Marchés

Bio, sans-sulfite et nouvelles étiquettes ont inondé Vinisud

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Cette année, le salon des vins de la Méditerranée, Vinisud, a fait la part belle à des nectars qui se valorisent par leur mode cultural – le bio –, par leur mode de vinification – le sans-sulfite –, ou par de plus beaux atours – blason, étiquette et forme de la bouteille.

Le salon des vins de la Méditerranée s’est déroulé du 15 au 17 février à Montpellier.
Le salon des vins de la Méditerranée s’est déroulé du 15 au 17 février à Montpellier.

« Dans le vin, on ne peut innover qu’une fois par an », rappelle Xavier Gomart, directeur général de la Cave de Tain l’Hermitage, dans les Côtes du Rhône. De fait, à la différence des yaourts ou des petits pois, le vin a ceci de très particulier qu’il n’y a qu’au moment de la vinification et de l’assemblage que l’on peut élaborer une nouvelle cuvée. Pour autant, lors du dernier Vinisud, le salon des vins de la Méditerranée qui s’est déroulé du 15 au 17 février dernier à Montpellier, de nombreux exposants ont fait goûter leurs nectars bio et/ou sans sulfite. Comme, d’ailleurs, l’équipe de la Cave de Tain qui faisait déguster un crozes-hermitage bio et sans sulfite. Une cuvée qui sera bientôt commercialisée chez Carrefour Bio. « Nous n’en avons que 5 000 bouteilles, explique Xavier Gomart. Mais c’est intéressant d’essayer d’élaborer des vins sans sulfite car cela permet de progresser sur nos autres vins pour diminuer encore plus les apports en soufre. Les vins sans sulfite sont un peu ce qu’est la F1 aux voitures : elle les fait progresser de façon incroyable. » Sur le stand du languedocien Gérard Bertrand, les visiteurs pouvaient voir les bouteilles d’un tout nouveau vin, un IGP coteaux de Narbonne. Baptisé Narbo Martius, soit le nom latin de la capitale audoise, ce nectar à la bouteille en forme d’amphore romaine est élaboré en partenariat avec la Cave de Neo Terra. « Cette marque a vocation à montrer le travail qualitatif de cette cave, tout en mettant en valeur cette IGP qui, pour le moment, ne dispose que de petits volumes », explique-t-on chez Gérard Bertrand. Le prix de vente conseillé montre d’ailleurs que ce n’est pas un petit vin : 7 € la bouteille.

Le prix du naturel

Toujours sur le même stand, l’une des vitrines mettait en avant Naturaé, la marque sans sulfite créée par le négociant languedocien en 2012. Avec un changement : en plus d’être sans sulfite, Naturaé est aussi bio. « Toute la gamme sera bio sur le millésime 2015, détaille Éric Lacombe, directeur commercial chez Gérard Bertrand. Nous en avons profité pour revoir l’étiquette, en la simplifiant et en enlevant le contour doré. » À l’arrivée, les consommateurs paieront 0,50 € de plus pour ce vin bio et sans sulfite, soit entre 5,50 et 6 €, selon le vin.

Quelques stands plus loin, Listel (Vranken/Castel) présentait la première version bio de son histoire. Depuis 1883, les raisins qui servent à élaborer les rosés Listel sont issus de vignes camarguaises, plantées sur le littoral méditerranéen et dans un parc naturel protégé. « Nous sommes à la fois “surveillés” par les ostréiculteurs et par l’Inra, dit Frédéric Pétrieux, du service marketing de Listel. Nous conduisons donc naturellement les vignes en viticulture biologique. » Reste la vinification, assez contraignante quand il s’agit de produire bio. C’est pourquoi Listel n’a vinifié en bio qu’une partie de ses 2 800 hectares de vignes. Là encore, Listel Bio sera un peu plus cher que le Listel classique, à environ 3,95 € le col. « Nous voulons accompagner le marché des vins bio qui, s’il est petit [1,8% des ventes de vin, NDLR], est dynamique, poursuit Frédéric Pétrieux. Il a crû de 15% en volume en 2015 pour atteindre 13 millions de cols. »

Mariage heureux

Mais tout n’est pas dans le vin. La bouteille et ­l’étiquette sont évidemment les premiers critères d’achat, surtout en GMS où le consommateur est le plus souvent livré à lui-même pour choisir sa bouteille. Alors, sur Vinisud, de nombreux exposants ont montré comment ils ont rénové leurs étiquettes. Ainsi, la cave des Beaumes de Venise et les Vignerons de Caractère, à Vacqueyras, ont célébré leur mariage voici un an. Premier fruit visible de cette union : un blason, Comptoir Daronton, qui sera appo­sé sur cha­que étiquet­te des crus de Rhonéa, le nom des deux entités réunies. Pourquoi Comptoir Daronton ? « Comptoir pour indiquer que c’est un voya­ge à travers les crus de la Rhône Méridionale. Daronton car c’est l’anagramme formée à partir des premières lettres des fondateurs de nos deux caves. Et puis, un blason, c’est rassurant », explique Rickman Haevermans, directeur marketing de Rhonéa, premier producteur de crus de la Vallée du Rhône (1 140 ha et 7 millions de bouteilles).

De son côté, Cellier des Dauphins prépare activement son demi-siècle d’existence. La marque a soigneusement peaufiné son étiquette qui « n’avait pas changé depuis dix ans, souligne Catarina Estèves, responsable marketing de l’Union des vignerons des Côtes du Rhône. Nous avons revu l’ensemble des éléments de l’étiquette pour que la marque gagne en élégance et en modernité. Cela se traduit aussi par une nouvelle bouteille, plus haute et affinée. » Certes, le change­ment n’est pas révolutionnaire car il ne fallait pas perturber les clients fidèles de cette signature vendue à 12,8 millions d’exemplaires et qui continue de croître, de 4,2% en 2015.

Redessinée Colonie nîmoise Blason pour crus méridoniaux
La marque Cellier des Dauphins Prestige se modernise. Son étiquette a été redessinée pour mieux hiérarchiser les éléments de statut: la marque, l’identification des gammes, le blason qui a gagné en sobriété. Les costières-de-nîmes ont le vent en poupe. La Compagnie Rhodanienne (groupe Taillan) a baptisé le sien Colnem, « colonie nîmoise » en latin. Il existe dans les trois couleurs, et on le retrouvera lors des foires aux vins. Les Gigondas, Beaumes de Venise, Vacqueyras et autres Plan de Dieu de la cave Rhonéa vont bientôt arborer un même blason, Comptoir Daronton.

 

Fin de nuit

 

Hommage aux Romains

 

Vêtu de vert

Les Producteurs Plaimont lancent un côtes-degascogne haut de gamme, Terre de Nuit. Les vendanges se sont déroulées durant la nuit ou tôt le matin pour garder toute la fraîcheur du vin. Gérard Bertrand lance Narbo Martius, le nom latin de Narbonne. C’est un IGP Côteaux de Narbonne, issu de la cave de Neo Terra qui a noué un partenariat avec Gérard Bertrand. Listel, première marque de rosé vendue en GMS, propose son Listel Bio tout de vert vêtu. Listel n’est cependant pas une marque 100% bio, pour cause de contraintes techniques.

 

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