Auchan vent debout contre le projet de taxation des drives

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A l'occasion d'une visite du Auchan Drive de Melun, le 10 juillet, Vincent Mignot, directeur général de Auchan France et Jean Philippe Grabowski, directeur général de Chronodrive, ont dénoncé les projets législatifs du gouvernement qui pourraient tuer "un futur champion mondial du drive".

Vincent Mignot

"Nous sommes d’habitude peu éloquent…", a admis d’emblée Vincent Mignot, directeur général de Auchan France. Mais pour une fois, le distributeur est sorti de sa réserve pour dénoncer les projets législatifs du gouvernement à propos des drives. Après le passage en CDAC promis par Sylvia Pinel, la ministre du commerce, c’est désormais une « taxe drive » qui se profile. Entre Auchan Drive et Chronodrive, le groupe Auchan compte aujourd’hui 143 drives, qui représenteraient 40 % du marché selon lui, pour un chiffre d’affaires de 816 millions d’euros en 2012, et plus d’un milliard prévu en 2013 (+30 % de croissance).
 

L'avenir du commerce en jeu

"En France, à chaque fois que quelque chose marche, les chasseurs tirent sur les oiseaux avec un fusil à deux cartouches : l’urbanisme commercial et les taxes, explique Vincent Mignot. L’enjeu, c’est l’avenir du commerce. Avec internet, il y aura dans les années à venir des disparitions de format, d’entreprises, bref des chômeurs. Il faut pouvoir refonder le commerce. Je suis donc très interpelé par cette volonté de brider quelque chose qui marche. Demain, il n’y a que les commerçants connectés qui marcheront." Malgré ses sollicitations, Auchan n’a pas réussi à obtenir de rendez-vous de Sylvia Pinel depuis deux mois.
 

Pour Jean-Philippe Grabowski, directeur général de Chronodrive, c’est la santé de son entreprise qui est remise en question. Contrairement à Auchan Drive, qui est dans le giron des magasins Auchan, Chronodrive est un pure player. "Si la taxe est votée, on peut se retrouver en grande difficulté. Potentiellement, c’est notre développement qui peut s’arrêter. Si la rentabilité devient trop difficile, elle ne justifiera peut-être plus les investissements, alors que nous avons le potentiel pour devenir un champion mondial." D’après lui, une taxe sur l’assise foncière des drives pourrait atteindre 200 000 euros par an et par drive si elle est calculée sur le même modèle que pour les magasins traditionnels.

 

Un potentiel de plus de 300 drives pour le groupe

Chronodrive estime son potentiel de création d’emploi à 3000 en 5 ans. "Si la taxe passe, nous aurons des députés de notre côté. Les élus de terrain comprennent bien l’importance des créations d’emplois, assure Vincent Mignot.  Cela m’excède cette manie politique de vouloir stopper ce qui fonctionne. On écoute les clients, on développe des emplois, on paye des impôts, etc. On ne comprend pas !"  Avec 81 points de vente, Auchan Drive estime pouvoir encore doubler son parc. Même chose pour Chronodrive qui compte 62 entrepôts à ce jour et compte en ouvrir 13 d'ici à la fin de l'année (11 pour Auchan Drive).

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