Bonduelle investit l'eldorado brésilien

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Conscient de la richesse du pays et de son envol économique, Bonduelle a fait du Brésil une de ses cibles prioritaires. Pour faire consommer des conserves aux Brésiliens, le groupe a investi dans une usine.

A São Paulo, dans les allées centrales du Carrefour de Pamplona, repeintes aux couleurs de Noël, les boîtes de maïs et les petits pois Bonduelle côtoient les bouteilles de champagne et les boîtes de chocolat. Non pas que les Brésiliens aient pris l'habitude de se faire une ventrée de petits pois au réveillon. C'est plutôt leur prix, particulièrement élevé, qui en fait des produits d'exception. Ainsi, la boîte de maïs Bonduelle s'affiche à 6 reals (2,6 €), soit cinq fois plus cher que les offres locales.

 

Une plate-forme pour les petits pois

Autant dire que les conserves françaises ne séduisent que les expatriés ou les classes aisées qui fréquentent ce petit hypermarché de 4 500 m². « Notre magasin est le premier du Brésil en Ebit et le troisième du groupe pour Carrefour. Nous y vendons 20 % de produits français », décrit Henri Hilgert, son jeune directeur. Une exception dont Bonduelle ne se contente pas. Pour devenir plus compétitif, le groupe a investi dans une usine locale. Sorties début décembre, les premières boîtes de maïs « national » s'affichent à 1,99 real (0,88€).

Forte de ce repositionnement et d'une qualité produit supérieure à la concurrence, la marque française espère s'imposer très vite sur ce marché encore très éclaté, sans autre leader que des marques premier prix. « Avec nos boîtes importées d'Europe, nous avions 0,5 % de part de marché. Notre ambition est de prendre 10% des ventes en cinq ans », assure Benoît Bonduelle, président de Bonduelle Développement, la filiale du groupe chargée des pays émergents. Outre le développement global de la consommation de légumes en conserves - les Brésiliens n'en consomment que 2,7 kg/foyer/an, contre 15 kg en France -, le groupe table sur l'élargissement de sa distribution aux magasins de proximité.

Pour Bonduelle, ce n'est pas la première tentative d'implantation au Brésil. Appelé par Carrefour en 1995 pour lui fournir une offre surgelée, le groupe avait commencé à y asseoir sa marque. Mais avec la crise financière de 1999, les produits importés étaient devenus inaccessibles et la filiale tombée en sommeil. Pour revenir dans la course, Bonduelle a investi 15 M € dans sa nouvelle usine. Située à Cristalina, à une heure de Brasilia, cette première unité de production, du groupe dans l'hémisphère sud devrait sortir 30 millions de boîtes à fin 2011. Et ce à partir d'une seule ligne de production !

 

Bientôt un site de surgelés 

« La différence de fond qui rend ce pays si rentable, c'est qu'on y produit toute l'année. En petits pois, on fait jusqu'à trois récoltes par an, contre une seule en France », explique Benoît Bonduelle. Confiant, le groupe prévoit déjà un nouvel investissement de 15 M € d'ici à cinq ans pour la construction d'un site de surgelés. En 2018, le Brésil pourrait même devenir une plate-forme d'approvisionnement pour d'autres marchés, comme l'Amérique du Sud... ou du Nord.

La preuve par trois

1-Immensité

Cinquième État du monde par sa taille, le Brésil compte 192 millions d'habitants. Et des exploitations agricoles démesurées (2 500 ha en moyenne contre 300 ha en France).

2-Fertilité

Proche des tropiques, le pays bénéficie d'un climat très généreux permettant de produire toute l'année, et même plusieurs fois par an.

3-Envolée

Pays émergent, le Brésil affiche une croissance économique rapide et solide (5 % par an). Chaque année, 20 millions de personnes accèdent à la classe moyenne.

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Article extrait
du magazine N° 2166

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