Braquages

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Yves Puget, rédacteur en chef de LSA
Yves Puget, rédacteur en chef de LSA© Stephan Gladieu

Samedi 4 octobre, 5 heures du matin. Quatre hommes cagoulés pénètrent dans la propriété de Florent Balmont, un footballeur professionnel de l’équipe de Lille. Ils mettent en joue sa famille et réclament les clés de la voiture. À 5 h 45, ils arrivent au Champion de Comines où ils obligent un chef de rayon à ouvrir le coffre-fort. L’employé perd ses moyens et n’y parvient pas. Les braqueurs rebroussent chemin et se dirigent vers le Match d’Halluin. Ils heurtent la porte avec leur véhicule mais ne peuvent accéder au coffre.

Malheureusement, l’aventure de cette bande de « pieds nickelés» n’a rien d’anecdotique. Le 2 octobre, la galerie marchande de l’Hyper U de Brie-Comte-Robert a été braquée. Le 30 septembre, trois individus se sont violemment introduits dans le Champion de Bondues. Dix jours plus tôt, le Coccimarket de Changé subissait le même sort ainsi que le Champion d’Ernée-en- Mayenne, le 30 août.

Toutes les semaines, ou presque, un commerce est attaqué. Ce phénomène ne doit rien au hasard. Il s’explique par la « sanctuarisation » des cibles potentielles. Les agences bancaires, les bijouteries de luxe ou les hypermarchés ont fait les efforts nécessaires pour dissuader nombre de bandits. Désormais, il vaut mieux braquer deux supermarchés que de s’attaquer à une banque! Les «gains» y sont plus maigres (115 € dans un Ed près d’Avignon!), mais les malfrats pensent, à tort, que les risques y sont réduits.

Les policiers évoquent des attaques commises «à la chaîne » par des agresseurs plus jeunes, souvent inexpérimentés. Pas vraiment le profil classique des braqueurs de banques. Face à cette évolution de la criminalité, la police développe les actions de prévention à destination des commerçants, les conseils sur la surveillance vidéo. De véritables plans « anti-hold-up » sont élaborés. De leur côté, les commerçants ne peuvent rester sans réaction.

La vidéosurveillance, des structures favorisant la sécurité des convoyeurs, des plots contre les voitures béliers ou des systèmes de protection des recettes ont déjà fait leur preuve. Pour les plus petits magasins, qui n’ont pas les budgets nécesssaires, des surfaces de vente propres, bien tenues et parfaitement éclairées évitent déjà quelques désagréments. Il convient après de former les équipes. Les salariés doivent apprendre à gérer leur stress (obtempérer aux demandes, ne pas croiser le regard de l’agresseur, ne pas faire de gestes brusques…).

Ensuite, les experts conseillent de débriefer à chaud et, un peu plus tard, d’évaluer l’efficacité des procédures et d’identifier les personnes fragilisées par le choc vécu. Car dans l’« affaire» Florent Balmont, à juste titre traumatisé, il a été davantage question de la voiture du footballeur que de l’état psychologique des salariés des deux supermarchés. Triste réalité médiatique…
 

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