Marchés

Calculatrices : le duel Casio-Texas Instruments

Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

· Casio et Texas Instruments ont su s'attirer la confiance du corps enseignant. · Conséquence : les deux marques contrôlent la quasi-totalité du marché des calculatrices scientifiques et graphiques.

Septembre, mois de la rentrée des classes, est bien sûr le temps fort de l'année sur le marché des calculatrices. Rien d'étonnant donc à ce que Casio ait choisi ce moment pour sortir la CFX 9990 GT (990 F). Une calculatrice graphique destinée aux lycéens, dont la principale caractéristique est d'intégrer le calcul formel (factorisation, intégration, dérivation ).

Cette calculatrice haute performance, tout comme la TI 92 II de Texas Instruments (environ 1 600 F) née en janvier dernier, se trouvera d'abord chez les spécialistes de la bureautique (Plein Ciel, Gaspard, Majuscule ) et les grands multispécialistes, deux catégories de distributeurs qui représentent une part de marché cumulée de 65% en valeur pour le premier semestre selon GFK (voir infographie).

Malgré leur qualité et le travail des distributeurs spécialisés, de telles calculatrices ne peuvent s'imposer sans le « soutien » du corps enseignant. « Sur le marché des calculatrices scientifiques et graphiques, les professeurs sont les meilleurs vendeurs », résume un industriel. De fait, au moins sur ce point, constructeurs et distributeurs sont logés à la même enseigne : la calculatrice est un marché de prescription. Surtout sur les deux segments les plus porteurs - les calculatrices scientifiques destinées aux élèves des collèges et celles programmables graphiques (lycée et supérieur) -, le décret du 2 octobre 1986 autorisant l'utilisation de ces machines en classe et aux examens.

Casio et TI règnent actuellement en maîtres sur ce marché. Tant sur le segment des scientifiques que sur celui des graphiques, leur part de marché dépasse largement les 90% en volume. Une hégémonie que les deux leaders ont construite, notamment par l'intermédiaire de toute une batterie de formations à l'attention des enseignants, les convaincant peu à peu du rôle de la calculatrice en tant que support pédagogique. A titre d'exemple, Casio organise chaque année plus de 130 stages dans 70 villes, en plus d'éditer un bulletin d'information tiré à plusieurs milliers d'exemplaires. Coût de l'opération : 7 millions de francs.

Cette mainmise sur le marché a pour conséquence la relative discrétion de la concurrence, tous les autres acteurs culminant à 1, 2 ou 3% de part de marché. C'est le cas de Sharp, Aurora, et même Hewlett-Packard qui, bien qu'ayant par le passé sous-estimé le rôle du corps enseignant, nourrit pourtant encore d'importantes ambitions. « En novembre, nous créerons une division de recherche et développement dédiée aux nouvelles générations de calculatrices », prévient Laurence Bellet, chef de produits chez Hewlett-Packard, pour faire taire les rumeurs de désengagement du constructeur américain du marché des calculatrices à « valeur ajoutée » qui représentent, selon ACNielsen, un volume de 1,3 million d'unités.

Les calculatrices de base déclinent

Encore et de très loin dominants en volume, les segments des « quatre opérations » (les calculatrices de base qui ont longtemps fait le bonheur des cadeaux promotionnels) et des calculatrices imprimantes, en usage dans le commerce et les services comptables, déclinent pourtant. Les ventes de ces deux marchés baissent régulièrement depuis dix ans (-11% pour le premier et -20 % pour le second en 1996). D'ailleurs, les deux leaders n'y assurent plus qu'une présence symbolique.

Les véritables enjeux technologiques et commerciaux se trouvent donc bel et bien au niveau des calculatrices scientifiques et graphiques. « L'introduction du calcul formel marque peut-être le terme du progrès technologique, remarque Alexandre Ocana, directeur du marketing de Casio. L'évolution se fera donc dans le sens d'une plus grande solidité, d'une meilleure lisibilité des écrans et d'un coût moins élevé. » En clair, si marché de renouvellement il y a, il ne peut être en aucun cas de nature technologique, en raison de l'immuabilité des programmes scolaires et de la stagnation démographique.

Quant aux relations entre constructeurs et distributeurs, elles sont très claires. Le poids de la prescription est tel qu'il écarte la perspective d'une marque de distributeur crédible sur les deux segments à valeur ajoutée. Industriels et distributeurs peuvent donc jouer la carte du partenariat et du trade-marketing. « Les distributeurs sont ravis de cette situation, constate Vincent Bastid, directeur du marketing de TI. Ils ont essentiellement un travail de mise en valeur à effectuer. Surtout entre septembre et décembre, traditionnelle période de fortes ventes pour les calculatrices. »

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA