Biocoop assoit son modèle et étend son réseau

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

La belle aventure du bio. Évoluant sur un marché ultraporteur (5 milliards d’euros en 2014, + 10%), Biocoop, numéro un de la distribution biologique et équitable en France, profite de cette lancée, et fait même mieux. Le distributeur a publié ses résultats pour 2014 qui sont… exceptionnels.

Un chiffre d’affaires de 657 millions d’euros, en croissance de 13,4% (+ 9% à magasins constants), et un bénéfice net de 3,3 millions d’euros (+ 70%). Les résultats 2014 de Biocoop sont excellents. Le numéro un de la distribution biologique et équitable en France,a également accentué le développement de son réseau avec 17 ouvertures en 2014, et compte désormais un parc de 357 magasins.

Éthique et transparent

Parallèlement, la fréquentation moyenne mensuelle de ses magasins a crû de 9,3%, et le panier moyen de 0,8%, à 32,10€. Et si Biocoop séduit les consommateurs, c’est grâce à ses valeurs éthiques, à la transparence de ses activités et à la traçabilité de ses approvisionnements : un concept militant, plus que commerçant. « Aujourd’hui, ce sont l’équivalent de 100 000 hectares bio qui sont cultivés en France pour Biocoop. Et nous aurions besoin de 8 000 hectares en plus pour couvrir l’ensemble de nos besoins. Ainsi, nous encourageons les conversions », explique Claude Gruffat, président de Biocoop.

Par ailleurs, l’enseigne jouit d’un système de gouvernance fonctionnant bien en temps de crise, avec un modèle unique, qui réunit dans son conseil d’administration les magasins (30% de coopératives et 70% de SARL familiales), les producteurs (11 groupements, 4 filières), les 3 450 salariés et l’association Bio Consom’acteurs. « Le tandem producteurs-commerçants est associé pour un but commun : promouvoir le bio », note-t-il.

Accessible à tous

Avec 7 400 références, dont plus de 80% pour l’alimentaire, Biocoop propose des produits pour tous. D’abord, sa gamme à marque Biocoop, avec 100 nouveaux produits en 2014. Puis, les petits prix avec La Bio je peux ! et, enfin, Ensemble solidaires du producteur au consommateur, avec des produits français, qui garantissent une juste rémunération pour le producteur et une marge réduite à 31%. Un schéma global qui a coiffé au poteau ses autres concurrents spécialistes que sont La Vie claire et Naturalia. « L’enseigne propose une couverture large qui séduit ainsi l’ensemble de ses consommateurs : les puristes et les occasionnels. Par ­ailleurs, elle a développé des bons savoir-faire sur certains rayons, comme la boucherie. Une expertise qui rend attrayante la ­fréquentation des magasins », indique Yves Marin, senior manager chez Kurt Salmon.

Pourtant, si Biocoop occupe une position confortable, des enjeux futurs sont à relever. Déjà, le développement du réseau. Le distributeur a fait part de sa motivation pour étendre son parc, sans pour autant « le développer à outrance. Nous voulons travailler avec des partenaires qui portent nos valeurs », stipule Claude Gruffat. Il table sur environ 20 ouvertures pour 2015 et l’augmentation du nombre de boutiques de 10% en Ile-de-France. Un territoire clé, quelque peu délaissé par l’enseigne (40 points de vente en Ile-de-France, dont 12 à Paris), qui doit faire face à une concurrence forte, comme Bio c’Bon (39 magasins en Ile-de-France, dont 26 à Paris). Et le potentiel de développement dans la capitale est énorme avec, une clientèle urbaine et aisée, au pouvoir d’achat plus élevé que le reste de la population française. Un boulevard à prendre, d’autant que les distributeurs généralistes, qui ont tenté de développer un concept sur le bio, à l’instar de Carrefour Bio, ne percent pas. « Ces acteurs n’arrivent pas à se mettre sur le bio. C’est un modèle différent de la GMS. Ce schéma n’est pas une priorité pour eux. Et ils ont déjà développé de larges gammes sur le bio, en MDD, dans leurs circuits traditionnels », constate Yves Marin.

Virage vers la démocratisation

Mais en développant son réseau, Biocoop va devoir être vigilant. « Accroître le parc, c’est bien, mais il faut faire attention à garder la clientèle de “bio addicts”, qui ne souhaite pas tomber dans une enseigne de mass market », analyse Frank Rosenthal, expert en marketing du commerce. Un avis partagé par Yves Marin. « Pour gagner en puissance et continuer de prendre des parts de marché, Biocoop va devoir opérer un glissement de stratégie, à l’instar de Whole Foods Market aux États-Unis, et sortir du schéma militant pour aller vers l’écoresponsable. Ce virage vers la démocratisation doit être fait avec douceur et subtilité afin de ne pas perdre cette clientèle de bio puriste », détaille Yves Marin.

Si les challenges pour une croissance pérenne sont en cours, les résultats de Biocoop sont déjà encourageants en ce début 2015. « Notre activité est en hausse de plus de 12%. Un rythme supérieur à nos estimations », se félicite Claude Gruffat. De belles performances sur les trois premiers mois de l’année, qui devraient permettre à l’enseigne de tenir son objectif de 720 millions d’euros de chiffre d’affaires prévu en 2015 et d’un bénéfice net de 4 millions d’euros. Avec un marché du bio qui devrait atteindre 6,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018 et représenter 3,7% de l’alimentaire au total, de beaux jours sont encore à prévoir.

En augmentant son parc, Biocoop va devoir relever un nouveau challenge. L’enseigne va devoir conserver ses consommateurs puristes ou “bio addicts”, qui cohabitent avec la clientèle plus occasionnelle. En effet, les militants du bio se rendent chez Biocoop pour ses valeurs et ne souhaitent pas basculer dans le mass market.

Frank Rosenthal, expert en marketing du commerce

 

Biocoop : une année 2014 prospère

  • 657 M€ : chiffre d’affaires de Biocoop, à + 13,4%
  • 3,3 M€ :résultat net à + 70%
  • - 0,6% : marge nette
  • 357 : nombre de magasins en 2014 (17 ouvertures)

Source : Biocoop

Les points forts de Biocoop

  • Des valeurs de bio militant plus que de commerçant, avec la mise en avant de la consommation responsable et de l’agriculture de proximité.
  • La construction du modèle en filière qui permetla traçabilité des approvisionnements, la transparence des activités et la juste rémunération des producteurs.
  • Un système de gouvernance unique qui réunitles magasins (30% de coopératives et 70% de SARL familiales), producteurs (11 groupementset 4 filières), salariés (3 450) et associationde consommateurs (Bio Consom’acteurs).
  • Une clientèle fidèle et de plus en plus nombreuse, avec un panier moyen qui augmente de 0,8 %,à 32,10 €, et une fréquentation moyenne mensuelle des magasins en hausse de 9,3%.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2359

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

X

Recevez chaque semaine l’actualité des marchés, des distributeurs et des fournisseurs de produits bio et responsables, alimentaires et non alimentaires.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA