Marchés

Bongrain devrait mettre la main sur les marques de beurre et de fromage de Terra Lacta

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La coopérative vendéenne Terra Lacta, en difficulté financière, devrait confier ses marques de beurre et ses fromages au groupe Bongrain, au terme d’un vote des adhérents.

Bongrain SA logo

Le transfert aurait lieu à partir du 1er janvier. Terra Lacta (ex Glac) est une des plus grosses coopératives laitières en France, et détient le leadership du fromage de chèvre. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 620 millions d’euros l’an dernier et produit 33 000 tonnes de fromages et 27 000 tonnes de beurre, notamment l’AOP Beurre de Charentes Poitou et les fromages de chèvre Saint Loup et le Bougon. La coopérative dite de Jean-Pierre Raffarin – l’ancien premier ministre et actuel sénateur de la Vienne préside toujours l’Association centrales des laiteries coopératives  des Charentes et du Poitou -  devait se marier avec une autre coopérative de même poids, Eurial, mais l’affaire a capoté. Bongrain s’est engagé à payer le prix du lait plus cher et à maintenir les emplois et les outils industriels.

Compétition plus rude...

« Avec la fin des quotas laitiers en 2015, le monde change plus vite, la compétition est acharnée. Pour être plus forts sur le marché mondial, nous voulons rejoindre Bongrain pour sa dimension, ses capacités commerciales et son activité recherche et développement », a exposé le président de Terra Lacta, Alain Lebret. L’affaire n’est pas sans rappeler la reprise par Bongrain des marques d’Elle et Vire (et le camenbert Cœur de Lion), une grosse coopérative normande à l’époque en difficulté et qui a fini par être reprise par Agrial l’an dernier, cette coopérative fournissant le lait à Bongrain. Agrial détient 10 % de la CLE (Compagnie Laitière Européenne), qui détient les marques, Bongrain ayant 90 %.

Le lait pas concerné

Dans le schéma prévu, les activités de Terra Lacta comprennent aussi une activité de lait de consommation qui n’est pas concernée par l’accord avec Bongrain. Or, la crise du secteur laitier frappe actuellement surtout le lait UHT et les yaourts, faisant craindre aux détracteurs du rapprochement que l’accord correspond à un transfert de la valeur ajoutée chez Bongrain. Par ailleurs, le« lait de Montagne » né de l’accord Dischamps/Terra Lacta est exclu du rapprochement. La vente de ce secteur n’est pas exclue par les dirigeants de Terra Lacta. Lacatis et Sodiaal pourraient être intéressés.

Bongrain "respecte ses contrats"

Au passage, lors du colloque organisé par LSA sur les négociation commerciales, Jean-Paul Torris, vice-président de Bongrain, rappelait que son groupe "paierait le prix du lait selon le contrats passés avec les producteurs jusqu'a la fin de l'année", prenant évidemment sur ce sujet le contrepied de Lactalis et Sodiaal, qui eux, veulent le réviser à la baisse... Dans le détail, une nouvelle société, la Laitière Poitou Charentes, détenue à 50/50 par Terra Lacta et Bongrain, détiendrait les marques de fromage de chèvre Saint Loup et le Bougon, et les spécialités "vache", le Mottin Charentais et le Chavroux.  Les autres activités (fromages de vache, beurre AOP Surgères, et  crème ) rejoindraient la CLE, comme Elle et Vire et Coeur de Lion, probablement via une petite prise de capital par Terra Lacta, comme pour Agrial. Dans un entretien à LSA, l'ancien président d'Agrial, Gilbert Herpe, donnait sa vision du partenariat avec Bongrain. "Je prèfère collecter le lait pour Bongrain que pour Lactalis. Bongrain a une main de fer dans un gant de velours, alors qu'avec Lactalis, il n'y a pas le gant"...

Pour aller plus loin, le rapport annuel 2011 de Bongrain est consultable ci-dessous sur LSA.fr :

 

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