Cannes : tempête commerciale derrière la Croisette

· Cannes poursuit activement la rénovation de son centre-ville. Et ne semble pas vouloir se soucier des polémiques qui agitent sa périphérie.

Entre Grasses et Antibes, la célèbre cité balnéaire a su attirer un nombre important de manifestations internationales comme le Midem, le Mipcom, le Mapic Un courant d'échanges qui permet à la ville azuréenne d'être une citée active toute l'année. « Si l'on recense une population de 75 000habitants pour l'agglomération, ce sont 200 000 personnes qui transitent chaque jour à Cannes. Une population de passage qui, en revanche, franchit rarement les limites du centre-ville », explique Bernard Aiken, adjoint au maire de Cannes, en charge du développement économique.

Cette situation profite donc aux enseignes situées dans ce périmètre, comme Champion, les Galeries Lafayette ou Monoprix. Installé juste en face de la gare sur 3 000 m2, ce dernier a été entièrement rénové en 1993. Outre un nouvel habillage de la façade, les dirigeants du magasin ont développé les services afin de mieux répondre aux attentes d'une clientèle internationale : livraison à domicile, présence de vendeuses supplémentaires au textile et, prochainement, ouverture aux côtés du rayon parapharmacie d'un espace baptisé City Santé, où ne seront vendus que des produits vitaminés.

« Avec un chiffre d'affaires mensuel de 12 millions de francs, notre magasin se porte bien, témoigne son directeur, Laurent Barberin. Même si, avec un panier moyen de 38 F, nous nous situons au même niveau que les autres Monoprix de l'Hexagone. »
 

Bataille judiciaire en périphérie

Conscient de la nécessité de préserver une offre commerciale forte en centre-ville pour ne pas menacer l'activité touristique, la municipalité vient d'engager un vaste plan de rénovation de la rue d'Antibes. Située à proximité immédiate de la Croisette, cette rue concentre sur 3,5 kilomètres la majorité des enseignes de grand renom dans le secteur du meuble, de la maroquinerie et de l'équipement de la personne. Le boulevard Carnot, axe nord-sud qui conduit la clientèle de l'arrière-pays au centre, devrait être également restauré.

Si le réaménagement du coeur de la ville illustre le dynamisme commercial cannois, il n'en constitue pas la seule illustration, comme en témoigne la bataille que se livrent certaines enseignes implantées en périphérie. Entouré par But, Conforama ou Gémo, le centre Leclerc de La Bocca, à l'ouest de l'agglomération, est au coeur d'une polémique juridique. Propriété d'un adhérent Leclerc, ce magasin de 1 700 m2 a été vendu à Promodès. Quatre ans après sa cession, il continue de porter l'enseigne Leclerc tout en commercialisant des produits Promodès. La surface, qui aurait été agrandie à 3 000 m2 dans le même temps, est également l'objet d'une contestation. Engagés dans une procédure juridique aux multiples rebondissements, les deux groupes se refusent à tout commentaire.

Leclerc est en outre présent à Cannet-Rocheville, à 5 kilomètres plus au nord, avec un hypermarché de 4 400 m2 en centre-ville et un supermarché de 1400 m2 près du boulevard Carnot. Les deux unités sont dirigées par Anny Courtade, présidente de la centrale d'achats Lecasud. « Ici, nous bénéficions d'une clientèle aisée. Sur la Bocca, elle est plus populaire. » Pour tirer avantage de cette situation, Anny Courtade a investi plus de 50 millions de francs en deux ans dans des travaux de rénovation. Un effort permettant à ce magasin de porter son CA à 400 millions de francs, contre 120 millions auparavant.
 

Développement anarchique

De nombreux commerces gravitent autour de cet hyper Leclerc : boulangeries, pressing, vidéo club. « Ce maillage est une réussite. Bien structuré autour de l'hypermarché, il s'inscrit parfaitement dans le système urbain. En revanche, nous avons encore des efforts à fournir sur la zone de La Bocca-Les Tourrades», explique Jean-Claude Zeitoun, responsable de l'urbanisme commercial à la CCI des Alpes-Maritimes. La zone des Tourrades ne correspond pas à l'image que Cannes souhaite conférer à la région. Les hangars se succèdent anarchiquement. Les enseignes établies, (équipement de la maison et de la personne) se sont étendues sans se soucier de problème d'esthétisme. En outre, cette ZA est située sur un terrain inondable, sinistré à deux reprises.

Reste que pour les commerces installés, comme pour ceux du Cannet, la priorité est de faire face aux centres commerciaux concurrents : le Géant Casino de Mandelieu avec sa galerie marchande d'une quarantaine de boutiques, le Carrefour d'Antibes, l'un des hypermarchés phares du groupe, et Cap 3000 à l'entrée de Nice. Une étude conduite par la CCI devrait révéler début 1998 le taux d'évasion commerciale.

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Article extrait
du magazine N° 1559

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