Carrefour-Codis, un divorce houleux

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justice - Quand un bras de fer commercial vire au contentieux juridique... Carrefour et la coopérative aquitaine Codis s'affrontent depuis deux ans.

« Notre coopérative et ses adhérents sont submergés de procédures, 240 environ, qui n'ont qu'un but : nous faire disparaître, nous détruire... », s'insurge Jean Tardio, directeur général de la coopérative Codis, qu'il estime harcelée par son ancien partenaire Carrefour.

Tout commence en 2005. Codis, qui fédère 300 épiceries, supérettes et magasins saisonniers aquitains, doit renégocier son contrat avec Carrefour, qui assure 70 % de son approvisionnement (PGC, bazar, surgelés...). L'ambiance entre les partenaires de 17 ans est tendue : la réorganisation de la logistique Carrefour a changé les habitudes, créé de contraintes nouvelles pour la coopérative (livraisons de nuit, code-barres).

De son côté, Casino s'intéresse au réseau Codis, et des contacts ont lieu en mai 2005. Carrefour l'apprend alors que ses discussions avec Codis s'éternisent. Le 30 septembre, Carrefour rompt le contrat avec la coopérative et suspend les approvisionnements. « C'était une façon de nous mettre le couteau sous la gorge pour nous faire signer, d'autant qu'ils ont démarché nos principaux adhérents, proposant des budgets substantiels pour les livrer en direct », indique Jean Tardio. Mais Codis reste inflexible et signe avec... Casino.

Carrefour condamné

Les tribunaux arbitraux condamnent CSF en avril 2007 et Prodim en novembre, deux filiales de Carrefour, pour rupture fautive des contrats d'approvisionnement et de partenariat. Les juges ont aussi indiqué que les contacts Codis-Casino constituaient une violation de l'obligation de loyauté de la coopérative, sans toutefois la condamner, car ceux-ci ne semblent avoir ni dépassé le stade de la simple information ni déclenché de réaction immédiate de Carrefour. Mais le contentieux n'est pas clos. Prodim a attaqué, devant les juridictions étatiques et arbitrales, la douzaine de 8 à Huit de Codis ayant rompu le contrat de franchise pour rester dans la coopérative.

« À ce jour, toutes les décisions rendues ont condamné ces franchisés », souligne-t-on chez Carrefour. « Ces procédures coûteuses mettent en péril ces magasins et notre coopérative », souligne Jean Tardio. Codis a perdu 3 % de ses adhérents et 10 % de son volume d'achat auprès de la grande distribution (18 M E) depuis sa rupture avec Carrefour.

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Article extrait
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