Bricorama fait cavalier seul

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stratégie - L'enseigne de bricolage s'apprête à se retirer de la Bourse de Paris. Cette opération financière aura peu d'impact sur le groupe, dont le fondateur détient déjà 87,5 % du capital.

Entré en Bourse en 1996, Bricorama n'a plus besoin des marchés. Jean-Claude Bourrelier, fondateur et principal actionnaire du groupe de bricolage, a décidé de racheter les 12,5 % du capital flottant de son entreprise. Au terme de l'opération, qui devrait avoir lieu courant juin - et qui ne devrait pas poser de problème particulier, selon une note de l'Autorité des marchés financiers -, le groupe, créé en 1975 et qui détient les enseignes Bricorama et Batkor, n'aura plus de comptes à rendre aux actionnaires privés.

Et après ? Dans une note financière, la société de Bourse Ixis Se- curities rappelle que le titre Bricorama « a affiché une quasi-stagnation sur les quatre dernières années [...] ».

L'annonce faite par le fondateur du groupe a surpris beaucoup d'analystes, qui s'attendaient plutôt à un rapprochement avec Mr. Bricolage. Mais elle ne répond pas aux questions qui se posaient avant que cette décision ne soit prise. Alors que King-fisher et Adeo s'arrogent plus de 60 % du marché (voir ci-dessous), l'avenir des indépendants du bricolage soulève de multiples interrogations. À commencer par le financement d'un développement programmé à l'international. Bricorama, qui a mis la main sur trois points de vente au Benelux fin 2006, reconnaît vouloir pousser les feux en Espagne, où il ne possède pour l'instant que trois magasins.

Le groupe, qui se dit prêt à ouvrir d'autres points de vente et à faire des acquisitions si des opportunités se présentent, devra trouver une autre source de financement que la Bourse.

Concentration inéluctable du secteur

Une solution pourrait être le recours à des partenariats, comme le groupe l'a récemment fait en Tunisie. Un magasin de 5 000 m2, réalisé avec Med Business Holding, spécialisé dans la construction et la promotion de programmes immobiliers, devrait bientôt y ouvrir ses portes. Les deux partenaires projettent d'en ouvrir quatre autres. Bricorama, qui, selon nos informations, souhaiterait aussi s'implanter en Libye, pourrait recourir au même montage.

En France, la situation est plus complexe. Malgré un marché dynamique, « en hausse de 7 % depuis janvier » selon la Fédération des magasins de bricolage, L'enseigne Bricorama n'occupe que le septième rang, avec une part de marché en valeur de seulement 3,2 %. « L'arrivée du discount, ajouté à la pression des grands groupes [Adeo, Kingfisher..., NDRL], rend le marché très compliqué pour les challengers », analyse Cédric Ducrocq, président du cabinet Dia-Mart.

De toute façon, pour Boris Bourdet, analyste financier chez Ixis Securities, le « marché français est saturé ». Même si les rumeurs qui faisaient état, en début d'année, d'un éventuel rapprochement entre Mr. Bricolage et Bricorama, ont été démenties, la concentration du secteur paraît inéluctable.

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Article extrait
du magazine N° 2000

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