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Barbie fait le buzz en bleu de travail

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Exit le légendaire rose Barbie ! Loin de la vie rêvée de la blonde poupée de Mattel, deux ONG, Peuples Solidaires et China Labor Watch, ont lancé une campagne de communication baptisée "Barbie ouvrière" dénonçant les conditions de travail dans les usines chinoises du groupe américain. Un nouveau "Barbie bad buzz"...

la "Barbie Ouvrière" de Peuples Solidaires

Barbie n'en finit pas de faire le buzz. Après le battage médiatique, l'an dernier, sur une improbable Barbie Drag Queen, c'est Barbie Ouvrière qui, cette année, fait la une. Une nouvelle référence de la poupée aux mille métiers ? Loin de là, il s'agit d'une opération de communication orchestrée par l'association Peuples Solidaires et qui vise à sensibiliser les consommateurs sur les conditions de travail des ouvriers chinois dans les usines de Mattel.

Dix-huit infractions à la loi chinoise ou à l'éthique selon les ONG
Au départ de la campagne de communication, un rapport de China Labor Watch diffusé en octobre dernier a relevé 18 violations à la loi chinoise ou à l'éthique dans des sites de production de jouets Mattel en Chine. L'ONG a infiltré six usines et expérimenté, en conditions réelles, les cadences et l'environnement de travail. Un bilan consternant : selon China Labor Watch, les ouvriers travaillent 13 heures par jour, sept jours sur sept, manipulant des produits dangereux sans protection, entassés dans des dortoirs avec, en prime, des heures supplémentaires non payées et des cotisations retraites non versées. "Des employeurs "économisent" ainsi 13% du salaire de chaque employé en omettant de cotiser pour leur retraite, bien que cela soit obligatoire", pointe ainsi Peuples Solidaires.

Une "Barbie Ouvrière" grandeur nature
L'association a mis en place une pétition en ligne, qui totalise déjà quelque 62 000 signatures, accompagnée d'opérations "coup de poing". Ainsi, mardi 10 décembre, l'ONG a distribué des tracts et installé devant les grands magasins une poupée grandeur nature, habillée en bleu de travail et baillônnée, nichée dans une boîte rose à l'image des vraies Barbie mais avec des slogans autrement plus détonnants que les habituels argumentaires de Mattel : "13h de travail par jour", "salaire de misère", ou encore "fonctionne sans protection sociale". D'autres opérations de communication sont prévues par l'ONG dans plusieurs grandes villes de province. De quoi assombrir le légendaire rose Barbie...

Pas d'appel au boycott
Chez Peuples Solidaires, cette campagne vise surtout à obliger les acteurs du jouet à améliorer la situation des ouvriers. L'ONG n'appelle d'ailleurs pas au boycott des poupées "qui conduirait à la fermeture des usines et la perte d'emplois pour des milliers d'ouvriers". Alors pourquoi pointer spécifiquement la blonde égérie de Mattel ? "Parce que Barbie est un jouet iconique et Mattel le leader mondial du secteur. Mais la plupart des grands fabricants, en plus de leurs usines en propre, doivent faire appel à des sous-traitants pour pouvoir gérer la forte saisonnalité du jouet. Et là, le donneur d'ordres n'a pas forcément le contrôle sur les méthodes qui s'y pratiquent... quand ils ne les ignorent pas purement et simplement", explique un concurrent.

Et probablement pas d'impact sur les ventes
Quelles répercussions alors auprès des consommateurs ? "Comme à chaque fois, il y aura des répercussions négatives sur l'image du jouet et de la Chine. Or, les conditions de travail, même si elles laissent encore à désirer, s'améliorent dans ce pays. De même, avec le rendez-vous annuel de Noël, le jouet est emblématique pour ce type d'actions. Mais il serait bon aussi de mener des enquêtes sur d'autres catégories : petit électroménager, arts de la table, chaussures, produits high tech... Il n'y a pas que les jouets qui sont fabriqués en Chine !", s'agace un fabricant. Plus philosophe, un distributeur commente : "Ces associations profitent de la médiatisation autour de Noël pour essayer de faire bouger les lignes. Mais, en magasin, l'impact sera très limité : les parents veulent un cadeau à offrir. Et ils le veulent conforme aux normes de sécurité et pas trop cher." Les bons sentiments à l'épreuve du porte-monnaie...

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