Cacao : comment éviter la pénurie ?

|

Sur un marché mondial du cacao en forte croissance, la filière du cacao doit faire face à de nombreux défis recensés lors d’une conférence au Musée Branly le 1er octobre, à l’initiative du Syndicat du chocolat.

La France est le 5ème plus gros consommateur de chocolat dans le monde
La France est le 5ème plus gros consommateur de chocolat dans le monde

Va-t-on un jour manquer de Cacao ? L’indispensable carré de chocolat noir risque-t-il de disparaître de nos placards ? Doit-on courir faire des réserves avant la date de la fin du chocolat annoncée pour le 2 octobre 2020 par un quotidien américain ? Pour comprendre les inquiétantes rumeurs autour du cacao, il faut savoir que si l’Europe est le premier consommateur, c’est le continent Africain qui fournit deux tiers des 4, 3 millions de tonnes de Cacao produites annuellement dans le monde aujourd’hui. A elle seule, la Côte d’Ivoire représente 40% de la production mondiale de cacao et 70% du chocolat produit en France est réalisé avec du cacao ivoirien. Or, les vergers et les  producteurs de ce pays sont vieillissants, ils subissent une forte pression parasitaire, travaillent avec des méthodes archaïques pour de faibles revenus puisque la part des producteurs dans le prix du cacao est estimé à 6%. Tout cela aggravé par la fluctuation excessive des cours du cacao et ses conséquences. « Dans les années 2000, la chute des cours a provoqué un éloignement de la cacaoculture en Côte d'Ivoire au profit de la culture de l’hévéa et des palmiers à huile plus rentables que le cacao», rappelle Jean Marc Anga, Directeur exécutif de l’OIC (Organisation Internationale du Cacao).

Coalition World Cocoa Fundation

Pendant ce temps, la demande mondiale n’a cessé de croître (+2% par an), notamment dans les pays émergents comme le Brésil, la Chine et l’Inde alors qu’elle est restée stable du côté des marchés matures que sont l’Europe et les Etats-Unis qui évoluent vers des chocolats de spécialité. « Aujourd’hui le défi est d’accompagner la croissance du chocolat dans le monde et que le produit reste accessible », souligne Patrick Poirier, président du Syndicat du chocolat. Pour Didier Baillet, ingénieur agronome au sein de L’Agence Française de Développement, la solution doit passer par un partenariat du public et du privé avec un soutien direct au gouvernement. Côté privé 12 chocolatiers ont formé en mai 2014 une coalition la World Coco Fundation, actuellement présidée par le groupe Mars pour développer des projets en coopération avec la Côte d’Ivoire et le Ghana. L’enjeu pour la filière est de créer un environnement favorable où les producteurs peuvent augmenter leurs revenus et vivre décemment des revenus de leur exploitation agricole.

Produire mieux pour gagner plus

Une première étape serait  d’aider les planteurs à obtenir des titres fonciers sécurisés et de réhabiliter les anciennes plantations plutôt que d’accroître les surfaces. Il s’agit ensuite d’innover techniquement et économiquement pour développer l’attractivité de la cacaoculture en Côte d’Ivoire face aux autres sources de revenus afin de favoriser la relève par la jeune génération.  « Les producteurs doivent connaître le potentiel de leurs produit pour mieux les négocier et les valoriser, préconise Philippe Bastide, Agronome, Directeur de recherche en écophysiologie et  expert filière cacao au  CIRAD. Aujourd’hui le cacao est très mal domestiqué. Il faut sans doute déplacer les curseur vers un modèle avec des rendements un peu plus élevé comme au Pérou qui valorise bien la qualité avec des petits producteurs et des gros entrepreneurs ». Bref, produire mieux pour gagner plus. Tout cela dans  le respect des normes et des réglementations en matière de sureté sanitaire, avec des systèmes de production respectueux du contexte social et environnemental, et une nécessaire information relative à l’origine des produits pour les industriels et les consommateurs. «Les entreprises ont besoin de matières premières produites de façon durable, souligne Alex Assanvo, Responsable des programmes mondiaux
pour le groupe Mars inc. En charge des projets de développement des filières cacao en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays producteurs.  Nous sommes dans un processus en cours. Nous avons des actions stratégiques à mettre en place ». Pour éviter à terme...le coup de barre!

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Recevez chaque semaine l'actualité des acteurs et les innovations produits de l'univers des 0-14 ans.

Ne plus voir ce message