Concepts de magasins

B et Q s'offre un prototype environnemental

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CONCEPT - Le nouveau magasin de New Malden, dans le Surrey, est le plus respectueux de l'environnement de la chaîne britannique de bricolage. Il a aussi vocation à devenir l'un des plus rentables de l'enseigne.

L'écologie, un remède à la crise ? En tout cas, le B et Q Extra de New Malden, dans le Surrey, dernier-né et magasin le plus « vert » de l'enseigne britannique de bricolage, démarre en flèche. « En seulement quatre semaines, nous sommes parvenus à monter sur le podium des trois magasins les plus performants du réseau, et la place de numéro un n'est pas si loin », indique Mark Dove, responsable du magasin.

Pour expliquer ce succès, il invoque à la fois un emplacement de choix - l'autoroute A3, qui conduit directement au centre de Londres, se trouve à quelques encablures - et un savant mélange de catégories de clientèle dans cette banlieue plutôt huppée du sud de la capitale. « Le climat de récession actuel ne pèse pas sur nos ventes, estime-t-il. S'il est vrai que les Britanniques déménagent moins souvent, ils n'ont pas renoncé, pour autant, à leur désir de redécorer leur intérieur. » Véritable flagship (navire amiral), l'unité de New Malden joue surtout le rôle de prototype « développement durable » de l'enseigne.

Le groupe britannique, qui est l'une des douze entreprises au Royaume-Uni à avoir obtenu l'accréditation Carbon Trust Standard, souhaite réduire de moitié ses émissions de CO2 à New Malden par rapport aux autres points de vente B et Q. Une ambition qui devrait le rapprocher de son objectif de parvenir à zéro émission à l'horizon 2012. Et le groupe a déployé les grands moyens.

L'isolation à prix cassé

Dès l'extérieur, les visiteurs peuvent apercevoir une turbine à vent de 35 mètres, la plus haute jamais intégrée dans un bâtiment au Royaume-Uni. Le groupe a aussi installé une pompe à chaleur géothermique qui récupère l'énergie directement contenue dans le sol. L'éclairage du magasin, assuré par un système photovoltaïque transformant la lumière solaire en électricité, n'échappe pas non plus à cette vague verte. Sans oublier les panneaux solaires et un toit planté de sédum, plante qui a la particularité d'absorber le dioxyde de carbone. Le tout pour un investissement de 2,25 millions d'euros.

Si la tendance écologique est apparente dans l'infrastructure du magasin, les allusions se font plus discrètes dans les rayons. On peut y apercevoir des petites affiches « One Planet Living », désignant 2 000 articles à faible consommation d'énergie. « Notre département éclairage comporte 50 % de produits en plus que le reste de nos points de vente, dont une grande partie d'ampoules à basse consommation », explique Mark Dove. Les versions écologiques constituent actuellement 18 % des ventes d'ampoules toutes catégories confondues pour l'ensemble des B et Q et ne cessent de prendre des parts de marché.

Une segmentation empruntée à Castorama

Conjoncture oblige, l'enseigne n'hésite pas à casser les prix sur certains produits verts. « À l'occasion de l'ouverture, nous avons proposé à la vente des rouleaux d'isolation pour 1 livre sterling, explique Mark Dove. En moyenne, il faut une vingtaine de rouleaux pour isoler une maison, ce qui signifie qu'un achat de 20 £ permet d'économiser 200 £ sur sa facture de chauffage. » Le succès est au rendez-vous : sur le million de rouleaux offerts, les deux tiers ont déjà été vendus.

Ce magasin réunit les dernières nouveautés de l'enseigne : empruntés à Castorama, des podiums de style rassemblant des objets et accessoires - coussins, rideaux - de même tendance sont renouvelés toutes les six semaines. Deux architectes d'intérieur sont disponibles pour conseiller la clientèle en matière de décoration. La surface permet d'élargir les gammes - 35 000 produits, contre 26 000 dans un magasin traditionnel - et d'augmenter le nombre de showrooms. On y observe 37 salles de bains et un espace non négligeable est accordé aux chambres. Depuis la faillite de l'enseigne de meubles et cuisines MFI (LSA n° 2072), « B et Q voit dans les chambres une opportunité de développement », explique Mark Dove.

Le groupe, qui souhaite en faire l'un de ses deux à trois points de vente les plus rentables, se donne quelques mois pour évaluer l'hypothèse d'un développementdu concept. Dans l'intervalle, le magasin finalise un espace en sous-sol dédié aux professionnels. En promettant déjà quelques surprises.

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