Bilan d’une année boursière « compliquée »

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Si les valeurs américaines ont globalement profité d’une belle année 2014, ce ne fut pas le cas de tous les groupes européens. Et notamment ceux de l’alimentaire, glissant dans le sillage de Tesco, qui donne le  « la » du secteur. 

Les valeurs américaines ont traversé 2014 très sereinement. Ce qui est loin d’être le cas pour les européennes… « Le marché américain a été caractérisé par la reprise de l’inflation, quand, a contrario, l’Europe est entrée en phase de déflation sur l’alimentaire », pointe ainsi Pierre-Édouard Boudot, analyste chez Natixis. Ajoutez à cela une situation économique qui diffère largement d’un côté à l’autre de l’Atlantique, et vous avez là un premier facteur d’explication : une hausse globale des valeurs boursières aux États-Unis, une baisse en Europe.

Mais pas partout en Europe… « Ahold et Delhaize se sont démarqués, avec des performances boursières positives. Les deux ont clairement profité de leur exposition aux États-Unis : Ahold réalise, en effet, 58% de son résultat opérationnel dans ce pays, et Delhaize 69%. » Ces deux-là font figure d’exception dans l’alimentaire. Pour le reste, c’est recul généralisé ou presque… « Et ce, dans le sillage de Tesco, qui, en la matière, joue un peu le rôle de boussole, donnant le la des cotations pour les autres groupes », explique Nicolas Langlet, également analyste chez Natixis.

La faute au hard-discount britannique

Pour comprendre le cas Tesco, il faut avoir en tête la bataille faisant rage outre-Manche : le hard-discount y effectue une percée spectaculaire, venant mettre à mal la stratégie des acteurs traditionnels. Autant dire, d’ailleurs, qu’à la suite du changement de management chez Tesco, avec le remplacement de Philip Clarke par Dave Lewis, les regards vont être braqués sur la stratégie du géant britannique : trouvera-t-il son salut en s’engageant dans la bataille des prix comme il vient de l’annoncer ? Une bonne partie de l’année boursière 2015 du secteur pourrait dépendre de la réponse à cette question.

Quoi qu’il en soit, dans ce contexte, les performances de Carrefour (- 12% sur l’année) et Casino (-8%) doivent être vues comme le signe d’une plutôt bonne résistance alors que les groupes alimentaires, en moyenne, ont subi une baisse de 20% sur l’année.

Le cas Casino est très intéressant, avec une année 2014 scindée en deux : « Le groupe a d’abord beaucoup bénéficié des perspectives liées à l’introduction en Bourse de CNova jusqu’à l’été 2014, avant que la situation ne se gâte un peu ensuite, analyse Pierre-Édouard Boudot. Ainsi, sur les six derniers mois de 2014, quand Carrefour est à - 10%, Casino est à - 21%. »

Ce qui pose, bien sûr, la question de 2015 : comment le cours de Casino va-t-il se comporter ? Et ce qui pose, aussi, la question des groupes d’e-commerce : 2014 a été marquée par de nombreuses introductions, dont Alibaba. Avec, dans le lot, quelques « opportunistes », attirés par la « bulle » des valeurs high-tech du premier semestre… Bulle qui, depuis, s’est un peu dégonflée. De quoi inciter à porter un regard acéré sur ces valeurs en 2015. Cela tombe bien : LSA, en partenariat avec Natixis, vous fournira, quotidiennement, sur son site, le détail des cotations des principaux groupes du commerce. 

Les groupes alimentaires à la peine

Évolution du cours boursier (%) des groupes de distribution physiques en 2014, arrêté

au 31.12.14, et cotation au 5 janvier 2015
Source : Natixis
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De nombreuses introductions dans l’e-commerce
 
Évolution du cours boursier (%) des groupes d’e-commerce en 2014 arrêté
au 31.12.14, et cotation au 5 janvier 2015
Source : Natixis

Le marché américain a été caractérisé par la reprise de l’inflation en 2014, quand, a contrario, l’Europe est entrée en phase de déflation sur l’alimentaire.

Pierre-Édouard Boudot, analyste chez Natixis

 

Les 4 idées à retenir

  • D’un côté l’Europe, de l’autre les États-Unis : selon que vous exerciez d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, la situation diffère largement.
  • Tesco en boussole des valeurs de l’alimentaire : ballotté par l’irruption du hard-discount sur le son marché, Tesco est en baisse, entraînant dans son sillage presque tout l’ensemble du secteur.
  • Casino particulièrement à suivre : le groupe a bénéficié au premier semestre des perspectives liées à l’introduction en Bourse de CNova, avant de davantage souffrir en fin d’année. Qu’adviendra-t-il en 2015 ?
  • Fnac qui rit, Darty qui fait la moue : l’année boursière des deux enseignes est en parfait miroir, avec un début d’année positif pour Darty, avant que cela ne se complique ensuite, et l’exact inverse pour la Fnac. Avec, aussi, des bases de comparaison faibles, favorables à la Fnac.

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Article extrait
du magazine N° 2349

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