Bientôt une loi sur les produits sucrés vendus outre-mer?

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Une proposition de loi du groupe PS pour interdire la différence de taux de sucre entre les produits vendus en outre-mer, notoirement plus sucrés, et ceux vendus dans l'Hexagone, est examinée ce mercredi 27 mars à l'Assemblée nationale.

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Assemblée Nationale© AN 2008

Cette proposition de loi socialiste avait été défendue en octobre 2011 par Victorin Lurel, alors député de Guadeloupe. Ce texte avait été repoussé de justesse par 199 voix contre 190, des députés centristes et UMP ayant soutenu cette question de santé publique.

M. Lurel étant devenu ministre des Outre-mer dans le nouveau gouvernement, c'est sa suppléante Hélène Vainqueur-Christophe qui prend le relais et en sera la rapporteure. La réinscription de cette proposition de loi était un engagement de campagne de François Hollande. L'objet du texte vise à "mettre fin à une injustice qui frappe les consommateurs ultra-marins", affirme dans un communiqué Mme Vainqueur-Christophe, en rappelant que "l'épidémie d'obésité et de surpoids touche de plein fouet les populations ultramarines".

Certains sodas vendus outre-mer comme le Fanta contiendrait selon le rapport 47% de sucre en plus que ceux vendus en Métropole. Le but du rapport serait d'interdire les différences de taux de sucre entre les produits vendus outre-mer et en Métropole. 

A titre d'exemple, "en Guadeloupe, 8,9% des enfants de 5 à 14 ans souffrent d'obésité et 14% de surpoids. En Polynésie française, ces pourcentages sont respectivement de 17,6% et de 14,5%", selon l'exposé des motifs du texte.

Problème d'obésité

De même, "l'obésité concerne en Guadeloupe 23% des adultes et le surpoids 31,7%. En Polynésie française par exemple, ces taux sont respectivement de 33% et 34,4%", selon la proposition de loi. "Ces taux sont à comparer avec ceux observés dans l'Hexagone: l'obésité concerne 16% des adultes. Ce sont donc 25% des enfants et adolescents et plus d'un adulte sur deux qui sont touchés par des problèmes de surcharge pondérale dans les régions d'outre-mer", mettent en garde les députés socialistes.

"Si l'on se penche sur les causes potentielles de ces chiffres alarmants, les consommateurs ultramarins peuvent constater que plusieurs produits de consommation courante (spécialités laitières, sodas) ont une concentration en sucre supérieure à celle des mêmes produits de marques identiques vendus en France hexagonale", souligne la future rapporteure.

"Si certains avancent que des facteurs culturels, sociaux ou économiques expliquent en partie ces différences, il ne faut pas sous-estimer la responsabilité des industriels de l'agroalimentaire dans la progression de ce fléau qu'est l'obésité", assène-t-elle.

Le gouvernement Fillon avait privilégié la voie de la négociation avec le secteur agroalimentaire. "Depuis, rien n'a évolué", a déploré Mme Vainqueur-Christophe.

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