Bricolage et éco-construction : Les femmes sensibles mais pragmatiques

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Concernées par le développement durable, les consommatrices connaissent les produits d'écoconstruction, ne les achètent pas mais en ont l'intention. Ils convaincront quand leur prix sera abordable et qu'ils seront mieux mis en valeur.

castorama

Développement durable : l'expression est à la mode. Si elle est un peu fourre-tout, les Français commencent à l'intégrer. Dans son enquête réalisée fin 2005, l'Ifop recense 57 % de personnes en ayant entendu parler, soit un Français sur deux. Trois ans plus tôt, lors d'un sondage réalisé suite au sommet de Johannesburg, ils n'étaient que 33 %. Castorama saisit ce gain de notoriété au bond. « Le bricolage et l'aménagement de la maison sont des secteurs stratégiques de la protection de la nature. Nous devons sensibiliser les clients aux démarches d'écoconstruction », estime Jean-Joël Huber, directeur marketing chez Castorama. Depuis mars, l'enseigne s'est engagée dans un partenariat de trois ans avec l'association WWF. Et a profité de son sixième baromètre sur le bricolage au féminin pour en savoir plus sur l'écoconstruction au féminin.

De fait, aujourd'hui, le bricolage est l'affaire de 95 % des femmes (80% en 2004). Et si les problématiques environnementales n'arrivent, d'après elles, qu'en quatrième position des critères de choix derrière la qualité, la non-nocivité sur la santé et le prix des produits, elles récoltent tout de même de bons scores.

 

Une préoccupation qui croît avec l'âge

Ainsi, 40 % des interviewées déclarent que la capacité d'un produit à préserver l'environnement est très importante, 44 % assez importante, et 4 % ne s'en inquiètent pas du tout. Les scores sont quasi identiques pour les produits favorisant les économies d'énergie. Une notion reste étrangère aux femmes : l'origine du produit, qui ne récolte que 39 % des suffrages avec 11 % d'interviewées vraiment concernées. « Le développement durable est une préoccupation qui croît avec l'âge. Ainsi, 15 % des femmes de 50 à 64 ans s'intéressent à la provenance d'un produit contre 2 % seulement des 18-24 ans. Ces écarts se retrouvent sur les économies d'énergie et la préservation de l'environnement », explique Florence Soyer, codirectrice du pôle marketing de l'Ifop.

Encore faut-il passer à l'achat. Dans leur ensemble, les produits bénéficient d'une bonne notoriété : 99 % pour le plus connu, les ampoules à économie d'énergie, et 78 % pour le moins connu, les peintures à écolabel. Et si 76 % des femmes déclarent acheter des ampoules basse consommation, seulement 1 % s'est risqué à choisir des panneaux solaires photovoltaïques. Logique : on achète plus fréquemment un consommable, comme une ampoule, qu'un équipement de chauffage. Mais les intentions d'achat sont bien là. Sur ces panneaux solaires, 68 % déclarent avoir l'envie d'en acquérir. « Entre l'intention et l'achat, l'écart est important. Année après année et en proposant des produits moins chers, nous verrons si cet écart se réduit », avance Jean-Joël Huber.

Manifestement, il reste un levier à activer : l'information. Les « peu satisfaites » sont nombreuses à déplorer l'absence de labels qui permettraient d'identifier les produits d'écoconstruction (44 %), mais aussi l'absence d'informations sur les produits bons pour l'environnement (42 %). Ce que veulent les femmes est pourtant simple : plus d'informations garantissant des produits sans danger pour la santé (72 %), et une estimation des économies réalisées avec un produit d'écoconstruction (60 %). Dernier de leur souci : les informations sur les conditions de travail des personnes ayant fabriqué un produit (30 %). « L'individualisme prévaut plus en France qu'en Allemagne ou en Suisse. Les Françaises se sentent plus concernées par ce qui touche à leur personne qu'aux grandes causes sociales », reconnaît Florence Soyer.

 

Internet boudé

Pour clore ce sondage, l'Ifop a demandé les bons vecteurs d'information. Et là, surprise, internet n'est pas la panacée. La Toile ne récolte que 22 % des suffrages. Les trois vecteurs préférés sont les plus immédiats : l'emballage des produits (61 %), les fiches techniques à disposition en magasins (53 %) et les médias (51 %). C'est pourquoi Castorama va bientôt ajouter un logo sur son offre d'écoconstruction : le fameux panda de WWF.

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Article extrait
du magazine N° 1959

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