Biomonde, le réseau qui veut fédérer les indépendants du bio

|

La coopérative Biomonde Solidarité cherche à structurer les 152 magasins de son réseau d'indépendants. En commençant par les achats et les systèmes informatiques. En attendant une signature commune.

Estelle Franchet
Estelle Franchet© dr

On peut le regretter, mais pas aller contre le sens de l'histoire. « Un magasin bio indépendant, 100 % seul dans son coin, ne peut s'en sortir », résume Estelle Franchet, directrice générale de Biomonde Solidarité, coopérative nouvelle venue dans le monde de la bio, qui cherche à fédérer ces petits patrons. Selon le Syndicat national des distributeurs spécialisés de produits biologiques et diététiques, il reste 1 200 à 1 300 magasins tenus par des indépendants exploitant moins de cinq unités. Leur avenir s'annonce délicat : la distribution indépendante a affiché une croissance de 12 % en 2009, selon l'Agence bio, mais dans un marché en hausse de 19 %. « Se regrouper est une obligation, affirme Estelle Franchet. Nous devons mettre en commun nos achats pour obtenir de meilleures conditions des fournisseurs. »

 

Motivation des postulants

Biomonde regroupe 152 magasins adhérents, contre à peine 80 il y a deux ans, au moment du lancement sous statut coopératif. Un réseau de plus ? Loin des grosses machines Biocoop ou La Vie claire, Biomonde entend faire sa place au soleil en s'adressant aux « petits » exploitants de « petites surfaces » qui n'intéressent pas forcément les autres réseaux. Pour l'heure, Biomonde rassemble un peu de tout : du 40 m2 riquiqui au 1 000 m2 imposant. « La plupart se situent entre 200 et 300 m2, pour une moyenne à 223 m2 », précise Estelle Franchet qui, elle-même, dirige deux magasins (200 et 500 m2) à Reims. Pas de sélection par la taille, donc, mais la directrice générale avoue « une grande vigilance sur les petites surfaces : en deçà de 100-150 m2, et/ou d'un chiffre d'affaires de 350 000 €, un magasin est difficilement viable. »

Reste que le grand critère tient au dynamisme des postulants. Tous doivent passer à Reims, siège de Biomonde, des entretiens avec les responsables du réseau pour faire valoir leur motivation et « leurs valeurs éthiques ». « Nous ne voulons pas de membres par simple opportunisme », note Estelle Franchet. Les adhérents s'engagent à respecter le règlement intérieur et la charte : réunis sous le principe un homme, une voix, ils s'acquittent d'une cotisation fixe de 500 € par an, et doivent, au minimum, travailler avec 60 % des 65 fournisseurs référencés, alimentaires et non alimentaires.

 

L'harmonisation en marche

Pas de concept en tant que tel, en revanche. Seuls 15 magasins battent déjà pavillon Biomonde. Une goutte d'eau, comparé aux 130 enseignes du réseau, mais qui préfigure ce que sera peut-être le groupement demain. Biomonde cherche à se doter d'un système informatique unique, destiné à remplacer la centaine de dispositifs utilisés aujourd'hui. « L'harmonisation est en cours, témoigne Estelle Franchet. Elle se fait au fil de l'eau, et permettra une meilleure remontée des chiffres d'affaires, ainsi que la mise à jour automatique des tarifaires. »

Cela n'empêche pas un expert de la distribution, il est vrai historiquement impliqué dans les réseaux bio traditionnels, de se montrer sceptique : « Cette professionnalisation logistique est nécessaire, mais pas forcément suffisante. Biomonde se trouvera vite confronté à un problème de croissance s'il ne se structure pas un tant soit peu, avec, notamment, un concept de magasin digne de ce nom, et immédiatement identifiable. »

Les chiffres

86,3 M € de volume d'affaires en 2009 (7 % du marché de la distribution spécialisée)

+ 20 % par rapport à 2008, année de naissance de Biomonde, sous statut coopératif

152 magasins membres

202 m2 de surface de vente moyenne

435 emplois

500 € de cotisation annuelle

65 fournisseurs référencés, avec l'obligation de travailler avec 60 % d'entre eux.

Source Biomonde Solidarité

Les enjeux

Face à la rationalisation du marché du bio, les petits indépendants souffrent.

Le salut est dans le regroupement, notamment des achats, pour obtenir de meilleurs tarifs.

Biomonde tente le pari de se faire une place à côté des réseaux existants, en misant sur une structure légère.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2144

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

X

Recevez chaque semaine l’actualité des marchés, des distributeurs et des fournisseurs de produits bio et responsables, alimentaires et non alimentaires.

Ne plus voir ce message