C&A profite de l'essor de ses nouveaux marchés

Plus du quart de la croissance du distributeur est à mettre sur le compte de ses positions en Europe de l'Est et de ses ventes en ligne en 2010. La duplication du nouveau concept est attendue en France.

Antoine Brieu
Antoine Brieu© STÉPHANE LAGOUTTE / M.Y.O.P/ C&A

Eyjafjöll, le volcan islandais qui a paralysé l'Europe il y a un an, est resté calme. Le 20 avril, C et A a pu organiser la présentation annuelle de ses résultats en Europe et de ses collections, à Düsseldorf, comme à son habitude. Malgré un chiffre d'affaires de 6,59 milliards d'euros, en croissance de 4,6 % par rapport à 2009, le distributeur allemand a réalisé une performance en demi-teinte. « Nos résultats sont meilleurs que prévus », s'est pourtant félicité Andreas Seitz, directeur marketing. Mais on ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec un marché qui a aussi fait mieux que prévu... Alors que C et A planchait sur un recul compris entre 1 et 2%, il n'a été que de 1%, selon GfK.

 

Perspectives alléchantes 

Si on regarde dans le détail, il ressort que la croissance du groupe provient d'abord du boum des nouveaux marchés. Les ventes dans les pays de l'Est (Slovaquie, Russie, Pologne...) ont progressé de 11,6%, à 415 millions d'euros, celles des ouvertures pays les plus récentes (Italie, Roumanie...), de 57,2%, à 114 millions d'euros. Soit, en tout, plus du quart de la croissance de C et A Europe en 2010. En Allemagne, son plus gros marché, et aux Pays-Bas, l'enseigne a réalisé de bonnes performances, notamment grâce aux premiers résultats de ses sites de vente en ligne.

« Cela fait maintenant deux ans que C&A online existe, a rappelé Andreas Seitz. L'an dernier, les ventes en Allemagne et aux Pays-Bas ont progressé de 45%. » Des perspectives alléchantes, puisque l'enseigne de prêt-à-porter a lancé son site d'e-commerce en France et en Autriche en 2010, et que trois ou quatre nouveaux marchés devraient en bénéficier dans les deux prochaines années. Il faut aussi souligner la très bonne performance de C et A dans la péninsule Ibérique. Malgré des marchés locaux en déroute (- 8,2% en Espagne, - 19,7% au Portugal), il signe une progression des ventes de 4,5%, à 581 millions d'euros.

Les chiffres

1 490 Le nombre de magasins en Europe

19 pays

4 400 m2 La surface du nouveau magasin de la Madeleine en 2013 Source : C et A

 

« Il a fallu réduire la structure des coûts » 

En France, Antoine Brieu, directeur général depuis un peu plus de un an, a légèrement fait progresser les ventes de la filiale (+ 1%) dans un contexte de stagnation (+ 0,5%). L'impact de sa nouvelle stratégie sera sans doute plus visible à partir de l'an prochain. Après plusieurs mois de tests, notamment à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) et à Vélizy, en banlieue parisienne, les nouveaux concepts de magasins vont être dévoilés d'ici à fin mai. L'idée étant d'adapter son offre et ses magasins à un réseau divisé presque à parts égales entre emplacements de centres-villes et de centres commerciaux, et ceux de périphérie. « Nous avons un vrai problème de rentabilité sur ce dernier format, analyse un cadre de C et A. Il a fallu réduire la structure des coûts. » La reprise de l'expansion devrait être au programme en 2011. En attendant l'ouverture événement d'un magasin principal d'au-moins 4 400 m2, à Paris, en 2013.

UN EXERCICE EN LÉGÈRE HAUSSE

C et A a réalisé des performances en phase avec ses marchés locaux, à l'exception de la péninsule Ibérique, qui a échappé au marasme local. L'Allemagne et les Pays-Bas enregistrent les premiers effets positifs de l'ouverture de leurs ventes en ligne.

 

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Article extrait
du magazine N° 2179

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