Bigard se fait une place sur la scène européenne

|

Acquisition - En intégrant Socopa, Bigard va passer de 25 à plus de 40 % de l'abattage de boeuf en France. Il devient un acteur de taille européenne, en pleine vague de réorganisation du marché de la viande.

Un an après avoir avalé Charal, Bigard a annoncé l'acquisition de Socopa au milieu de l'été. L'opération, qui doit encore être validée par la DGCCRF, devrait donner naissance, au 1er janvier 2009, à un « leader européen en viande bovine » et à « un nouvel acteur lourd en viande porcine », selon les termes des deux sociétés. L'opération est impressionnante : la nouvelle entité devrait afficher un chiffre d'affaires d'environ 4,5 milliards d'euros (2,5 milliards espérés en 2008 pour Bigard, 2 millliards en 2007 pour Socopa) et commercialiser 1,2 million de tonnes de viande, majoritairement de boeuf, mais aussi de porc, de veau et d'agneau. Les raisons du rapprochement ont été clairement annoncées par Bigard et Socopa : le secteur de la viande, « véritable industrie lourde avec des investissements considérables et de très gros besoins en main-d'oeuvre [...], outre le risque permanent d'une crise sanitaire, n'a pas grande aptitude à dégager une rentabilité satisfaisante ».

Le choix des marques

Avec ce rachat, Bigard, installé à Quimperlé (Finistère), générera plus de 40 % de l'abattage français de boeuf, contre 25 % auparavant. De quoi renforcer sa position d'acteur incontournable pour la grande distribution. L'intérêt du rapprochement réside aussi dans le développement de marques et de produits à forte valeur ajoutée, plus rémunérateurs que l'abattage. Les marques sont en progression, à contrecourant d'un marché de la viande de boeuf en déclin régulier.

Bigard, déjà propriétaire de la marque éponyme, pourra maintenant s'appuyer sur Valtero. Acquise durant l'été 2007, Charal, très présente sur les élaborés, est emblématique de cette recherche de dynamisme. Selon les données Iri (CAM au 27 juillet 2008), le secteur des viandes élaborées a progressé de près de 10 % en volume, et de 4,6 % en valeur. À l'instar de la filière, Bigard devra résoudre certaines faiblesses pour retrouver de la valorisation. « Il faut repenser le merchandising autour la viande. La marque est l'une de ces composantes, le mix-marketing est aussi à repenser. Exemple, les dénominations de vente sont passéistes » et peu lisibles pour les consommateurs, selon un observateur du secteur.

Résister à la concurrence

Au-delà des linéaires, l'achat du numéro deux français de la viande bovine par le numéro un obéit à une logique industrielle. « Socopa rencontrait des difficultés, nous nous attendions à ce qu'il se passe quelque chose », note Pascal Souzy, secrétaire fédéral de la FGA-CFDT. En France, la consommation est en baisse, et il y a une surcapacité d'abattage par rapport au cheptel existant. Mais la reprise de Socopa par Bigard est bénéfique. Elle va permettre d'avoir un leader français au niveau européen. Avec 40 sites industriels et 17 000 salariés, le nouvel ensemble sera un acteur de poids. » Cependant, il craint la fermeture de certaines unités.

Créé en 1968, Bigard s'est hissé à la première place de la viande bovine en France via une importante politique de croissance externe initiée en 1995 (voir graphique). Mais la concurrence étrangère ne s'est pas assoupie, à l'image du récent rachat de la société écossaise Grampian par le groupe néerlandais Vion. Bigard n'avait d'autre choix que grossir.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2054

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Appels d’offres

Accéder à tous les appels d’offres

X

Recevez chaque semaine l’essentiel de l’actualité des marchés, des distributeurs et des fournisseurs de produits alimentaires.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA