Carrefour Dix questions au tour d'un changement de patr on

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L'ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINEOn l'attendait en juillet dernier, puis en février prochain : Blue Capital a réussi à créer la surprise en provoquant le départ annoncé de José Luis Duran en plein mois de novembre. En attendant que Lars Olofsson prenne ses fonctions en janvier, sa nomination relance les hypothèses sur l'avenir du groupe.

Président du directoire et rebelle ? La position semblait intenable, et les actionnaires de Carrefour ne pouvaient pas tolérer beaucoup plus longtemps ce dirigeant qui s'opposait ouvertement à leur politique. Bernard Arnault et Colony Capital sont entrés, en mars 2007, au capital du groupe avec l'intention non dissimulée d'en valoriser les murs. José Luis Duran aura tout fait pour freiner ces velléités contraires, selon lui, aux intérêts commerciaux du groupe. Le divorce était donc consommé.

Quelques semaines après son éviction du conseil d'administration, en juillet dernier, le désormais directeur général voulait envisager les aspects positifs de ce changement de gouvernance. En privé, il insistait sur le fait qu'il n'aurait plus à se conformer aux décisions collectives d'un directoire. Né de père espagnol, mais de mère allemande, José Luis Duran laissait entendre qu'il pourrait ainsi donner plus libre cours à son « côté germanique ». En clair, qu'il avait maintenant les coudées franches pour mener des réformes plus radicales.

Le temps ne le lui aura pas été donné pour le faire. Son successeur en aura-t-il le loisir ? C'est l'une des nombreuses interrogations qui entourent la nomination de Lars Olofsson, actuel vice-président de Nestlé. Pas simplement du fait que ce Suédois de 56 ans arrive du monde industriel, mais parce que tout le secteur de la distribution s'interroge sur ce qu'un tel changement de dirigeant peut apporter de neuf à Carrefour. « Depuis quelques mois, plusieurs noms circulaient pour remplacer José Luis Duran, rappelle un concurrent. On a cité avec insistance Alain Caparros, en train de réussir l'impossible à la tête de Rewe, ou Thierry Breton, capable de faire la synthèse entre les marchés et les réseaux. Finalement, c'est un industriel qui prend le poste : la diversité de ces profils montre à quel point les actionnaires de Carrefour manquent cruellement de ligne stratégique... »

Alors que dans les magasins se jouent des journées décisives pour le sort commercial de Carrefour, les dirigeants du groupe et ses partenaires extérieurs en sont réduits pour le moment au jeu des devinettes.

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Article extrait
du magazine N° 2068

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