Carrefour : chômage partiel pour 78 000 salariés, pourquoi autant?

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50% des employés des rayons non essentiels sont concernés par le dispositif du chômage partiel décidé par Carrefour France, mais aussi 10% des collaborateurs des rayons alimentaires et 40 % des effectifs du siège. Et cela, a minima, jusqu’au 1er décembre 2020. Un «effet de halo»  selon Carrefour. Comme lui, d'autres enseignes de la grande distribution ont également recours à ce dispositif.

78 000 salariés sont concernés par le chômage partiel chez Carrefour France. Leur salaire sera compensé à 100 %
78 000 salariés sont concernés par le chômage partiel chez Carrefour France. Leur salaire sera compensé à 100 %

78 000 salariés sont concernés par l'activité partielle chez Carrefour France, les syndicats en recensaient potentiellement 90 000. Quel que soit le nombre retenu, l’ampleur du chômage partiel mis en place par Carrefour France pour les salariés est réelle, quand on sait que l'entité compte 95 000 salariés dans l'Hexagone en 2020. Le chômage partiel est déjà effectif chez Carrefour depuis jeudi 12 novembre pour 82 % des effectifs. 

Comme Auchan, Casino et Cora, Carrefour France met en place le chômage partiel à la suite de la fermeture des rayons dits «non essentiels» exigée dans le cadre du second confinement instauré par le gouvernement le 30 octobre dernier pour enrayer la pandémie du Covid-19. Ces rayons représentent pour Carrefour "15 % à 20 %" des ventes. Le manque à gagner varie et Carrefour dit ne pas avoir fait les calculs... A titre indicatif, il représente 25 millions d'euros par semaine pour une enseigne comme Intermarché (moins présente dans le non-alimentaire que les hypers Carrefour). Et il faut aussi noter une baisse des ventes des rayons alimentaires au sein des hypermarchés en raison d'un moindre trafic (le non alimentaire ne pouvant plus service d'attraction). 

Tous les salariés concernés, même au siège

Au sein de Carrefour, l’activité partielle concerne, par « effet de halo », les salariés de ces linéaires fermés mais aussi ceux des rayons alimentaires et du siège.

Les salariés des rayons administrativement fermés en hypermarchés sont concernés à hauteur de 50% de leur temps de travail, les autres salariés en hypermarchés et sur Carrefour Market seront concernés à hauteur de 10% (une journée toutes les deux semaines), et les salariés des sièges et des fonctions support à hauteur de 40% (deux journées par semaine), précise une lettre du DRH de Carrefour, Jérome Nanty, dans un courrier adressé à ses collaborateurs que LSA s’est procuré. Carrefour précise ainsi que "85 % du personnel en chomâge partiel l'est à hauteur de 10 % de son temps de travail".

Tous les salariés des magasins sont donc concernés par l’activité partielle, qu’ils soient en CDI et CDD (sauf CDD pour surcroît d’activité) à temps partiels ou complets. Ce dispositif s’appliquera de la façon suivante: pour un employé aux 35 heures sur 5 jours par semaine, s’il est en activité partielle à 10%, celle-ci représentera logiquement 10% de sa base contractuelle, soit 3,5 heures par semaine. La planification par journée entière conduira à positionner une journée d’activité partielle toutes les 2 semaines.

«Tous les secteurs de la grande distribution souffrent d’un manque de personnel récurrent et il aurait été judicieux et logique d’affecter les salariés des rayons dits non-essentiels dans les autres secteurs des magasins», considère de son côté la CGT.

Supply chain et e-commerce épargnés

Compte tenu des pics d'activité sur les ventes en ligne, les collaborateurs de la supply chain, du e-commerce, des drives et de la sécurité, ainsi que certaines équipes des sièges dont l’activité est maintenue voire accrue, ne sont pas concernés par cette décision.

Carrefour précise que les magasins de proximité sont également exclus de l'activité partielle. Mais plus de 90 % de ces petits commerces sont en franchise, la décision de déployer le chômage partiel reste donc à l’initiative du franchisé.

«1 million d’euro par jour»

Le groupe rappelle que les salariés auront l’entièreté de leur revenu versé. En effet, l’Etat compense la perte de salaire à hauteur de 84%, Carrefour s’engage à verser les 16% restants. Cette compensation de l’Etat est considérée par certains syndicats comme une «fraude». Des propos qui n'engagent que ceux qui les tiennent... «Cette compensation de l’Etat à Carrefour coûte à la collectivité un million d’euros chaque jour!», s’insurge Philippe Allard, délégué CGT Carrefour. Et sans surprise, la fédération CGT Commerce et Services demande, pour l'ensemble de la grande distribution, "l’arrêt immédiat de tout versement de dividendes aux actionnaires".  Des postures habituelles et qui ne changeront rien à la fermeture des rayons et à la baisse de fréquentation des hypers...   

 

 

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