Bon et Bien, le « social business » de la soupe

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Une nouvelle marque de soupes a envahi les rayons de l’E. Leclerc Templeuve, dans le Nord. Bon et Bien se distingue par son approche qui associe toute la chaîne, du producteur au distributeur.

TROIS RÉFÉRENCES À CE JOUR

D epuis le 18 mai, les consommateurs des hypermarchés et drives E. Leclerc de la région Nord-Pas-de-Calais peuvent découvrir, à proximité du rayon frais et fruits et légumes, trois variétés de soupes, pas comme les autres. Celles-ci sortent de l’arrière-boutique de l’hyper Templeuve (59), qui dispose de 130 m² d’atelier pour la confection des recettes, et de 150 m² pour le stockage des bouteilles. Les fruits et légumes, donnés par les agriculteurs, ont été écartés des chaînes de triage, car leur forme ou leur état ne correspondent pas aux standards requis pour la commercialisation dans le rayon.

L’atelier de transformation tourne avec cinq salariés recrutés localement parmi des chômeurs de longue durée. Ils se chargent de l’ensemble des étapes : préparation des légumes, cuisson, mise en bouteilles et stérilisation. La production s’élève à 400 bouteilles de 750 ml et à 950 autres de 250 ml, par jour. Elle reste limitée volontairement afin de s’assurer que tous les volumes produits seront vendus. Deux chefs de Lille, Maxime Schel­straete (du restaurant Chez Meert) et Clément Marot (de l’établissement à son nom), ont, d’ailleurs, été associés au projet pour transformer ces fruits et légumes déclassés.

 

Pour le bien commun

En effet, Bon et Bien est une entreprise sociale, qui repose sur une cocréation entre McCain, Randstad, et l’E. Leclerc Templeuve. « Ce projet est une véritable aventure collective où chacun sort de sa zone de confort, fait des ­compromis et cherche à trouver une solution pour le bien commun, commente Jean Bernou, président de McCain Europe. L’objectif consiste à soutenir l’emploi dans le Nord-Pas-de-Calais et à lutter contre le gaspillage alimentaire. Il répond également à notre volonté de mener un projet pérenne. »

« Dans les trois hypers, un espace dégustation a été prévu pour faire savoir que ces produits sont bons, même si les légumes étaient écartés de la vente, note Thomas Pocher, directeur des magasins E. Leclerc de Templeuve et de Wattrelos. Et les premiers retours se révèlent positifs. Les clients adhèrent immédiatement aux valeurs de la marque. »

Le social business Bon et Bien devrait vite prendre de l’ampleur, car de nouvelles recettes sont attendues avec des produits de saison. De plus, de nouveaux produits compléteront la gamme, telles des conserves. « Partout où il y a du négoce de légumes, il s’avère possible de mettre en place un atelier de transformation », estime Thomas Pocher, qui devient aussi le référent du développement durable au comité de direction d’E. Leclerc. D’ailleurs, Michel-Édouard Leclerc espère que « les 600 chefs d’entreprise d’E. Leclerc participent à la création d’un puzzle d’initiatives sur le même sujet. »

Trois références à ce jour

  • SOUPE D’ÉTÉ : Carottes et cumin (750 ml), prix de vente indicatif (PVI) 3,50 €.
  • SOUPE FROIDE : Tomates et fraises (750 ml), PVI 3,50 €.
  • VELOUTÉ : 6 légumes et estragon (750 ml), PVI 3,50 €.
  • Offre promotionnelle de lancement : 2 bouteilles achetées, la 3e à moitié prix (3 x 250 ml), PVI 3,75 €.

 

Un projet liant secteurs privé et public

Bon et Bien a été porté par trois entreprises privées (McCain, Randstad, l’E. Leclerc Templeuve) et deux associations (les banques alimentaires et le Groupement des agriculteurs producteurs de pommes de terre pour l’industrie McCain – Gappi). Ainsi, l’industriel a facilité les contacts avecles producteurs, Randstad s’est chargé du recrutement, tandis que l’E. Leclerc assurait la production et la miseen vente des produits. Les banques alimentaires se positionnent comme un garant moral. Près de 150 personnes sont venues assister le 28 mai dernier à l’inauguration du social business Bon et Bien (photo ci-contre).

 

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Article extrait
du magazine N° 2370

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