Avec Joël Pétillon, Kindy repart du bon pied

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Dossier Arrivé dans le groupe Kindy en 1982, Joël Pétillon en prend la direction générale en 1993. Sous son impulsion, la marque diversifie sa distribution et son positionnement vers des chaussettes et des chaussures plus qualitatives.

Des hauts et des bas, Joël Pétillon en aura connu durant sa carrière. Entré chez Kindy en 1982 en tant que directeur commercial de la filiale Labonal, cet ancien cadre du groupe Lesieur prend la direction générale du groupe en 1993. L’année suivante, Kindy est introduit en Bourse.

« Nous avons entamé des travaux pour accroître la compétitivité de nos usines. Mais nous avons ramé à contre-courant », analyse-t-il. En 1998, lorsqu’il prend le contrôle de Kindy, 70% des produits du groupe vendus en France sont importés. « Après avoir épuisé tous les gains de productivité et sur la pression du marché, nous avons dû délocaliser. Mais cela n’a pas suffi : en 2001, nous avons failli déposer le bilan. »

Nous avons rapatrié dans notre usine de Picardie nos gammes à forte valeur ajoutée, notamment sous nos marques Thyo et Achile. Aujourd’hui, ces produits “made in France”» représentent un quart de notre chiffre d’affaires.

 

Salvatrice diversification

Des choix difficiles s’imposent: « Au cours des dix dernières années, nous sommes passés de 1 000 salariés à 250. Ces plans sociaux font partie des zones grises de ma vie professionnelle, car un patron de PME n’est pas programmé pour licencier », poursuit-il. Seule éclaircie ? « Lors du plan social de 2001-2002, nous avons pu payer les indemnités légales, mais pas les primes d’une centaine de salariés. Nous avons signé un accord de retour à meilleure fortune avec les syndicats et avons versé, trois ans plus tard, 4000 € à chacun.» Un geste peu banal… Originale aussi, la stratégie mise en place par Joël Pétillon.

« Il fallait absolument sortir du carcan monoproduit, monomarque et monodistribution », résume-t-il. Les grandes manoeuvres démarrent en 2006, avec le rachat de la marque de chaussettes sport Thyo et de GBB, spécialiste des chaussures pour enfant. « Lorsque nous l’avons racheté, GBB affichait 6 millions d’euros de chiffre d’affaires et 7 millions de pertes. Aujourd’hui, ses ventes ont doublé et nous avons ainsi pu diversifier nos activités », commente-t-il.

Diversification aussi des canaux avec le rachat en 2012 d’Achile, dont les chaussettes fantaisies sont implantées en grands magasins et chez les détaillants, puis de chaussettes.com en 2013. « Si nous étions restés centrés sur les GMS, nous n’existerions plus.» À 62 ans, le roi tricolore de la chaussette s’apprête à rendre son tablier, remplacé par Thierry Rousseau. « Je ferai valoir en janvier prochain mes droits à la retraite. Mais je n’arrête pas complètement: j’assurerai la présidence du conseil de surveillance du groupe », conclut Joël Pétillon.

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