Carrefour : dix phrases choc de Georges Plassat décryptées

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Comme à son habitude, Georges Plassat, le PDG de Carrefour, a eu quelques bons mots ce matin lors de l'Assemblée Générale du groupe. Très attendu car marquant son retour après un "accident de santé" en janvier qui l'a éloigné des bureaux plus de trois mois, il s'est montré sobre, mais pas toujours... LSA a relevé et analysé dix phrases-clé.

Le retour de Georges Plassat, PDG de Carrefour, était très attendu ce jeudi 11 juin 2015.
Le retour de Georges Plassat, PDG de Carrefour, était très attendu ce jeudi 11 juin 2015.© Ch. Lebedinsky/Carrefour

1. "J'ai arrêté de fumer. J'aurais pu y passer, donc c'est terminé".

Georges Plassat fait allusion à l'accident de santé dont il a été victime en début d'année et qui l'a obligé à s'arrêter trois mois. Pendant ce temps, Jérôme Bédier, secrétaire général du groupe, et Pierre-Jean Sivignon, directeur financier, ont assuré l'intérim et conservent aujourd'hui leurs rôles de directeurs généraux délégués.

2. "Il n'y a pas de bonne performance d'entreprise qui ne se juge aussi en dehors des critères financiers"

Le patron de Carrefour vise là le sujet de la RSE quelque peu "délaissé" par les distributeurs, selon lui. Or, les sujets sont nombreux : parité hommes-femmes, réduction des émissions de CO2 à six mois de Cop 21...

3. "C'est bien d'accueillir un peu de finesse dans nos raisonnements brutaux. Ce n'est pas une question de quotas, mais d'état d'esprit. Nous n'avons pas à nous forcer, il faut nous y habituer. Toutes les candidatures doivent être mixtes".

Mais de qui parle-t-il ? Des femmes bien sûr ! Si le chiffre est en progression, elles ne représentent encore que 37,5% des cadres de Carrefour. Au Conseil d'administration, elles sont trois sur un total de 14 personnes.

4. "Il nous faut satisfaire nos gens sans sortir des rails de la compétitivité. Mais je vous ai entendu. C'est noté".

Georges Plassat répond à l'interpellation d'un représentant de la CFDT, venu avec une délégation d'une trentaine de personnes. A Sylvain Macé, délégué national CFDT, qui lui parle de "low-cost social", le pdg fait une sorte de non-réponse.

5. "En ce qui me concerne, j'aime bien l'hybridation, pas la dilution du pouvoir, mais le partage. Et pour un groupe comme le nôtre, l'avenir est à l'hybridation. Les solutions radicales ne sont pas les meilleures".

Hybridation : croisement de deux espèces différentes. Georges Plassat l'a utilisé quatre fois le 11 juin. Il a voulu dire que Carrefour devait être multi-pays, multi-formats, multi-local. Multi, quoi.

6. "Il nous faut entrer dans le digital avec plus de vaillance pour que ce soit complémentaire des magasins. Or, il n'y a pas de digital sans bonnes fondations informatiques par exemple".

Georges Plassat a toujours été pragmatique. Là encore, il revient aux fondamentaux et souligne au passage le retard du groupe en matière de digitalisation.

7. "L'avenir de la grande distribution n'est pas que dans le big data. Le big data, c'est très bien, mais il faut aussi solliciter les clients sur ce qu'ils n'ont pas envie d'acheter".

Le responsable big data de Carrefour doit encore se pincer! Georges Plassat croit en une politique de l'offre et un dosage entre les magasins et le digital.

8. "La Chine, c'est un pays à regarder à long terme. C'est une expérience qui nous apporte beaucoup d'enseignements. La prise de risque n'est pas non plus énorme. Cela représente 2 à 3% de notre résultat".

A ceux qui imaginent que la Chine pourrait être la prochaine Colombie ou Grèce, deux pays d'où Carrefour s'est retiré, Georges Plassat adresse un signal : pas question de se retirer d'Asie.

9. "Les entreprises de distribution ont perdu de la valeur lorsqu'elles se demandent jusqu'à quel point il faut investir. Il nous faut investir régulièrement".

Le message est clair. 2,1 milliards d'euros en 2013, 2,4 en 2014 et 2,6 en 2015. La hausse des investissements de Carrefour est régulière et concerne aussi bien la France que l'international.

10. "Nous avons touché 120 millions d'euros au titre du CICE en 2014. Nous les avons utilisés intégralement pour créer des emplois. Mais ce que nous avons gagné d'un côté, le Gouvernement l'a repris de l'autre. C'est la réalité, c'est la vie. Maintenant, il y a plus de gens moins bien formés que d'élites. Il faut qu'on s'en occupe".

Applaudissements dans la salle. Georges Plassat fait allusion à la Tascom, entre autres, qui a coûté 40 millions d'euros à Carrefour. Il en profite pour tacler les "puissants" et caresser dans le sens du poil les "petits". Les deux tiers des effectifs de Carrefour sont des employés.

 

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