Autotests Covid-19: la course est lancée [Edito]

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Le gouvernement vient d'autoriser la vente des autotests antigéniques de dépistage du Coronavirus Covid-19 (SARS-Cov-2) en grande distribution.  

Qui vendra à prix coûtant et qui saura le mieux «acheter»?
Qui vendra à prix coûtant et qui saura le mieux «acheter»? © 123Rf

L’arrêté signé par Olivier Véran publié au Journal officiel ce mardi 28 décembre 2021 de bon matin a surpris tout le monde. On y apprend qu’«à titre exceptionnel et jusqu'au 31 janvier 2022, les autotests de détection antigénique du virus SARS-CoV-2 sur prélèvement nasal (...) peuvent être vendus au détail». La veille, Jean Castex n’en avait pas dit un mot lors de sa conférence de presse. Le premier ministre avait bien égrené quelques mesures mais absolument pas celle-ci que des distributeurs réclamaient pourtant depuis belle lurette. Autant dire qu’ils ont été surpris par cette officialisation matinale.

Maintenant, la question est de savoir si des enseignes ont des stocks? En sachant que concernant des stocks précédents (notamment ceux achetés en mars 2021), "Nous les avions renvoyés compte-tenu de la décision des pouvoirs publics de ne pas nous autoriser à les mettre en vente à l’époque", assure une enseigne. Il n'empêche que ces dernière semaines, elles ont peut-être passé quelques pré-commandes? Et que des magasins Leclerc ont fait des mises en rayon dès le 1er jour de l'annonce! Et surtout, on va voir leur capacité à réagir, et donc à acheter rapidement. Ce qu’elles avaient parfaitement réussi lorsqu’elles avaient pu enfin vendre et donc acheter des masques. Il conviendra également d'analyser la montée en puissance des enseignes avec très certainement des magasins livrés avant la fin de la semaine puis une montée en puissance tout au long du mois de janvier. Et  tout ça en sachant que personne ne connaît réellement la taille de ce marché et, espérons le, il ne s'agit là que d'un marché éphémère. Rappelons que selon NielsenIQ, le chiffre d'affaires des masques en hypermarchés et supermarchés a baissé de 73% sur une période comparable. En cumul à date à P9 2021, les ventes se sont élevées à 86,6 millions d'euros contre 323,9 millions d'euros sur la même période l'an passé.

Ensuite, il faudra voir quels sont les prix proposés. Qui vendra à prix coûtant et qui «achètera» le mieux? En sachant que dans des cas d’urgence comme celui-ci, il est fort probable que des fournisseurs et des intermédiaires revoient leurs prix à la hausse... Grossistes, fabricants français ou étrangers ont déjà probablement tous déjà été contactés. E.Leclerc a été le premier a annoncé "un prix coûtant à 1,95 euro l'unité", dans l’ensemble de ses magasins et parapharmacies. Il conviendra aussi regarder la communication faite autour de ces ventes. En souhaitant que cela ne tourne pas à la surenchère et la foire d'empoigne. Ce sujet est trop sérieux pour resortir la bonne vieille bataille commerciale avec quelques slogans racoleurs.  

Notons aussi la difficulté supplémentaire de la date, très curieuse, de l’arrêt de cette autorisation: le 31 janvier 2022. Donc comment commander les bonnes quantités (ni trop ni, trop peu…)?  

Pour conclure, cette décision du gouvernement est indiscutablement la bonne. En revanche, la méthode paraît pour le moins curieuse avec une absence de discussion et donc de préparation préalable avec la grande distribution et un souhait, trop visible, de vouloir protéger le secteur de la pharmacie qui, il est vrai, est lui aussi (et très fortement) en première ligne pour combattre la pandémie. 

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