Avec Carrefour Occasion, le distributeur s’aventure sur un nouveau terrain

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Rien ne se jette, tout se rachète : en créant des espaces dédiés à l'achat revente de produits d'occasion dans ses hypermarchés, Carrefour teste un nouveau service, qui doit coller aux attentes des consommateurs en matière de réemploi des objets, et d'amélioration du pouvoir d'achat.

Ce premier espace Carrefour Occasion a ouvert le 9 mars, et ne serait pleinement opérationnel que début avril, une fois le stock constitué par les apports des clients.
Ce premier espace Carrefour Occasion a ouvert le 9 mars, et ne serait pleinement opérationnel que début avril, une fois le stock constitué par les apports des clients.© Morgan Leclerc

Il va falloir un peu de patience pour tester Carrefour Occasion, le premier shop in shop du nom ouvert ce lundi dans l’hypermarché Carrefour Les Ulis (Essonne). Créé en partenariat avec Cash Converters cet espace est pour l’instant vide, le remplissage progressif des rayons devant susciter l’intérêt avant d'atteindre une véritable vitesse de croisière. Les clients peuvent pour le moment uniquement venir vendre des produits, payés en espèces à l’un des trois comptoirs de reprise (sauf pour l’or et les bijoux, payés par virement, et qui bénéficient d’un comptoir spécifique). A partir de début avril, les stocks seront constitués, et l’accès sera ouvert pour l’achat et la revente. Les familles classiques de produits sont représentées : high-tech, bijoux, livres, électroménager, téléphonie, jeux vidéos. Le tout avec une communication qui joue sur l’économie circulaire. Avant l’ouverture, les bâches dissimulant le shop in shop annonçaient l’ouverture prochaine d’un "générateur d’économie responsable". Et sur l’affichage présent à l’intérieur du lieu, la formule "Rien ne se jette, tout se rachète" est inscrite partout.



Des enjeux commerciaux (et environnementaux ?)

Le module de 100 m² qui accueille Carrefour Occasion est situé à l’extrémité de l’immense ligne de caisses de l’hypermarché des Ulis, à l’interface entre le magasin et la galerie commerciale. "La profondeur de la ligne de caisse se prêtait bien à cette installation" explique à LSA Jean-Pierre Meissat, directeur du développement opérationnel pour Carrefour. "Il n’y a pas de zone de stockage autre que le magasin. La phase de remplissage est destinée à susciter de la curiosité". En termes de fonctionnement, de 4 à 5 salariés (de Cash Converters) sont mobilisés au total. Et contrairement à ce qui s’observe dans la trentaine de points du concurrent E.Leclerc Occasion (paiement en bons d’achats utilisables exclusivement dans l’enseigne), Carrefour a fait le choix de payer en espèces, en espérant que celles-ci seront réinjectées dans l’hypermarché. Pour ce qui est de la création de trafic, il est beaucoup trop tôt pour en parler, et il ne serait pas étonnant que d'autres configuration soient testées, avec pourquoi pas un tel espace implanté en plein coeur du magasin. A la manière du programme Act for Food pour l’alimentaire, cette offre ressemble par certains aspects à un équivalent non alimentaire, dans le cadre d’un réemploi des produits, ou du moins d’un usage plus vertueux en redonnant une seconde vie (rémunératrice). Un deuxième espace Carrefour Occasion est prévu dans l’hypermarché de Liévin prochainement, avant un déploiement à plus grande échelle.

Une multiplication des shop in shop

"Le lancement de Carrefour Occasion renforce l’engagement de Carrefour en matière d’économie circulaire. Grâce à l’expertise de Cash Converters, ce nouveau concept répond pleinement aux nouveaux usages clients, tant en matière de consommation durable et choisie que de gain de pouvoir d’achat" a expliqué Pascal Clouzard, directeur exécutif de Carrefour France dans un communiqué. "Cette collaboration avec Carrefour confirme notre volonté d’accompagner et d'accélérer, avec un acteur majeur et convaincu par l'économie circulaire, les changements des modes de consommation" a pour sa part expliqué Bruno Bée, président de Cash Converters Europe, dans le même communiqué. Le distributeur, qui multiplie les shop in shop différents (après Darty et Aubert) n’a cependant pas précisé comment il se rémunérera vis-à-vis de son partenaire Cash Converters (pourcentage de chiffre d’affaires, redevance ?). La création de cet espace Carrefour Occasion, avec une nouveau nom et l’expertise d’une enseigne spécialiste n’est pas une première, les espaces Carrefour Optique et audition étant mis en place avec Atol.





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