Marchés

Baisse des prix à double tranchant dans la charcuterie

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Les ventes de charcuterie progressent en volume, mais les industriels français sont inquiets pour leur avenir.

Les chiffres sont là pour le rappeler, les Français sont de grands amateurs de charcuterie : les volumes ont progressé de 1,9 % en 2009. La tendance se confirme sur les cinq premiers mois de 2010 (+ 2 %). Cet engouement profite à la charcuterie à base de volaille (+ 9,5 %) et au jambon sec (+ 4,2 %), alors que pâtés (- 1,1 %) et boudins (- 1,5 %) sont en net recul.

Pour autant, la résistance de la consommation ne saurait masquer les difficultés du secteur. Pour la première fois depuis neuf ans, le chiffre d'affaires de production a chuté de 7,9 %, à 6,6 milliards d'euros. Lors des assises nationales de la Fédération française des industriels charcutiers (FICT), Robert Volut, son président, s'est inquiété : « Avec un recul de la valeur ajoutée à 19,7 %, la rentabilité de notre industrie ne cesse de diminuer. »

 

Concentration industrielle

De fait, les entreprises du secteur ont été confrontées à une baisse du prix moyen de vente de 8,3 %, consécutive à la baisse du prix de la viande de porc, principale matière première de la filière, à l'application de la loi de modernisation de l'économie et aux appels d'offres pour des MDD. En cours d'examen, le projet de loi de modernisation agricole est un autre sujet d'inquiétude pour cette industrie qui réalise 85 % de ses achats de viande de porc en France.

En outre, le déficit commercial s'est encore creusé de 8,4 % à 225 millions d'euros, principalement avec l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. Selon la FICT, cette situation s'explique par les importations massives de jambon sec, notamment de Parme et de Serrano. Dans ce contexte, le secteur continue de se concentrer : le nombre d'entreprises recensé par la FICT est de 340 en 2009, en baisse de 10 % sur dix ans. 24 % d'entre elles réalisent 80 % du tonnage. Seule bonne nouvelle, les effectifs (37 561 salariés) ont augmenté de 7,1 % en une décennie.

 

Les plus fortes croissances en volume en 2009

- Charcuterie de volaille + 9,5 %

- Jambon sec + 4,2 %

- Saucisses à gros hachage + 3,7 %

- Lardons + 2,8 %

- Jambon cuit + 2,5 %

Source : FICT

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