Auchan fier de résultats «honorables» en 2011

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Vincent Mignot, DG de Auchan France
Vincent Mignot, DG de Auchan France © DR

Après Casino et après Carrefour, c’est au tour d’Auchan de présenter ses résultats 2011. Certes de manière moins complète que ses deux concurrents – Auchan, groupe non coté, n’est pas soumis aux mêmes obligations – mais pas moins intéressante. Chez Auchan, on réfléchit ainsi par métiers (hypermarchés, supermarchés, immobilier, banque et e-commerce) et pas forcément par zone géographique. Et encore moins forcément par format dans chacune de ces zones. Bref, il est parfois un peu difficile d’y retrouver ses petits, Chronodrive, pure player, étant ainsi par exemple à ranger dans la rubrique e-commerce, tandis qu’Auchan Drive, accolé aux hypers, se trouve comptabilisé avec les hypers.

Commençons pour le plus simple : avec un chiffre d’affaires de 44,4 milliards d’euros hors taxes, Auchan a vu ses ventes progresser de 4,4% en 2011. L’international (le +13,6% enregistré en Europe centrale et de l’est et en Asie compensant très largement la baisse de 1,3% de l’Europe occidentale, hors France) est bien sûr plus porteur que la France (+2,4%). Ramenée à magasins comparables, et débarrassée de l’essence, la hausse est de 0,9% si l’on s’en tient à un chiffre d’affaires TTC de 47,4 milliards d’euros. Un chiffre important car pour une fois comparable, justement, avec les publications des autres groupes : suivant ces mêmes périmètres de croissance organique hors essence, les ventes de Carrefour ont baissé de 0,6% en 2011, et celles de Casino ont augmenté de 5,7%.  Chaque cas est évidemment particulier, dépendant fortement des zones d’implantation et de leur phase de maturité, mais il n’empêche, c’est en soi une bonne indication des performances de chacun.

La branche hypermarchés, poids lourd chez Auchan (616 hypers intégrés dans 12 pays) pèse 35,4 milliards d’euros, en hausse de 4,2% La branche supermarchés (759 magasins dans 5 pays), certes plus petite avec ses 7,2 milliards de vente, n’en est pas moins plus dynamique : +4,6%. La branche e-commerce, quant à elle, a terminé l’année à 837 millions d’euros, en progression de 17%.

Et la France, dans tout cela ? Auchan y réalise 45% de ses ventes 20 milliards d’euros, en progression de 2,4%. L’entité Auchan France, rassemblant les hypers, représente à elle seule les trois quarts de ce chiffre d’affaires, à 15,2 milliards d’euros, en hausse de 1,4% au global,  mais en légère baisse de 0,6% à magasins comparables hors essence. A noter que ce dernier périmètre, bien que censé pouvoir comparer équitablement les performances d’une année sur l’autre, prend en compte les… ouvertures de drives accolés aux hypers (16 Auchan Drive dans l’année, en l’occurrence). Auchan, pour expliquer cette bizarrerie, évoque le fait que ces drives ne sont finalement qu’un service supplémentaire rendu aux clients, et ne constituent pas un quelconque agrandissement. Et pourquoi pas, après tout… Ce qui n’empêche toutefois Vincent Mignot, directeur général d’Auchan France, de concéder « une part très importante du drive dans la croissance des ventes en France », et même « une part trop importante, car je me bats pour obtenir aussi une croissance hors drive. » On sait, en effet, que la question de la rentabilité des drives n’est pas encore forcément tranchée

Pour 2012, néanmoins, et puisque cela correspond à une attente des consommateurs, Auchan entend poursuivre son développement sur les drives, « avec au moins 25 ouvertures d’Auchan Drive. » Mais, justement, pour éviter de sortir de la « drive dépendance », Vincent Mignot annonce qu’Auchan « va lancer, dans les jours et les semaines à venir une vaste offensive sur les prix, qui va influer très fortement sur les volumes de ventes. » Avec, à la clé, à terme, la volonté pour Auchan, « d’être très vite leader sur l’image prix, et de ne pas attendre 50 ans pour l’être en positionnement prix. »

Le chiffre d’affaires hors taxes du groupe nordiste a progressé de 4,4 % pour atteindre 44,4 Mrds d’euros en 2011, essentiellement tiré par le développement (+3,3 % lié à l’expansion) avec le maintien d’un fort niveau d’investissements (+ 18 % à 1,635 Mrd d’euros). L’activité France (45 % du CA) progresse de 2,4 %, elle diminue de 1,3 % pour les autres pays de la zone euro mais bondit de 13,6 % en Europe centrale et de l’Est et en Asie. La branche hypers (616 magasins, + 57 unités) gagne 4,2 % à 35,4 Mrds, dont 15,2 Mrds pour la France (+1,4 %, mais – 0,6 % à comparable hors essence). Les supermarchés font mieux (+4,6 % à 7,2 Mrds). Les autres activités, essentiellement le e-commerce, sont en hausse de 17,7 % à 837 ME. La marge d’exploitation (Ebitda) est en baisse (-5,5 % à 2,375 Mrds) du fait de « la hausse sur les marges et la pression sur les frais notamment en zone euro ».

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