Bookeen parie sur un boom du livre électronique dès 2010

|

Le fabricant français de livres électroniques compte bien jouer dans la cour des grands. Pour accroître sa visibilité, il s'implante aux États-Unis et espère être référencé en France en hypermarchés l'année prochaine.

Création 2003 Chiffre d'affaires 1,9 M E en 2008, triplement prévu en 2009 Effectif 12 salariés Part de marché 35 % en France Source : Bookeen
Un appareil moins cher que le Reader, léger et avec un bon confort de lecture. Un référencement chez la plupart des distributeurs français. Une compatibilité avec l'ensemble des plateformes numériques des éditeurs français. Des fonds propres renforcés par la levée de 1,5 M E de capitaux mi-2009 auprès d'ISF Capital Développement 2015.
Un manque de visibilité à l'international. L'arrivée de poids lourds aux visées mondiales. L'entrée prochaine de grands noms de l'informatique sur ce marché, avec des produits à bas prix et des innovations.

Si le marché des livres électroniques est presque mature aux États-Unis, les conditions de son essor devraient être réunies en France en 2010. C'est le pari de Michaël Dahan, cofondateur de Bookeen, fabricant français de livres électroniques. « L'arrivée du Kindle d'Amazon en France, la polémique entre Google et les éditeurs français et américains, ou encore l'annonce de la sortie, le 2 décembre, du prochain Marc Levy, en version numérique et imprimée, sont autant de buzz autour du livre électronique qui concourent à l'éducation du consommateur », estime-t-il.

Dans la bataille américaine

Bookeen veut jouer les arbitres face aux deux géants, Amazon et Sony, qui ont lancé en octobre les nouvelles versions de leurs lecteurs respectifs. En France, il se classe deuxième derrière Sony et pèse 30 % du marché européen : le Kindle d'Amazon ne représente pas, pour l'heure, un concurrent sur le marché français, la majorité des ouvrages disponibles étant en anglais, pour un appareil directement livré des États-Unis. « Sa sortie hâtive en Europe visait à contrer les ambitions mondiales de la chaîne de librairies américaine Barnes et Noble, qui s'apprête à sortir son lecteur Nook », confie Michaël Dahan. Car une partie de la bataille se joue sur le continent américain où le marché progresse avec, en volume, 3 % des livres vendus en numérique (0,1 % en France). Bookeen y a récemment pris pied et cherche à acquérir une visibilité. « Nous allons grossir sur ce marché qui deviendra, à terme, notre premier marché », assure le dirigeant français.

Pour être compétitive, la nouvelle version du Cybook de Bookeen, qui sortira en juin 2010, comptera un écran tactile, comme le Reader Touch Edition de Sony, lancé en France début novembre. « Mais sans perdre en qualité optique », promet le fabricant. Il permettra de télécharger les journaux sans être raccordé à un PC, innovation également intégrée au dernier modèle du Kindle, équipé d'une connexion 3G. Avec, en plus, l'avantage de son poids. Sorti fin août, le Cybook Opus ne pèse que 150 g - 250 g pour le Reader de Sony et 280 g pour le Kindle -, possède plusieurs semaines d'autonomie et un vrai confort de lecture avec 12 tailles de caractères et 4 niveaux de gris. « Grâce à la technologie E-ink (encre électronique) couplée à notre logiciel propriétaire Boo reader », précise Michaël Dahan.

Conquérir le public via la grande distribution

Des arguments de nature à séduire la grande distribution. Depuis 2008, le Cybook est disponible chez Pixmania, Grosbill, Surcouf, Virgin Megastore ou chapitre.com. Il a fait son entrée à la Fnac au terme du contrat d'exclusivité passé pour six mois, en octobre 2008, entre le distributeur et Sony pour la vente du Reader. « Cet accord avait provoqué un tollé chez de nombreux diffuseurs mais nous a profité : il a donné de la visibilité au produit, reprend Michaël Dahan. Il a aussi favorisé notre référencement chez les autres distributeurs. » Les dirigeants de Bookeen activent les pourparlers avec la grande distribution, un des remparts dans la conquête du grand public.

Resterait alors le problème d'une offre marginale, comparée aux 700 000 références de Barnes et Noble. En France, Numilog (Hachette), le premier distributeur de livres numériques, propose 58 000 références contre quelques milliers pour Eden-Livres, la plateforme issue de l'alliance entre La Martinière et Gallimard, ou celle d'Editis. Et surtout celui du prix des lecteurs, qui reste le principal frein. « Ils chutent plus fortement que ce que nous avions prévu », reconnaît Michaël Dahan. La concurrence accrue sur le marché des écrans, qui représente un tiers du coût des lecteurs, va accélérer la baisse des prix. Comme l'arrivée de nouveaux entrants tel Asus, qui planche sur une offre à moins de 200 E, mais aussi Barnes et Noble et surtout Apple, qui travaille sur son propre lecteur e-book. Des poids lourds avec lesquels Bookeen devra se mesurer...

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2113

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous