Franchise Expo Paris 2014

« C’est à l’international que se fait la croissance »

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DossierINTERVIEWINTERVIEW Selon la patronne de la Fédération française de la franchise, le secteur fait toujours preuve de son étonnante capacité de résistance à la crise. Si les ventes ont reculé en 2013, le nombre de concepts et de franchisés continue de croître, dans un pays où ce modèle économique occupe une place presque inégalée dans le monde.

Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise
Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise

LSA - Qu’en est-il du secteur dans le contexte de crise

Chantal Zimmer - Nous sommes en crise depuis 2008, et la franchise s’est plutôt bien comportée. En moyenne annuelle, son chiffre d’affaires a progressé de près de 5% par an. Le nombre de franchisés et de franchiseurs a continué d’augmenter pour atteindre plus de 65 000 franchisés et plus de 1 700 réseaux. En fait, les ventes ne se sont essoufflées que l’an dernier ; le chiffre d’affaires cumulé des franchisés est passé de 50 Mrds € en 2012 à moins de 48 Mrds € en 2013. Il était inévitable qu’à un moment nous ayons à absorber la baisse de la consommation et du pouvoir d’achat.

LSA - Comment expliquer cette résistance à la crise

1971

La date de création de la FFF, fédération représentative de la franchise

Plus de 150

Le nombre de réseaux adhérents

45 %

La part des franchisés français représentés dans la FFF

Sources : FFF et LSA

Ch. Z. - En 2010, les chercheurs mandatés par notre fédération se sont penchés sur les raisons de la résistance du secteur, mettant en lumière des évidences. La première est que la franchise est une alliance entre chefs d’entreprise et que des entrepreneurs ne quittent pas le navire dans la tempête. Au contraire, ils se retroussent les manches, investissent, innovent. Ainsi, depuis cinq ans, on assiste à un accroissement des échanges entre franchiseurs et franchisés, rediffusés aux réseaux. Cette dynamique a accru la confiance entre franchiseurs et franchisés.

LSA - Pourquoi la franchise est-elle si développée en France

Ch. Z. - Le mouvement a démarré après-guerre, dans une France peuplée d’une multitude de petits commerçants. Il s’est accentué dans les années 60 avec l’essor de la consom­mation, la grande distribution et l’émergence de consommateurs de plus en plus exigeants. Le métier de commerçant s’est professionnalisé autour d’enseignes à forte notoriété, et la franchise a contribué à cette transformation.

L’engouement pour la création d’entreprise en France a aussi joué, la franchise démontrant la pertinence de son modèle. Avec un apport similaire, les entrepreneurs réfléchissent à deux fois entre l’idée de se lancer seuls ou celle d’investir en adhérant à un concept de franchise avec la garantie d’apprendre un métier, de bénéficier d’une formation, d’un soutien, d’apports de savoir-faire et de la notoriété d’une enseigne, tout en restant indépendants.

LSA - Les Français sont-ils si dynamiques en matière de créations

Ch. Z. - Oui. Et le mouvement a été renforcé au cours des dix dernières années par l’arrivée d’ex-salariés, lassés ou poussés hors du monde de l’entreprise. Aujourd’hui, plus de la moitié des créations sont le fait de ces anciens salariés ! Ce secteur est un formidable outil de reconversion professionnelle.

LSA - Quels sont les secteurs les plus porteurs

Ch. Z. - La restauration rapide a incontestablement le vent en poupe. Les paniers moyens des Français ont beaucoup baissé dans ce domaine. Or, ce mode de restauration coûte moins cher.

L’autre grand secteur en forme est celui des services. Plus de 55% des franchises en France sont des enseignes de services avec des concepts de plus en plus sophistiqués et pointus : stockage en tous genres, rénovations des toits, des maisons…

LSA - Et ceux qui souffrent

Ch. Z. - L’immobilier, la décoration de la maison, le prêt-à-porter. On constate aussi une baisse du nombre de franchisés dans l’alimentaire, mais ce chiffre m’étonne quand je vois les performances d’enseignes dans le chocolat ou le vin. C’est peut-être lié à la concentration dans le monde des grandes enseignes généralistes.

LSA - Pourtant, les niveaux de fonds propres requis, l’apport personnel réclamé sont de plus en plus élevés…

Ch. Z. - C’est logique, car le seuil de rentabilité est plus long à atteindre. Mais il faut se méfier des moyennes. Chaque compte d’exploitation est différent selon les choix de gestion faits par le franchisé. Chaque franchisé fait ce qu’il veut dans son bilan. Il vaut mieux regarder du côté des succursales pour avoir une vue plus juste des rentabilités moyennes d’un concept. Elles se plient toutes aux mêmes règles de gestion. D’ailleurs, les réseaux matures ont souvent des parcs composés entre 30 et 40% de succursales et entre 60 à 70% de franchisés. C’est un bon équilibre.

LSA - Quelles sont vos priorités

Ch. Z. - Sans aucun doute l’international. C’est là que la croissance se fait, et nous essayons d’accompagner nos adhérents en nouant des contacts avec les fédérations étrangères membres du World Franchise Council, en organisant leur accueil sur place avec nos homologues. La part de l’international à Franchise Expo ne cesse d’ailleurs de grandir. C’est l’avenir.

Propos recueillis par Jérôme Parigi

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