Bonduelle porté par ses marques et pénalisé par le change

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Le Groupe Bonduelle a réalisé un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d'euros en hausse de 3,2% pour son exercice 2014-2015. Le change défavorable et le refus de contrats de MDD l’empêchent de passer la barre des 2 milliards.

Christophe Bonduelle, président directeur général du groupe Bonduelle
Christophe Bonduelle, président directeur général du groupe Bonduelle© DR

S’il n’a pas passé la barre fatidique des 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour son exercice 2014-2015, c’est à cause de la dévaluation de 20% du rouble et parce qu’il a refusé de concourrir sur des marchés à marques de distributeurs dans les conserves, compte tenu des conditions des contrats proposées. Un manque à gagner responsable du fléchissement au second semestre, a expliqué Christophe Bonduelle, patron du groupe familial éponyme lors de l’annonce des résultats annuels à la presse le 29 septembre 2015. "Les prix de vente sont en baisse de façon dramatique, notamment dans la conserve où nous n’avons pas voulu suivre. Bonduelle a toujours privilégié ses marques et n’a pas vocation à générer des produits qui ne font pas de bénéfices". La faute aussi à de sérieux déboires comme l’incendie de son usine canadienne de Tecumseh dans l’Ontario, sans parler d’un contexte peu favorable en Europe où les consommateurs restent frileux tandis que la concentration des distributeurs n’est pas de nature à favoriser les industriels à négocier les prix dont l’érosion est notoire.

Le cap du milliard dépassé avec ses marques nationales

Hormis cela, tout va bien pour le Groupe Bonduelle qui affiche tout de même une croissance de 3,2% à 1,9 milliard d'euros, un résultat opérationnel courant en hausse de 8,6% à 111,5 millions d’euros et un bénéfice qui a plus que quadruplé à 69,2 millions d’euros contre 15,2 M€ l’an dernier. Grâce notamment au versement d’une indemnité par les anciens propriétaires de France Champignon et à l’amélioration de sa structure financière. A taux de change et périmètre constants il est d’ailleurs un hausse dans toutes ses technologies : conserve (+2,3%), surgelé (+5,2%), frais (+7,6%) soit une croissance de 4,1% au total. Et réalise 51% des ses ventes avec ses marques contre 41% pour la MDD et 8% en sous-traitante. "Nous avons dépassé le cap du milliard sous nos marques nationales", indique Christophe Bonduelle. Avec en Europe de belles performances pour Bonduelle et Cassegrain qui continuent de croître respectivement à +13% et +8,6%. Des performances qui s’expliquent, sur l’ensemble des zones où opère Bonduelle, par des innovations et des investissements marketing en hausse de 14% sur l’exercice 2014-2015.

Deux fois plus rentable hors Europe

Aujourd’hui, le marché français représente encore 32% des ventes alors que les Etats-Unis arrive en deuxième position avec 13% du chiffre d’affaires suivi par le Canada et L’Allemagne à égalité en troisième position. Soit 35% du chiffre d’affaires désormais réalisé hors zone Europe où Bonduelle est deux fois plus rentable et se développe très fortement en surgelés avec notamment le rachat d’une usine à Alberta à l’Ouest du Canada en février 2015 pour accompagner la croissance des ventes en volume. Après la déception stratégique du rachat manqué en septembre dernier de l'Américain Géant Vert, finalement cédé par Général Mills à B&G Foods, Bonduelle vise, pour son exercice 2015-2016, une croissance de 2% et une rentabilité au moins égale à celle de l’exercice précédent, même si "il y a des incertitudes économiques et politiques et sur le change, reconnaît Christophe Bonduelle. La campagne agricole est plus compliquée en 2015". En Europe, l’année en cours devrait être employée à résorber les stocks pour le Groupe qui a retrouvé une partie de ses contrats perdus avec la grande distribution. L’opportunité de nouvelles formes de distribution comme Costco mais aussi Amazon, qui a ouvert en France il y a quelques jours une boutique Epicerie et Boissons, pourrait constituer de nouvelles opportunités pour le groupe Bonduelle. "Le marché de la distribution n’est pas figé et continuera à évoluer", se réjouit Christophe Bonduelle président d’un groupe où le retail pèse les trois-quart de ses ventes.

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