Marchés

Benoît Hamon envisage l'interdiction de la commercialisation des OGM

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Benoît HAMON, ministre délégué en charge de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation, recevra dans un mois les conclusions du rapport de l’Anses et du HCB, qui pourrait l'amener à interdire purement et simplement la commercialisation des produits de consommation contenant des organismes génétiquement modifiés.

Benoit Hamon

On devrait connaître dans un mois ce que le ministre de la Consommation, Benoît Hamon, proposera en matière de commercialisation et d'importation des produits contenants des organismes génétiquement modifiés en France. En lien avec les ministères concernés, il a saisi l’Anses (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) et le HCB (Haut Conseil des Biotechnologies) pour analyser la robustesse scientifique de l’étude menée par le Professeur Gilles-Éric Séralini, qui met en cause l’innocuité à long terme du maïs transgénique NK 603 sur les rats. Laquelle reste très contestée par les scientifiques, notamment américains et anglais, qui indiquent que les rats utilisés par Séralini sont très sensibles à l'apparition de tumeurs, même sans consommer d'OGM.

Etude contestée par des scientifiques

Le lobby des biotechnologies végétales (IBV) en France est monté au créneau en rappelant que «de très nombreuses études sur les effets à long terme des OGM sur la santé des animaux - rats, porcs, volailles,…- ont déjà été menées et ont montré que les aliments OGM étaient aussi sûrs que les aliments non OGM. Par ailleurs, de très nombreux animaux domestiques dans le monde entier consomment sans problème des OGM depuis 1996», souligne Philippe Gracien. L'IBV attend également l'étude pour en mesurer la valeur méthodologique, ainsi que les conclusions de l'Anses, l'agence de sécurité sanitaire française dirigée par un ancien de Pasteur, Marc Mortureux, et de l'Efsa (European food safety authority), l'agence basée à Rome basée à Rome, qui a déjà indiqué que "les résultats scientifiques parleront pour eux-mêmes".

Menaces sur la commercialisation des OGM en vue

Pour l'industrie alimentaire et pour l'agriculture, il s'agit potentiellement d'une bombe, au niveau français et éventuellement au niveau international, puisque l'agriculture à base d'organismes génétiquement modifiés est de plus en plus répandue. Si la méthodologie de l’étude «Séralini» est validée et confirme l’existence d’un risque lié au maïs transgénique NK603, le ministre délégué en charge de la Consommation saisira, "sans délai", la Commission européenne en vue d’interdire l’importation de cet OGM en Europe et d’en suspendre la commercialisation en France. Benoît Hamon rappelle également l'existence "d’un étiquetage volontaire «sans OGM» qui permet d’identifier des produits sans OGM et d’exercer ainsi un choix parmi l’ensemble des produits à la vente".

Le ministre rappelle l'étiquetage "sans ogm"

Il existe précisément depuis le 1er juillet dernier. C'est son prédécesseur, Frédéric Lefebvre, qui, a la surprise générale et dans la dernière ligne droite avant la présidentielle, qui a signé le décret autorisant cet étiquetage, après 14 années de blocage, tant par les gouvernements de droite comme de gauche. L'industrie alimentaire avait vivement réagi à cette autorisation, de nature à jeter l'opprobe et la suspicion sur les autres produits à la consommation. Une interdiction totale entraînerait pour les transformateurs des surcoûts considérables, en contrôles ou en raison de la difficulté de trouver des matières premières sans ogm pour leurs besoins.

300 produits Carrefour "non ogm"

Benoît Hamon souligne que les services de la DGCCRF effectuent régulièrement des contrôles destinés à vérifier la conformité de l’étiquetage des denrées alimentaires et à s’assurer de l’absence de traces d’OGM non autorisées. Dans les magasins, des enseignes comme Carrefour proposent déjà des centaines de produits étiquetés sans ogm. L'enseigne avait été pionnière dans la lutte contre les OGM dans les années 2000, en aidant des transformateurs à s'approvisionner en céréales non-ogm avec des tankers spécialisés et des contrôles ad hoc.

96 % des Français opposés aux OGM

Mais devant la difficulté à éviter les seuils de présence de résidus d'organisme génétiquement modifiés, elle a renoncé ou du moins cesser la médiatisation du soutien à cette politique. Récemment, Carrefour a toutefois fait réaliser un sondage où il apparait que 96 % de la population reste opposée à la présence d'ogm dans l'alimentation. Nul doute que pour les enseignes, le sujet va redevenir stratégique et va peser sur le climat des relations commerciales avec les fournisseurs, déjà tendu par les hausses de prix.

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