Big Data : enseignes françaises gardez la main! [Tribune]

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

TRIBUNE D'EXPERTS Alors que les consommateurs fournissent de plus en plus d’informations aux enseignes à travers les questionnaires, cartes de fidélité et réseaux sociaux notamment,Jean-Bernard Della Chiesa, directeur associé Barthel & Shunck Consulting (AlizNet Group), cabinet de conseil spécialisé dans la distribution et le textile,alerte les enseignes françaises sur la montée en puissance des géants du net et des groupes de cartes bancaires qui ont la volonté, la capacité technologique et la puissance financière pour subtiliser ces donnéest décider ensuite de les conserver pour leur propose usage, ou bien de les revendre à prix d’or… à ces mêmes enseignes !

Jean-Bernard Della Chiesa, directeur associé Barthel & Shunck Consulting (AlizNet Group), cabinet de conseil spécialisé dans la distribution et le textile.
Jean-Bernard Della Chiesa, directeur associé Barthel & Shunck Consulting (AlizNet Group), cabinet de conseil spécialisé dans la distribution et le textile.©SIDNEYKWANONE.COM
Pour l’heure, le niveau de complexité mathématique, le marché concurrentiel, le contexte économique actuel qui restreint les investissements ou encore le ROI trop lent, sont autant de critères qui freinent les enseignes à investir dans l’exploitation de leur Big Data. Pourtant, il est primordial de comprendre que si les enseignes ne prennent pas la main sur leurs données clients, ces dernières vont tomber dans l’escarcelle d’autres acteurs, engendrant alors une perte significative de leur valorisation. 
 
Connaître son client, le b.a.-ba du commerce
 
Pour vendre un bien ou un produit il faut connaître les attentes et besoins de ses clients. Et aujourd’hui, ces derniers fournissent généralement eux-mêmes ces éléments, que ce soit sur les réseaux sociaux, lors de l’ouverture de carte fidélité ou via leurs achats sur le net. Il faut alors savoir les trier, les étudier et les analyser pour favoriser l’acte d’achat. Or, les enseignes n’en ont pas toujours les moyens techniques et financiers et ne disposent donc pas de toutes les informations utiles qui leur apporteraient une connaissance accrue de leurs consommateurs et donc des opportunités de ventes supplémentaires.
En effet, on assiste actuellement à une prise de pouvoir de plus en plus conséquente par les géants du net et les groupes bancaires. Les enseignes sont confrontées à un cas de figure sans précédent : tout avoir et savoir sur leurs clients, ou paradoxalement ne plus rien avoir du tout. Elles doivent donc rapidement agir !
 
Big Data : un vol immatériel sans précédent !
 
Aujourd’hui, alors que les critères de renseignements sont de plus en plus nombreux et les informations de plus en plus riches et précises, les enseignes françaises collectent ces informations sur des logiciels qui ne leurs appartiennent pas et qui sont communs à d’autres sociétés. Ces fichiers clients attisent donc la convoitise de nombreuses entreprises, notamment les géants du net et les groupes de cartes bancaires qui collectent des milliards de donnés. C’est pourquoi des mastodontes internationaux comme Apple ou Google ont lancé leur propre système de paiement avec Apple Pay et Google Wallet. En devenant acteur du paiement, ces entreprises ne diffusent pas d’information sur la transaction. Les enseignes perdent alors la connaissance de leurs clients, des produits achetés et ainsi toute leur capacité à les cibler et à les relancer.
 
D’après IBM, 90% des informations générées sur Terre ont été produites au cours de ces deux dernières années. On peut donc affirmer qu’on assiste à une montée en puissance fulgurante de la dématérialisation grâce à l’expansion du e-commerce, les réseaux sociaux, le téléphone portable ou encore la géolocalisation. C’est grâce à elle qu’on observera bientôt une captation des informations clients des enseignes françaises et à leur revente à ces mêmes entreprises… à des prix très élevés. Mais ce n’est pas la seule possibilité, car, dans le pire des cas, ces données ne seront pas revendues, leurs nouveaux propriétaires préférant en garder l’usage !
Autrement dit, ne pas investir dans le Big Data aura pour conséquence, non seulement la perte des fichiers clients mais surtout la dépendance irréversible de l’enseigne… sauf si cette dernière a la certitude d’avoir une offre totalement différenciante qui ne la contraint pas à dépendre de ce type de données. 
 
Les enseignes françaises doivent maîtriser leur capital immatériel
 
Pour les enseignes françaises qui se décideront à investir massivement dans le Big Data, cela engendrera un bouleversement dans l’organisation de l’entreprise. Il faudra adopter une autre façon de voir les choses, et accepter un renversement économique de l’entreprise. Cela nécessitera également des profils marketing ouverts à cette vision de Big Data, et davantage tournés vers la personnalisation et le temps réel. Le tout est de savoir si elles souhaitent s’en occuper seules, en investissant dans une licence informatique pour gérer leur Big Data, ou en laisser la responsabilité à un tiers.
 
Pour résumer, il est nécessaire d’investir aujourd’hui, pendant qu’il est encore temps, pour sauver ses informations clients et l’avenir de son enseigne. Même si l’investissement est conséquent, le rachat de ses propres données, s’il est encore possible de le faire, le sera d’autant plus et ramènera l’entreprise au point de départ.
Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.
X

Recevez chaque matin tous les faits marquants sur les stratégies digitales, omnicanales et e-commerce des distributeurs et sur les solutions technologiques conçues pour les accompagner.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA