Marchés

Camembert à teneur réduite en sel

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Bons Mayennais a sorti le premier un camembert à taux de sel réduit sans altération du goût. Un positionnement santé qui fait des envieux, et a rapidement généré des ripostes des concurrents.


L’actualité est venue faire un joli clin d’oeil à Vaubernier, fabricant du camembert Bon Mayennais au taux de sel réduit. Les résultats préliminaires de l’étude Nutrinet-Santé, parus fin novembre, ont en effet rappelé que les Français mangent encore trop salé, malgré des efforts de modération. Cet excès, dû notamment au sel contenu dans les aliments, offre une belle carte à jouer à ce camembert qui affiche un taux de sel réduit de 30 %, grâce à une modification de la technique de fabrication (qui a nécessité six mois de travail) et à une saumure moins salée. «Notre objectif était de trouver un produit avec moins de sel, tout en conservant le goût. Si nous enlevions plus de 30 %du sel, le goût changeait. Il s’agit donc d’un bon compromis», indique Catherine Drezen, directrice générale de Vaubernier. Cette fromagerie familiale, dont le chiffre d’affaires atteint 40 millions d’euros, distribue ses fromages et beurres Bon Mayennais sur une moitié de la France, au nord d’une ligne reliant Bordeaux à Strasbourg. Et elle assume sa vocation de travailler sur des niches, avec des ambitions. Le camembert à teneur réduite en sel, vendu en GMS, vise les adultes amateurs de fromages et les consommateurs suivant un régime allégé en sel. Mais il va cibler prochainement les maisons de retraite et hôpitaux, où la thématique santé et la maîtrise des apports en sel est encore plus présente.

Clairement positionné santé

En attendant cette étape, le dernier né de Vaubernier s’est installé en linéaires depuis le mois de mars avec une préconisation d’implantation dans le pôle fromager santé (dont il reprend la couleur bleue), voire à côté du camembert Bon Mayennais classique. La PME a d’ailleurs donné des idées à des concurrents tels Bongrain et Lactalis, qui ont respectivement lancé à la rentrée un camembert Coeur de Lion et un Président, tous deux avec un taux de sel réduit de 25 %. Cet empressement n’est pas anodin, le fromage faisant partie des groupes d’aliments qui contribuent le plus à l’apport en sel, avec le pain, les biscottes et la charcuterie, selon l’étude Nutrinet- Santé, qui a passé au crible 140000 enquêtes alimentaires. Cette arrivée massive de produits concurrents sur le même créneau n’a pas laissé Bon Mayennais de marbre. Un changement de packaging est imminent, pour mettre encore plus en avant «le seul camembert à -30 % de sel », taux le plus élevé du linéaire, ainsi que la promesse «100% saveur». Car, pour durer, le camembert à taux de sel réduit ne doit pas transiger sur le goût. Si le succès est au rendez-vous, Vaubernier pourrait peut-être envisager la réduction en sel sur d’autres produits. «Mais le défi reste le même: trouver un compromis entre un taux de sel réduit significativement et le maintien du goût.»

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