciale, il est vrai imposante, avec ses 32 boutiques, sur 9 000 m².

Auchan City se veut par conséquent « le » spécialiste de l'alimentaire et, plus précisément, du frais. Qui a dit comme tout le monde ? On passe, aussi, sur cette phrase tellement répétée, en ce jour d'inauguration notamment, qu'elle en devient galvaudée : « Nous voulons redonner du plaisir, et faire en sorte que le client passe du temps à choisir, et non à chercher. » L'essentiel est de voir comment Auchan City apporte la preuve de la promesse.

Un vaste espace de 200 m² est réservé aux fruits et légumes, en entrée de magasin. Sa couleur, vert pomme, le rend immanquable. 150 références en légumes, et 250 en fruits sont ainsi exposées, en vrac, en de savants mélanges pyramidaux. Visuellement parfait, on demande toutefois à voir, en fin de journée, après le passage de la cohorte des 4 000 à 5 000 clients attendus chaque jour. On y trouve aussi une vingtaine de distributeurs de gants, pour veiller à l'hygiène, mais dont on se demande bien qui, finalement, prendra le temps de les utiliser. Leur présence a au moins le mérite de rassurer les clients les plus suspicieux.

Fraîcheur garantie

Plus intéressant, quoi que moins directement visibles par les clients, figurent les avancées techniques. Des tables réfrigérées permettent, par exemple, de conserver les références fragiles -fraises, framboises ou champignons - à de bonnes températures. Deux d'entre elles, réservées aux herbes fraîches, leur assurent même de garder les « pieds dans l'eau ». De quoi, couplé à de la nébulisation, en accroître l'espérance de vie.

Enfin, aux caisses, pour les achats en espèces, qui peuvent représenter jusqu'à 40 à 50% des paiements, Auchan City introduit le système « cash management » : le client introduit ses pièces et billets dans un automate, qui lui rend automatiquement la monnaie. Avec, à la clé, pour l'hôtesse de caisse, l'occasion de se consacrer à 100% à la relation client.

Les chiffres :

  • 4 000 m² : La surface de vente.
  • 28 000 : Le nombre de références, dont plus de 20 000 exclusivement alimentaires.
  • 120 : Le nombre de salariés.
  • 16 M€ : Le montant de l'investissement pour créer ce magasin.
  • 4 000 à 5 000 : Le nombre de clients attendus chaque jour.

Les plus :

  • L'espace fruits légumes de 200 m².
  • Le système cash-mangement et les tables réfrigérées pour les fruits et légumes.
  • Une zone dédiée au vrac.
  • Une signalétique sobre et efficace.

Les moins :

  • L'espace non-alimentaire un peu loin de la zone de flux principal.
  • Une trop grande sobriété dans l'exécution de l'image prix.

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Article extrait
du magazine N° 2177

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