Bruxelles admet un rôle des marchés financiers dans l’envolée des prix des matières premières agricoles

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La Commission européenne reconnaît un lien entre certaines activités financières et l'envolée des prix des matières premières, notamment agricoles, mais refuse néanmoins d'expliquer cette dernière par la seule spéculation financière. « Il est clair qu'il y a une corrélation forte entre les positions prises sur les marchés dérivés et les prix des matières premières elles-mêmes », explique ainsi un rapport publié par Bruxelles, allant ainsi dans le sens des critiques émises par la France. A Paris, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, s'est d’ailleurs dit « soulagé de voir que la Commission a évolué sur ce sujet et a reconnu la part de la spéculation. » Reste que le rapport publié aujourd’hui n'emploie toutefois pas le terme « spéculation », hormis dans une note de bas de page. Bruxelles relève néanmoins un parallélisme entre les augmentations des prix des matières premières ces dernières années, et le poids croissant des investisseurs financiers sur ces marchés : d'après le rapport, leurs investissements y atteignaient entre 170 et 205 milliards d'euros en 2008, contre seulement 13 milliards en 2003. La Commission insiste malgré tout sur la complexité des causes de la volatilité des prix, évoquant aussi la hausse de la demande mondiale, notamment en provenance des pays émergents, ou des problèmes de transport ou de restrictions aux exportations. Comme solution, elle préconise avant tout davantage de transparence sur les activités des marchés. Michel Barnier, commissaire européen en charge des produits financiers, s'est quant à lui dit favorable à des « limites de positions » empêchant un acteur financier de monopoliser une part trop importante du marché pour une matière première spécifique. Il a en revanche rejeté l'idée de créer un gendarme des marchés de matières premières, estimant qu'une nouvelle autorité de supervision des marchés financiers (ESMA) dont l'Europe vient de se doter sert déjà de radar, et que les régulateurs nationaux ont aussi une responsabilité.

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