Marchés

BHV, du quincaillier lyonnais au luxe accessible mondial

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Le BHV fête en cette année 2016 ses 160 ans. Une histoire riche qui, comme c’est souvent le cas, épouse celle, sinueuse, de la destinée du pays.

BHV

A l’origine, un quincaillier malin. Lyonnais de surcroît… Son nom ? Xavier Ruel qui, en 1852, décide de « monter » à Paris avec femme et enfants. Il achète un stock de bonneterie et recrute une armée de camelots pour écouler sa marchandise dans tout Paris. Très vite, il s’aperçoit que, quel que soit le vendeur concerné, celui affecté dans le quartier de l’Hôtel de Ville obtient toujours les meilleurs résultats…

En bon commerçant, Xavier Ruel se met alors en quête d’un local dans le coin, afin d’y sédentariser son affaire. Va pour la rue de Rivoli, alors, dans un lotissement en construction. Quelques années plus tard, en 1855, la chance s’en mêle. L’impératrice Eugénie passe devant sa boutique.

Descend-elle et s’émerveille-t-elle devant les marchandises ? Non, quand même pas. L’épouse de Napoléon III ne sort pas de son carrosse. Seulement, les chevaux de son attelage s’emballent et, n’écoutant que son courage, Xavier Ruel intervient pour les maîtriser, évitant ainsi tout drame potentiel. L’impératrice peut s’en retourner à son palais, le cœur battant, mais indemne. Et du cœur, elle en a, Eugénie, puis­qu’elle se souvient de cet homme qui l’a « sauvée », et lui accorde une généreuse récompense.

Gloire, déclin, renouveau

Avec cet argent tombé du ciel, Xavier Ruel agrandit son affaire. Le Bazar de l’Hôtel de Ville est né. Le principe ? Des prix fixes, et non plus « à marchander ». Et cette liberté de déambuler, ­aussi, tellement nouvelle. Le commerce moderne, en somme. Le Printemps, en 1865, La Samari­taine en 1866, Les Galeries Lafayette en 1894. Le modèle essaime. Le BHV, lui, se développe.

Quand Xavier Ruel meurt, en 1900, son entreprise emploie déjà 800 personnes. Les décennies qui passent voient ensuite le BHV emprunter les méandres, sinueux, de la destinée du pays. Guerre de 14, crise de 29, Seconde Guerre mondiale. Puis le renouveau des années 60. Les Trente Glorieuses. La consommation reine.

Le BHV en profite à plein, ouvrant à tout-va, à Paris, rue de Flandre, mais aussi au sein des centres commerciaux qui partout fleurissent, Parly, Belle Épine, Rosny, Créteil, et bien sûr un peu partout en province… En tout, jusqu’à une trentaine de boutiques. Une expansion pas forcément maîtrisée.

Les années suivantes sont celles du déclin. Le BHV entre au capital du groupe Galeries Lafayet­te en 1991 et disparaît un peu des écrans radar. Les fermetures se succèdent. On ne compte plus aujourd’hui que quatre BHV en France. Le chiffre d’affaires tombe aux alentours de 400 millions d’euros. Mais voilà que, désormais, sonne l’heure du grand retour. Nouvelle appellation – BHV Marais – et nouvelles ambitions. La boutique parisienne se refait une beauté, prend un virage luxe-premium « accessible » plus marqué, et entend même partir à la conquête de l’étranger, avec une ouverture prévue à Dubaï en septembre 2016.

BHV en dates

  • 1856 Création du Bazar de l’Hôtel de Ville, à Paris
  • 1900  Décès du fondateur, Xavier Ruel. Le BHV compte alors 800 employés
  • 1964 2e magasin à Paris. Puis jusqu’à une trentaine en France
  • 1991 BHV est repris par le groupe Galeries Lafayette
  • 2013 BHV devient BHV Marais

BHV en chiffres

  • 4 BHV Marais en France, plus 1 à Beyrouth (Liban)
  • 421 M€ de CA en 2015*
Source : *estimation LSA, Top 100 de la distribution 2015 

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