Bernie Sanders attaque Amazon avec son projet de loi stop Bezos

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Le sénateur américain a déposé au Sénat le 5 septembre un projet de loi, baptisé stop Bezos, qui vise à imposer les entreprises américaines de plus de 500 salariés dont les collaborateurs touchent des aides d'Etat faute d'un salaire suffisant, comme Amazon. 

Bernie Sanders
Bernie Sanders© Wikemedia Commons

[Mise à jour du 06/06/2018] Le sénateur américain du Vermont et ex-candidat à la présidentielle Bernie Sanders a déposé le 5 septembre devant le Sénat américain un projet de loi qui propose d'imposer les entreprises américaines de plus de 500 salariés dont les collaborateurs touchent des aides d'Etat faute d'un salaire suffisant.

Son nom ne maque pas d'ironie : le texte a été baptisé stop Bad Employers by Zeroing Out Subsidies, pour stop Bezos, le patron d'Amazon. Bernie Sanders cible directement avec ce projet de loi le géant de l'e-commerce, qui vient de franchir quelque semaines après Apple la barre des 1000 milliards de dollars de valorisation boursière, mais également Walmart. 

Le texte prévoit que chaque société paye 100% de ces aides en impôts. Si l'un des employés de Walmart perçoit par exemple 300 dollars d'aide alimentaire fédérale chaque mois, le distributeur américain payera l'équivalent en taxes. L'objectif : faire baisser pour les contribuables la facture des aides sociales fédérales, aujourd'hui totalement financée par leurs impôts.

Bernie Sanders avait lancé la semaine précédente une pétition adressée à Jeff Bezos. Il demande au PDG d'Amazon d'améliorer les conditions de travail et la rémunération des salariés de ses entrepôts, rapporte le Washington Post.

Un salaire horaire moyen de 15 dollars dans les entrepôts US d'Amazon

Cette proposition de loi est liée à un article publié au mois d'avril 2018 par la New Food Economy, un média à but non lucratif selon lequel des milliers de salariés d'Amazon dépendent pour joindre les deux bouts du Supplemental Nutritional Assistance Program, un programme d'assistance alimentaire fédéral. Un employé sur trois en Arizona et environ un sur dix en Pennsylvanie et dans l'Ohio reçoivent des coupons alimentaires selon le document. En parallèle, la branche américaine d’Amazon a reçu depuis 2000, en échange de l'implantation de ses entrepôts et de ses data centers dans différents Etats des USA, des aides fiscales qui mises bout à bout atteignent au moins 1,115 milliard de dollars selon l’organisation à but non lucratif Good Job First (l'ONG estime les montants des subsides destinées aux centres de distribution et aux data centers du géant de l’e-commerce).

Ces chiffres ne sont pas représentatifs a indiqué une porte-parole de l'entreprise au Washington Post car ils incluent des personnes qui n'ont travaillé pour Amazon que sur de courtes périodes ou qui occupent un poste à temps partiel. "Nous avons des centaines de propositions d'emplois à temps plein mais certains salariés préfèrent travailler à temps partiel pour avoir un emploi du temps flexible ou pour des raisons personnelles", indique-t-elle. La société a contribué à créer 130 000 emplois dans le monde en 2017. Le salaire horaire moyen pour un plein temps dans ses entrepôts américains est de plus de 15 dollars lorsque les bonus incitatifs et les actions touchées par les salariés d'Amazon sont inclus.

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